22-02-2020 07:31 AM Jerusalem Timing

Chute de Gbagbo: le rôle de la France "pose problème", selon Kagamé

Chute de Gbagbo: le rôle de la France

"Elles tendent à démontrer que ce sont les forces d’Alassane Ouattara qui ont procédé à cette arrestation, mais plus je les regarde et plus je vois derrière l’ombre du metteur en scène étranger", ajoute-t-il.

  
Le rôle de la France dans la chute en Côte d'Ivoire de Laurent Gbagbo "pose problème", selon le président du Rwanda, Paul Kagamé, qui, par ailleurs, a soutenu l'intervention militaire internationale en Libye conduite entre autres par Paris.
  
Interrogé par l'hebdomadaire Jeune Afrique sur les images de la chute de l'ex-président ivoirien, Paul Kagamé juge que si elles "ont quelque chose de tragique", elles "sont aussi largement artificielles".
  
"Elles tendent à démontrer que ce sont les forces d'Alassane Ouattara qui ont procédé à cette arrestation, mais plus je les regarde et plus je vois derrière l'ombre du metteur en scène étranger", ajoute-t-il.
  
"Le fait que, cinquante ans après les indépendances, le destin du peuple ivoirien, mais aussi son économie, sa monnaie, sa vie politique, soient encore contrôlés par l'ancienne puissance coloniale pose problème. C'est cela que ces images montrent avant tout", insiste Paul Kagamé.
  
Au sujet de la Libye, le président rwandais considère que "les Occidentaux et l'Otan interviennent là où ça les arrange et pas ailleurs. C'est sans doute exact. Mais cela étant dit et même si cela relève du +double standard+, tout vaut mieux que de rester les bras croisés face à des massacres", précise-t-il.
  
"Je ne peux qu'être d'accord avec le principe d'une responsabilité de la communauté internationale à l'égard des peuples de ce monde. Le génocide qu'a connu le Rwanda en 1994 est là pour le démontrer a contrario. Cette même communauté avait l'obligation morale d'intervenir et l'on sait qu'elle a failli à son devoir", ajoute Paul Kagamé.
  
Interrogé d'autre part sur l'opposition à son pouvoir menée par d'ex-généraux et des dissidents de son parti, le chef d'Etat rwandais, dont le pouvoir musèle la liberté politique et de presse, assène que "ces gens n'ont ni base, ni légitimité, ni avenir". "Pour moi, cette initiative est tout simplement inexistante", précise-t-il.