25-05-2019 06:00 PM Jerusalem Timing

Gbagbo transféré au Nord, Ouattara veut une enquête sur les massacres

Gbagbo transféré au Nord, Ouattara veut une enquête sur les massacres

Laurent Gbagbo a été transféré mercredi dans le nord du pays, tandis que son successeur a demandé à la Cour pénale internationale d’enquêter sur des accusations de massacres visant notamment ses partisans.

Laurent Gbagbo, ancien Président de la Côte d’Ivoire, arrêté lundi à Abidjan, a été transféré mercredi dans le nord du pays.

Le porte-parole de la mission des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci), Hamadoun Touré, a dit à l'AFP qu'il avait été transféré en hélicoptère.


A New York, au siège de l'ONU, le président en exercice du Conseil de sécurité, l'ambassadeur colombien Nestor Osorio, a précisé que Gbagbo avait été transféré "dans une résidence présidentielle" dans le nord.

Washington a jugé que Laurent Gbagbo doit rendre compte de ses actes dans le cadre d'un processus judiciaire "transparent", alors que le président du Sénégal Abdoulaye Wade a estimé que la chute de Laurent Gbagbo est "une très bonne chose" pour l'Afrique, dans une interview au quotidien français Le Figaro.

 A Paris, une fille de Laurent Gbagbo a saisi des avocats français pour étudier la "légalité" de l'arrestation de ses parents ainsi que celle de l'intervention militaire française en Côte d'Ivoire.
 
Dans l'intérieur du pays, la situation humanitaire reste très difficile, notamment dans l'Ouest où les combattants des deux camps ont été accusés d'exactions par l'ONU et des ONG.

Alassane Ouattara, le nouveau Président du pays, a annoncé qu'il allait "demander au procureur de la Cour pénale internationale (CPI) d'engager des investigations" sur les massacres survenus dans l'Ouest.


"Ces massacres sont inadmissibles, indignes (...), je suis révolté", a-t-il ajouté, alors que ses partisans sont accusés d'être responsables de certaines tueries, survenues notamment fin mars à l'occasion de l'offensive victorieuse de ses combattants lancée à partir de cette région.

 A Abidjan, les autorités ont encore tenté mercredi de contenir le chaos qui règne dans la capitale économique du pays, alors que les ralliements des principaux chefs des forces de sécurité au nouveau président ivoirien Alassane Ouattara s'est accéléré, le dernier en date étant mercredi le chef d'une unité d'élite redoutée, le Cecos, pilier sécuritaire du régime Gbagbo.

Des patrouilles ivoiriennes et françaises vont aussi circuler à Abidjan pour montrer qu'un "Etat de droit se met en place", a annoncé à Paris le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, sans préciser quand débuteraient ces patrouilles.
Ouattara a promis la "pacification totale" du pays d'ici "un à deux mois", et que ses propres éléments seraient radiés immédiatement en cas de pillages, une activité largement répandue dans leurs rangs ces derniers jours.

A Abidjan, les stocks alimentaires du Programme alimentaire mondial (PAM), soit 3.000 tonnes de nourriture, ont été entièrement dérobés ces derniers jours par une "bande armée", conduisant à un arrêt des distributions de nourriture sur place, a indiqué mercredi l'agence onusienne.

Le responsable des opérations de maintien de la paix à l'ONU, Alain Le Roy, a estimé que la Côte d'Ivoire est encore un pays "dangereux", avec "toujours des combats et des pillages". Les violences post-électorales ont fait près de 900 morts selon l'ONU, dont la moitié à Abidjan.

Enfin, Alassane Ouattara a assuré que l'exportation de cacao, dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial et qui avait cessé en raison des sanctions internationales visant Laurent Gbagbo, allait reprendre "immédiatement".