16-07-2019 03:05 AM Jerusalem Timing

Le président serbe s’excuse "à genoux" pour le massacre de Srebrenica

Le président serbe s’excuse

"Nous n’avons pas besoin que quelqu’un se mette à genoux pour demander pardon. Nous voulons entendre le président serbe et la Serbie prononcer le mot génocide."

Le président serbe s'excuse "Je m'agenouille et demande que la Serbie soit pardonnée pour le crime commis à Srebrenica." La phrase prononcée par le président serbe Tomislav Nikolic est historique. Comme en atteste cet extrait d'une interview qui sera diffusée le 7 mai par la télévision d'État bosnienne (BHT) (voir vidéo ci-dessous), le président serbe s’est donc solennellement excusé pour les crimes commis à Srebrenica en juillet 1995 par les forces serbes - un massacre qui avait été qualifié de génocide par la justice internationale.

Un geste d’autant plus fort que le président serbe avait provoqué en juin dernier une vive émotion en Bosnie et dans les pays occidentaux en déclarant dans une interview, au lendemain de son investiture, qu'"il n'y a pas eu de génocide à Srebrenica". Dans l'interview à la BHT, Tomislav Nikolic s'est en revanche interrompu pendant son discours avant de reprendre et de remplacer le mot "génocide" par celui de "crime".

En juillet 1995, vers la fin de la guerre en Bosnie (1992-1995), les forces serbes de Bosnie ont massacré près de 8 000 musulmans à Srebrenica, le pire massacre commis en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

La présidente de la principale association des mères de Srebrenica, Munira Subasic, a déclaré à l'AFP ne "pas être convaincue de la sincérité" des propos de Tomislav Nikolic.

"Nous n'avons pas besoin que quelqu'un se mette à genoux pour demander pardon. Nous voulons entendre le président serbe et la Serbie prononcer le mot génocide. C'est seulement alors que nous allons croire que c'est un geste sincère", a-t-elle déclaré. "Parce que c'est quoi un 'crime', comme le dit monsieur Nikolic ? C'est aussi le vol d'un sac à main. Nous avons besoin que la Serbie accepte les jugements de la justice internationale", a-t-elle ajouté.