23-09-2019 12:15 AM Jerusalem Timing

IHSJane’s:les forces d’opposition qui combattent contre alAssad sont islamistes

IHSJane’s:les forces d’opposition qui combattent contre alAssad sont islamistes

L’Otan est préoccupée par la croissance d’éléments radicaux au sein de l’opposition syrienne et par leur possible retour en Europe.

 

Selon les  auteurs d'une étude menée par le centre britannique IHS Jane's, citée par le quotidien russe Kommersant  "la majeure partie des forces d'opposition qui combattent contre le président syrien Bachar al-Assad sont islamistes, souvent radicaux" .

Cent mille combattants composeraient  à ce jour  les forces antigouvernementales selon les estimations et seulement un tiers d'entre eux sont des «révolutionnaires laïcs modérés», que l'Occident appelle à armer.

Le rapport apporte de nouveaux arguments en faveur des opposants à l'intervention contre Damas car il semble de plus en plus évident que le renversement d'Assad ouvrirait la voie aux islamistes extrémistes et non aux démocrates.

Le rapport complet de l'IHS Jane's sera publié cette semaine mais la revue britannique Daily Telegraph en a déjà révélé des extraits.

Selon Charles Lister, l'un des auteurs de la recherche, les groupuscules islamistes dominent fortement le mouvement d'opposition syrienne. Pour lui le point de vue selon lequel les révolutionnaires laïcs constituent la base des forces d'opposition est infondé.

Selon les estimations de l'IHS Jane's, sur les cent  mille combattants de l'opposition, entre quarante  et quarante-cinq mille  hommes appartiennent aux organisations extrémistes, dont dix mille combattent dans les rangs de deux branches d'Al-Qaïda –le Front al-Nosra et l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL).

 Par ailleurs, trente mille  rebelles peuvent être considérés comme des «islamistes modérés». Il s'avère ainsi que l'Armée syrienne libre (ASL) laïque compte aujourd'hui moins d'un tiers d'opposants armés qui luttent contre Assad – entre  trente mille hommes.

Qui plus est, l'influence des islamistes radicaux augmente et les forces du Front al-Nosra et du EIIL sont reconnues aujourd’hui par les experts comme les plus opérationnelles dans le camp de l'opposition. D'autant qu'ils ne manquent pas de moyens: ils sont régulièrement financés par les pays du Golfe et ont réussi à établir le contrôle de nombreuses régions au nord de la Syrie, où se trouvent les gisements pétrogaziers. Cette source de revenus supplémentaire leur permet notamment de mener des actions caritatives, comme des distributions de nourriture à la population pour gagner en popularité.

Pour les islamistes radicaux la Syrie n'est que l'un des fronts de la guerre globale pour la mise en place d'un califat islamique mondial. Ils refusent de reconnaître l’attitude syrienne traditionnellement modérée et tolérante envers la religion en imposant aux habitants des régions «libérées» l'islam, qui plus est sous sa forme saoudo-afghane la plus intolérante.

Les combattants jihadistes qui, jusqu'à récemment, s'entendaient avec les rebelles de l'ASL, ont commencé à devenir aussi intolérants avec ces derniers qu'envers les partisans d'Assad. En juillet, les islamistes ont tué plusieurs chefs de guerre de l'ASL dans la province côtière de Lattaquié et à la fin de la semaine dernière ils ont lancé une opération militaire «Eradication du mal» contre les opposants modérés dans les quartiers est d'Alep.

Le rapport de l'IHS Jane's met les partisans de l'opération contre Damas dans une situation délicate. Il devient de plus en plus évident qu'après la chute du régime d'Assad, à laquelle aspirent les USA et leurs alliés, la Syrie tomberait entre les mains des forces en comparaison avec lesquelles le régime actuel serait un modèle de tolérance et de modération.

Dans le même contexte, l'Otan est préoccupée par la croissance d'éléments radicaux au sein de l'opposition syrienne et par leur possible retour en Europe, a déclaré mardi le secrétaire général de l'Alliance Anders Fogh Rasmussen.

«Cela concerne particulièrement des jeunes qui participent aux combats aux côtés de l'opposition et qui pourraient rentrer dans les pays européens. Certains d'eux adoptent des points de vue radicaux et cela nous préoccupe. Nous surveillons de près la situation», a indiqué le responsable lors d'un entretien avec des journalistes russes à la veille d'une réunion des ministres de la Défense des pays membres de l'Alliance atlantique et de celle du Conseil Russie-Otan.

M. Rasmussen a fait remarquer que ces derniers temps, des groupes extrémistes de plus en plus nombreux rejoignaient l'opposition syrienne, «ce fait mettant en valeur la nécessité d'un règlement politique en Syrie, car il n'y a pas de solution militaire de ce conflit».