18-02-2020 08:39 PM Jerusalem Timing

L’opposition syrienne réunie à Istanbul pour désigner son chef

L’opposition syrienne réunie à Istanbul pour désigner son
chef

Le choix du nouveau président avait été ajourné faute d’accord après des discussions qui avaient étalé au grand jour les divisions de la Coalition.

 

Les membres de la Coalition de l'opposition syrienne ont
commencé à discuter jeudi à Istanbul pour désigner leur nouvelle équipe
dirigeante et tenter d'afficher un front commun face au régime du président
Bachar al-Assad, dont l'armée a repris du terrain face aux rebelles.

   En tête de
l'ordre du jour de la réunion qui a débuté dans un hôtel stambouliote en
matinée figure le choix d'un nouveau président pour remplacer Moaz al-Khatib,
qui a démissionné en mars dernier.

   Cinq
personnalités ont officiellement fait acte de candidature pour lui succéder à
la tête du principal rassemblement des adversaires du régime, dont l'actuel
président par intérim Georges Sabra et l'ancien président du Conseil national
syrien (CNS) Burhan Ghalioun, a-t-on appris auprès de la Coalition.

   Ahmad Assi
Jarba, qui représente la faction de l'opposant historique Michel Kilo, l'actuel
secrétaire général de la Coalition Mustafa al-Sabbagh et l'un des porte-paroles
de la Coalition, Louay Safi, sont également sur les rangs, a ajouté la même
source, précisant que d'autres candidatures étaient toujours possibles.

   Initialement
prévu fin mai, le choix du nouveau président avait été ajourné faute d'accord
après des discussions qui avaient étalé au grand jour les divisions de la
Coalition et la guerre d'influence que s'y livrent ses principaux parrains, le
Qatar et l'Arabie saoudite.

   Sous la pression
de leurs soutiens, les opposants étaient finalement parvenus à un accord sur
l'élargissement de leur mouvement, jusqu'alors largement dominé par les Frères
musulmans soutenus par les Qataris, à des personnalités réputées plus proches
des Saoudiens.

"Nous traversons une étape critique de la
révolution. La Coalition comprend combien il est important pour elle d'être en
mesure de répondre aux défis auxquels elle est confrontée", a déclaré
jeudi devant la presse son porte-parole Khaled Saleh.

   Les divisions
internes qui ont marqué sa dernière réunion à Istanbul ont été très mal
accueillies par les pays "amis" de la Syrie, notamment les Occidentaux
qui hésitent toujours à livrer des armes aux rebelles de peur qu'elles ne
tombent entre les mains les plus extrémistes.

   Outre leur
président et son équipe dirigeante, les 114 membres de la Coalition doivent
également discuter de la nomination du gouvernement du "Premier
ministre" intérimaire Ghassan Hitto.

   Le projet de
conférence internationale de paix, dite Genève 2, fait également partie du menu
des discussions de l'opposition.

   La Coalition a
répété jeudi à l'ouverture de sa réunion qu'elle ne s'y rendrait pas.

   "La chute
de Homs ferait peser un risque sur toute solution politique", a estimé Saleh.

   "Si Homs
tombe, il nous serait très difficile d'expliquer aux familles des dizaines de
milliers de Syriens qui ont été tués pourquoi nous irions négocier avec un
régime qui nous montre jour après jour qu'il ne le veut pas et qu'il veut juste
tuer plus de Syriens", a-t-il ajouté.