21-11-2018 10:25 PM Jerusalem Timing

Les raisons du tapage médiatique autour de la mosquée Khaled Ben Walid

Les raisons du tapage médiatique autour de la mosquée Khaled Ben Walid

Une histoire d’un jihad de mariage.Les photos des 53 miliciens tués dimanche. Encore des turcs dans les rangs du front al-Nosra et le gouvernement tunisien négocie avec Damas la libération des miliciens tunisiens arrêtés.

Mosquée Khaled Ben WalidQue s’est-il passé à Homs dans la mosquée Khaled Ibn Al-Walid qui renferme la tombe de ce général musulman du 6ème siècle, qui a combattu dans les guerres menées contre le prophète de l’Islam Mohammad (s) et puis dans les conquêtes menées par les deux califes Abou Baker et Omar.

 

Il y a la version véhiculée par les agences, dont l’AFP, qui adhère totalement aux allégations des miliciens, lesquels sont en mauvaise posture dans cette ville face à l’Armée arabe syrienne (AAS) qui avance à petits pas, mais avec détermination.

Et il y aussi la version du site syrien de l’opposition, Syria Truth, qui, après avoir consulté les mêmes images vidéo postées sur la Toile, constate les dissonances dans la première version et se permet de douter de sa véracité.

Version AFP

((Syrie: un important mausolée musulman du XIème siècle détruit à Homs
 

Le mausolée de Khaled Ben Walid, un compagnon de Mahomet, a été détruit par des obus de l'armée syrienne lors de son offensive pour reprendre les quartiers rebelles du centre de Homs, ont indiqué lundi une ONG et des militants.
  

"Les militants du quartier de Khaldyié à Homs (centre) ont rapporté la destruction par l'armée du mausolée de Khaled Ben Walid, compagnon du prophète" a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
  

le mausolée de Khaled Ben Walid Située à Khaldyié, sous contrôle rebelle, la mosquée attenante et portante le même nom avait déjà subi d'importants dégâts lors des multiples attaques des troupes pour s'emparer de ce quartier.

Une vidéo amateur mise en ligne lundi montre la mosquée, connue pour ses deux imposants minarets, et des amas de décombres, des monceaux de pierres et de morceaux de métal sur le site du mausolée.
   "La mosquée Khaled Ben Walid a été bombardée et le mausolée a été complètement détruit", dit le militant anonyme qui filme la scène.
  

Le mausolée a été détruit "ce matin (lundi), après le bombardement de la mosquée par les gangs criminels du (Président Bachar al-) Assad qui utilisent de nombreuses armes lourdes".
  

La vidéo montre également un inconnu qui lance: "Je m'adresse aux Arabes et aux musulmans: maintenant que le sanctuaire de Khaled Ben Walid a été détruit, comment pourrez-vous vous présenter devant Dieu? Pourquoi avez-vous abandonné Homs alors qu'elle est assiégée?".
  

Né en 592 à la Mecque, Khaled Ben Walid, a été le principal chef militaire de Mahomet puis des deux premiers califes Abou Bakr et Omar. Il a été responsable des prises de Damas et de Homs, de la conquête de la Syrie, et a participé à la prise de Jérusalem. Il est mort vers 642 et est enterré à Homs.
Le mausolée date de l'époque des Seljoukides (XIème siècle) et la mosquée actuelle a été construite autour du mausolée en 1265, à l'époque mamelouke.)) 
   
Version Syria Truth

Après avoir consulté les mêmes images, Syria Truth s’interroge comment la tombe aurait pu être détruite, alors que le toit et les murs sont intacts. La seule trace de déflagration se trouve du côté de la porte «  elle suppose que la roquette devrait faire un détour de 90 degrés pour l’atteindre, ce qui n’est pas faisable », constate le site.

Vu que le plafond et les murs autour sont intacts, Syria Truth est persuadé que les destructions ne peuvent qu'avoir été causées par un petit engin explosif déposé dans le mausolée. Venus de l'extérieur, un bombardement les aurait surement endommagés.  

Ce qui lui permet de soupçonner les miliciens eux-mêmes qui contrôlent ce lieu depuis plus d'un an.

Des miliciens dans la mosquée Khaled ben WalidSyria Truth estime aussi que cette affaire est montée de toute pièce ainsi que le tapage médiatique qui l’a accompagnée dans le but d’attiser les incitations confessionnelles. D’autant plus que cela fait fait une semaine que les « sites de la révolution » prétendent que «le régime et le Hezbollah veulent détruire le mausolée pour le déterrer ».

Selon des observateurs, cette mise en scène peut avoir été conçue pour influer sur les décisions des pays européens qui émettaient des réserves quant à l'inscription du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes. Surtout qu'elle a été intégralement relayée par l'AFP.

D'autres estiment qu'il s'agit d'un appel de détresse lancés par les miliciens qui se trouvent en mauvaise posture face aux militaires réguliers qui avancent à petits pas, mais avec détermination.

Une histoire d’un jihad de mariage

La revue américaine Counter Punch a raconté l’histoire d’une femme syrienne qui a expérimenté le jihad de mariage, le « jihad al-nikah », malgré elle.
Divorcée et mère de trois enfants, cette damascène qui s’est fait appeler Lina venait de se marier par la médiation d’un religieux avec un homme de son âge. A peine ayant déménagé à Geramana, banlieue mixte de Damas, son mari, originaire d’Aïn Terma, une banlieue Est de Damas tenue par les miliciens d’Al-Qaïda, l’y a un jour emmené.

