28-03-2020 11:36 PM Jerusalem Timing

Syrie : 130.000 miliciens étrangers, dont au moins 10.000 tués

Syrie : 130.000 miliciens étrangers, dont au moins 10.000 tués

Leur financement leur provient des pays du Golfe, via la Turquie, selon le Washington Post.

Environ 130. 000 miliciens armés non syriens appartenant à 49 nationalités sont venus combattre en Syrie, non seulement contre le pouvoir syrien, mais aussi comme cela s’avère ces derniers jours, contre les rebelles syriens eux-mêmes.

Ramadane Amami, milicien libyen du front al-Nosra tué à Azzaz ( Alep)Selon l'agence de statistique américaine PentaPolis, la majorité écrasante de ces miliciens venus des 5 continents du monde rejoignent les groupes extrémistes, et se font appeler « djihadistes ».
L’agence s’est contenté de mentionner le nombre de miliciens arabes tués, rapportés pas l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, omettant ceux venus des autres régions du monde. Leur nombre s’élève à quelque 9910 . 

10.000 tués au moins

En tête de liste viennent les ressortissants tunisiens, avec 1902 tués. Ils sont suivis par les Libyens avec 1807 tués. 

Au Maghreb, les ressortissants marocains et algériens comptent respectivement 412 et 273 morts en Syrie Alors que les Mauritaniens n’ont enregistré qu’une victime tandis que dans le nord de l’Afrique l’Egypte, la Somalie et le Soudan comptent respectivement 821, 42 et 3 tués.

Abou-l-Walid al-Ihsaï, milicien saoudien de l'EIIL, tué à Kalamoune dans la province de DamasDu côté des pays bassin du golfe Persique, l’Arabie saoudite est celle qui compte le plus de tués, avec 714 morts. Elle est suivie par le Yémen avec 571, viennent ensuite le Koweït (71 morts), Oman (21 morts), les Emirats arabes unis (9 morts)  et le Qatar (8 morts).

Or, parmi tous les voisins de la Syrie, c’est l’Irak qui enregistre le plus de miliciens tués, et éventuellement envoyés en Syrie.  De par ses 1432 tués, elle se range en troisième position de la liste des pays arabes impliqués dans la lutte contre l’armée syrienne. Ils sont suivis par les Palestiniens avec 1002 morts et les Libanais avec 828 tués.
 

Ibrahim Mehyeddine Khan, milicien bahreïni du Front al-Nosra , le fils du secrétaire général du mouvement pour la justice nationale, tué dans la province d'Idleb  Tous les chiffres ont été répertoriés en fonction des listes des tués établis dans les pays d’origine des morts.
Un point reste à noter : rien n’a été mentionné dans ce rapport sur le nombre des tués d’origine jordanienne.

Source de financement

S’agissant de leur financement, il proviendrait des quatre coins du monde, estime le Washington Post.
Après avoir longtemps dépendu des dons venus d’Etats du Golfe, dont le Qatar en particulier, ils reçoivent ces derniers temps des dons envoyés par des particuliers aux tendances extrémistes.


Selon le journal, les tentatives américaines avec l’aide des alliés arabes de suspendre le flux de dons particulier se sont heurtées à des difficultés considérables. Les donateurs profitent du laxisme  dans certains pays du Golfe qui permettent de collecteur des fonds pour créer des associations caritatives religieuses, pour réinstaurer des mosquées et des lieux publics, écrit le journal.

Assem Abdel Rahim, milicien jordanien du Front al-Nosra, tué dans un attentat suicide à Qaboune, à l'est de Damas.Les donateurs utilisent Tweeter et d’autres sites sociaux sur internet pour collecter des millions de dollars. Ces sommes sont par la suite envoyées via  des comptes bancaires, ou parfois, elles sont livrées directement à travers des médiateurs, et ce dans la ville turque de Ghazi Antab, située à 30 Km des frontières syriennes.
Les donateurs peuvent parfois poser leurs conditions : pour payer le prix d’armements, ou payer les frais de voyage, d’entrainement et d’armement d’un milicien étranger venu en Syrie.

Une source du renseignement travaillant dans cette région a indiqué pour le journal américain qu’une vidéo peut être envoyée au donateur pour lui montrer comment son argent a été dépensé. 
   

Toutes les photos sont prises du site Syria Documents