22-09-2021 05:45 PM Jerusalem Timing

Qu’a dit Ford aux délégations arabes participant à Genève-2?

Qu’a dit Ford aux délégations arabes participant à Genève-2?

Les dirigeants iraniens sont chanceux de ne pas avoir pris part à cette mascarade qu’est Genève-2.

 

A Montreux en Suisse, se tient un marathon médiatique plutôt que des négociations politiques. En effet, les participants du camp de l’opposition à la conférence de Genève-2 sont venus prononcer des discours au lieu de tenter de s’entendre avec la délégation des autorités officielles.

 

L’opposition n’a d’ailleurs réussi à former sa propre délégation qu’après des pressions américaines humiliantes. Tout le monde est venu à Montreux sans qu’il ait la capacité ni l’intention de parvenir à un  consensus minimal.

 

Il est également évident que les dirigeants iraniens étaient chanceux de ne pas avoir pris part à cette mascarade, surtout lorsqu’on apprend les teneurs des réunions tenues dans les coulisses entre les ennemis régionaux et internationaux de l’Etat syrien.

 

D’après une source européenne bien informée, dont les propos ont été rapportés par le journaliste Nidal Hamadé au site de la chaine de télévision d’almanar, une réunion a eu lieu mercredi le 22 janvier entre l’ancien ambassadeur américain en Syrie Robert Ford et les délégations des pays arabes et occidentaux participant à la conférence de Genève-2 à Montreux.

 

La délégation saoudienne a voulu savoir la réalité des informations faisant état de contacts américano-syriens de haut rang. Selon un responsable saoudien, un haut dirigeant américain a visité Damas maintes fois et a rencontré Fayçal Mokdad. L’ambassadeur américain au Liban David Hill fut chargé de ces contacts.

- Robert Ford : Si de telles communications sécuritaires sur  les besoins des Etats-Unis dans leur guerre contre le terrorisme ont lieu, celles-ci n’impliqueront pas le secrétariat d’Etat et n’affecteront pas la position diplomatique américaine sur la politique syrienne. Les contacts sécuritaires avec Damas concernent la sécurité nationale américaine et la sécurité des Américains. Ce n’est pas de ma responsabilité de confirmer ou d’infirmer ces contacts.

- Nous savons que le régime syrien est dans une bonne situation mais nous réalisons encore que tout report de la tenue de la conférence de Genève-2 ne servira pas l’opposition syrienne surtout que les parties de l’opposition ne sont pas prêtes à négocier et qu’aucune entente n’existe entre elles.

- Le plafond de nos attentes est bas mais nous n’avons pas de multiples choix devant nous.

- Nous pensons qu’il serait meilleur de tenir actuellement la conférence afin d’épargner une exacerbation plus profonde des différends dans les rangs de l’opposition. De la sorte, il deviendra plus difficile de réunir cette opposition. 

- L’important c’est que le régime syrien reconnaisse cette délégation et cette opposition, comme étant la seule représentante de toutes les  parties de l’opposition syrienne. La reconnaissance officielle syrienne de cette délégation nous convient parce que les choses resteront ainsi sous notre contrôle.

- Suite aux exigences que l’opposition va réclamer lors de la séance d’ouverture en vue de gagner la sympathie de l’opinion publique, nous devons comprendre que les négociations doivent avoir lieu pour réaliser un certain exploit, quoique minime qu’il soit, pour que la délégation de la coalition ne rentre pas les mains vides.

- Nous allons tout surveiller pour que la délégation de la coalition ne soit pas seule, ce qui permettra au régime d’exploiter les points de faiblesse de cette délégation.

- Il faut agir intelligemment pour pousser la délégation du pouvoir à accepter les points que la délégation de la coalition peut respecter, surtout qu’elle sera appelée à faire pression sur des groupes armés qui n’entretiennent pas de bonne relation avec la coalition.

- Il serait mieux de se focaliser sur des dossiers qui nous importent et qui éloignent les regards des exigences du régime sur la nécessité d’influencer les groupes armés et de cesser les tirs de feu.

- Nous devons nous concentrer sur la question du blocus, de l’ouverture de couloirs surs, et de proposer le déploiement des forces internationales pour le maintien de la paix (parce que le régime les refusera).

- Ceci ne signifie pas qu’il y aura une intervention internationale, vous devez comprendre que ceci n’est pas à l’ordre du jour, a répliqué l’ancien ambassadeur américain en Syrie Robert Ford devant les délégations arabes et occidentales.