25-05-2020 08:38 AM Jerusalem Timing

Frappe ou pas frappe? Des Syriens prennent le parti d’en rire

Frappe ou pas frappe? Des Syriens prennent le parti d’en rire

Dès que le Congrès américain me donne son feu vert pour la frappe, je demanderai l’avis de ma femme Michèle et de ma belle-famille.

Une caricature montrant le président américain effeuillant une marguerite en disant "je bombarde, je ne bombarde pas": partisans mais également opposants du régime syrien raillent les hésitations de Barack Obama et s'en donnent à cœur joie sur les réseaux sociaux.
  
Le dirigeant américain, qui avait déjà semblé se raviser le 31 août en réclamant le feu vert du Congrès avant d'intervenir militairement contre le régime syrien, a encore éloigné lundi la perspective de frappes en qualifiant de "percée importante" une offre russe visant à mettre sous surveillance l'arsenal chimique syrien.
  
"Dès que le Congrès américain me donne son feu vert pour la frappe, je demanderai l'avis de ma femme Michèle et de ma belle-famille. S'ils disent oui, on y va!", lance un Obama à la mine sérieuse dans l'une des photos détournées mises en ligne sur Facebook.
  
Les élus américains, dont la rentrée a lieu lundi, doivent se prononcer dans les jours à venir sur une résolution autorisant le recours à la force contre le régime syrien, en représailles à une attaque chimique présumée menée le 21 août près de Damas.
  
Plusieurs caricatures tournent en dérision l’indécision" du président américain, certains le représentant portant les oreilles de la souris vedette Mickey.
  
Parmi les blagues qui circulent, celle d'un jeune homme demandant en mariage sa fiancée, qui lui répond "Chéri, attendons la frappe, après on verra".
  
Ou encore, l'histoire d'un mari pressant sa femme pour qu'ils louent une maison avant la frappe. Au contraire, rétorque l'épouse, "après, ça sera moins cher".
  
Un autre message sur la toile appelle avec humour les Syriens à s'abonner à un programme intitulé "Kerry, informe-moi à tout prix" en envoyant un texto vide aux deux compagnies de téléphonie mobile Syriatel et MTN pour connaître la date de la frappe.
  
La frappe en directe et sur écran géant
  
   "Je veux intenter un procès à Barack Obama pour fausses informations et atteinte à la tranquillité publique", lance de son côté sur Facebook un militant anti-régime, alors que les frappes s'annonçaient imminentes depuis 10 jours.
  
Face à l'absence de mesures exceptionnelles prises par le régime, on se moque également de la panique que suscite dans la région l'éventualité d'une frappe.
  
"Les Israéliens ont distribué des masques à gaz, les Jordaniens sont en état d'alerte, les Turcs déploient des missiles anti-aériens jour et nuit, les Libanais sont nerveux, les Irakiens sont perdus et les Egyptiens suivent notre actualité plus que la leur... est-ce sûr que c'est la Syrie qui va être frappée?", ironise un utilisateur syrien de Facebook.
  
S'inspirant de la retransmission des matchs de foot, d'autres suggèrent également d'"installer des écrans géants sur les places publiques pour permettre aux citoyens de regarder la frappe militaire en direct".
   "A cette occasion, une soirée avec narguilé et boissons", plaisante l'internaute.
 
 Du côté des militants antis régime, déçus par les atermoiements américains, l'heure est à l'humour noir.
   Une caricature montre M. Obama au milieu d'un champ de ruines avec cette légende: "Vous avez raison Monsieur le Président, attendez encore trois autres années, jusqu'à ce que le peuple syrien soit décimé".
  
Certains raillent le choix des cibles potentielles d'une éventuelle frappe.
   Face au président menaçant de frapper "les zones sensibles", quatre footballeurs en rang protègent de leurs mains leurs organes génitaux en disant: "cachez-les bien, on veut continuer à avoir des enfants".
  
Confronté à une opinion publique hostile à une intervention militaire en Syrie - six Américains sur dix y sont opposés, selon un sondage publié lundi -, Barack Obama joue à la fois la crédibilité des Etats-Unis et de sa propre présidence sur ce dossier épineux.