14-04-2021 05:21 PM Jerusalem Timing

Genève II:Damas menace de se retirer si des séances sérieuses ne sont pas tenues

Genève II:Damas menace de se retirer si des séances sérieuses ne sont pas tenues

Échec de l’ONU à réunir dans la même pièce les délégations syriennes. L’opposition a refusé de s’assoir à la même table que le pouvoir.

La délégation du pouvoir syrien avec BrahimiLes pourparlers de paix pour la Syrie sont partis sur de mauvaises bases vendredi à Genève après l'échec de l'ONU de réunir dans la même pièce les délégations syriennes au tout premier jour des négociations. 

L'émissaire de l'ONU pour le conflit syrien, Lakhdar Brahimi, souhaitait réunir émissaires du président Bachar al-Assad et membres de l'opposition vivant à l’étranger à 10H GMT pour une réunion, dans la même pièce, où seul le diplomate onusien aurait pris la parole.

Mais c'est finalement en ordre dispersé que la conférence de paix de Genève II va commencer.

Lakhdar Brahimi aura donc des entretiens à 10H GMT avec la délégation de Damas conduite par le très chevronné ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem, selon une porte-parole de l'ONU à Genève Alessandra Vellucci.

Il rencontre les opposants conduits par le chef de la Coalition syrienne Ahmad Jarba à 15H GMT, selon Mme Vellucci.

"Il faut être patient et voir le processus se développer", a ajouté la porte-parole.

"Il faut d'intenses discussions pour savoir quelle procédure nous allons suivre", a-t-elle souligné.

Selon des sources dans les deux délégations, l'opposition a refusé de s'assoir à la même table que le régime en arguant du fait que le gouvernement syrien devait accepter le principe d'un gouvernement de transition sans Assad avant toute négociation directe.

Mesures visant à soulager la population

En raison de cette obstination, Lakhdar Brahimi pourrait se concentrer, ainsi que les Occidentaux et les Russes, sur la recherche de premières mesures visant à soulager la population.

M. Brahimi a évoqué des "indications" sur une disponibilité des délégations à discuter de l'acheminement de l'aide humanitaire, de cessez-le-feu localisés, notamment à Alep, et d'échanges de prisonniers.

Une partie de l'équation tient également à la capacité des "parrains" des deux camps, les Etats-Unis pour l'opposition et la Russie pour le président Bachar al-Assad, à peser et à manoeuvrer en coulisses.

Damas menace. Ils ne veulent pas la paix

Pour les responsables syriens, les représentants de l’opposition ne sont pas sérieux et ne veulent pas la paix.

Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a informé
l'émissaire de l'ONU Lakhdar Brahimi que "la délégation officielle syrienne
quittera Genève si des séances de travail sérieuses ne sont pas tenues demain (samedi). L'autre partie étant peu sérieuse et pas prête" aux pourparlers de paix.

M. Mouallem a également dit à M. Brahimi que "la délégation syrienne est sérieuse et prête à commencer (les négociations)", mais que l'autre partie ne "l'était pas".

"La communauté internationale doit appuyer les (questions) sur lesquelles les Syriens se sont mis d'accord, et non pas imposer (une solution) de l'étranger", a poursuivi M. Mouallem.

M. Brahimi a de son côté qualifié les réunions de vendredi à Genève de "semi-pas". "Demain il y aura un pas complet", a-t-il ajouté.

"Le problème de ces gens est qu'ils ne veulent pas faire la paix, ils viennent ici avec des pré-conditions", a de son son côté accusé le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Moqdad.

Pour sa part, le ministre de l'information, Omrane al-Zoebi, a affirmé que la délégation syrienne est à Genève pour défendre son pays et son peuple, soulignant que ce qui est nécessaire est que les discussions soient sérieuses et loin des illusions.

Diplomates et observateurs se font peu d'illusions sur l'issue de ces négociations mais rappellent que le simple fait que les deux camps acceptent de venir à Genève est en soi un événement.

Le premier cycle de négociations est censé durer "jusqu'à la fin de la semaine prochaine", soit le 31 janvier.

"Nous savons que cela prendra du temps, et si cela doit prendre un jour de plus, cela prendra un jour de plus. Nous savions que ce ne serait pas un processus facile", a également indiqué un haut responsable du Département d'Etat américain.