Manifestante pro AssadElle décrit : «  c’est comme une ville fantôme, sans eau, ni électricité, où tous les biens publics sont détruits... Elle est habitée par des hommes qui ont le type différent de la plupart des Syriens. Ils portent des robes jusqu’aux genoux et ont les cheveux teints au henné. Ils portent des machettes, des couteaux et des menottes ». Lina raconte aussi avoir vu dans ce quartier des voitures sans numéro d’immatriculation, et des ambulances qui ont manifestement été volées.

Elle dit aussi y avoir rencontré des femmes vêtues de noire de la tête aux pieds et portant de longs gants noires, à tel point qu’elle s’est sentie « en bikini », alors qu’elle porte le manteau et le foulard.

Dans ce quartier, l’homme qui est supposé être son mari lui a proposé de participer au « devoir du jihad al-nikah », au motif que les hommes sont tenus d’épouser les veuves qui ont perdu leur mari dans la guerre et que les femmes aussi sont tenues d’épouser plus d’un homme, l’un après l’autre. Il lui a expliqué que chaque homme peut en épouser quatre en même temps, puis les divorcer et en épouser d’autres. Bien entendu, dans ce genre de mariage, les époux ne sont pas obligés de dépenser sur leurs épouses.

Manifestantes contre AssadLina a été  assez intelligente pour s’enquérir dans ce cas sur la façon pour les femmes de respecter la « Idda », (période d’abstinence de 4 mois après le divorce pour être sure de ne pas être  enceinte). Ce à quoi il a répondu que le cheikh lui trouvera un règlement légitime.

La jeune femme ne dit pas dans l’article si elle a consenti. Mais l’on sait surtout qu’elle a quitté son mari deux mois après l’avoir épousé. Elle assure que les principes que lui et ses confrères propagent sur l’Islam n’ont rien à voir avec l’Islam qu’elle a connu. Elle raconte qu’elle avait protesté auprès de lui lorsqu’il lui a interdit d fumer, sous prétexte que c’est prohibé, alors que d’après elle il se permet de se targuer qu’il a voulu kidnapper un soldat syrien, pour la simple raison que c’est un soldat.

Les 53 miliciens tués, en photos

Evènement rare: l’agence d’information officielle Sana a diffusé et distribué les photos des 53 miliciens tués dans une embuscade de l’Armée arabe syrienne (AAS) dimanche à Adra et Damir, au nord-est de la capitale. 

 La plupart du temps, l’information de la mort des miliciens est publiée sans être illustrée car les miliciens vivants s’empressent d’évacuer sans tarder les cadavres de leurs camarades.

 

Cette fois, selon des sources proches de l’Armée syrienne libre (ASL), cette dernière reconnait son incapacité à mener à bien cette mission car les soldats réguliers s’y sont déployés tout de suite après.

«  Le commandement de l’ASL a sans tarder effectué une réunion urgente pour savoir les raisons de cet incident, surtout que les insurgés étaient sortis dans une mission secrète et voulaient entrer dans la Ghouta orientale», explique cette source qui n’exclut pas une trahison dans les rangs des miliciens.

Du côté de Darayya, l’armée syrienne a découvert dimanche un tunnel long de 300 mètres que les miliciens utilisaient pour transporter et déposer les armes, indique Arabi-Press.

Des sahwas syriennes

A l’est de la ville Alep, le front al-Nosra a arrêté un des notables de la ville de Safira, Abdallah Al-Hamdo, et l’a accusé d’avoir formé une milice de 150 hommes, similaire aux Sahwa en Irak, pour combattre les milices extrémistes.

Un habitant de la ville a assuré pour le site Arabi-Press que l’arrestation de ce médecin qui a été l’un des opposants les plus éminents au régime ne freinera pas la formation de ces milices qui auront pour but «  de chasser les miliciens de notre région, de la ramener à la patrie et de préserver son unité. »

Khan el-Assal serait tombée

Sur le terrain et selon l’AFP, citant l’OSDH, les miliciens ont pris lundi la localité de Khan al-Assal, qualifie du « dernier bastion du régime dans l'ouest de la région d'Alep, frontalière de la Turquie ».
 

La prise de Khan al-Assal intervient au lendemain de l'une des journées les plus meurtrières depuis le début du conflit, avec 232 morts, en majorité des rebelles (114), selon un bilan de l'OSDH.

C'est dans cette ville que 20 militaires réguliers et civils ont été tués  dans une attaque chimique contre un barrage de l'armée.

Encore des Turcs

Le site de la télévision iranienne arabophone a diffusé les cartes d’identité turques de deux miliciens qui combattaient dans les rangs des miliciens du front al-Nosra à Ras el-Aïn, dans le gouvernorat de Hassaké, avant d’en être délogés par les milices kurdes.

 

la Tunisie négocie avec Damas

Concernant les miliciens tunisiens en Syrie, le ministre tunisien des affaires étrangères a révélé que son pays a entamé des négociations avec les autorités syriennes, via la Croix rouge internationale, pour obtenir la libération des Tunisiens séquestrés dans les geôles syriennes.

Selon Othmane Al-Jarandi, Damas pourrait en relâcher 8 dans les jours prochains comme signe de bonne volonté.

Les relations avec la Syrie sont l’objet d’un tiraillement politique entre le gouvernement tunisien qui a rompu ses liens avec Damas et les partis de l’opposition qui lui incombe la responsabilité du flux des Tunisiens pour combattre en Syrie.
Selon les medias, près de  trois mille Tunisiens combattent en Syrie, et 170 d’entre eux ont été abattus.