25-01-2022 04:12 AM Jerusalem Timing

Ukraine: CIA et FBI au chevet du gouvernement. Le "combat fratricide" s’amplifie

Ukraine: CIA et FBI au chevet du gouvernement. Le

Kiev compte poursuivre son assaut dans les autres régions ukrainiennes pro russes. Les pro russes reprennent Kramatorsk et Lougansk

Des dizaines de spécialistes des services de renseignement et de la police fédérale des Etats-Unis conseillent le gouvernement ukrainien, a rapporté dimanche le Bild am Sonntag, édition dominicale du quotidien Bild, selon l'AFP.
   
Citant des sources du renseignement allemand anonymes, Bild am Sonntag a précisé que des agents de la CIA et du FBI aidaient Kiev à mettre un terme à la rébellion dans l'est de l'Ukraine et à mettre en place un dispositif de sécurité efficace.
   
Bild a précisé que les agents n'étaient pas directement engagés dans les affrontements avec les séparatistes prorusses. "Leur activité est cantonnée à la capitale, Kiev", selon lui.
   
Les agents du FBI aident Kiev également dans leur lutte contre le crime organisé, a indiqué le journal, selon lequel une équipe spécialisée dans les affaires financières aide également à identifier les origines de la fortune de l'ancien président ukrainien, Viktor Ianoukovitch.
   
Le gouvernement provisoire ukrainien a été formé fin février après avoir renversee ce dernier, apres des mois de manifestations.
   
Le mois dernier, la Maison Blanche a confirmé que le directeur de la CIA John Brennan avait effectué une visite à Kiev dans le cadre d'une tournée de travail en Europe, une visite condamnée par Moscou.



Kiev compte continuer

Pour sa part, Kiev menace de continuer de recourir à la force dans d'autres régions d'Ukraine, une fois elle aura mené à bien  son opération spéciale en cours dans la région de Donetsk (est)

"Dès que les opérations à Slaviansk et à Kramatorsk prendront fin, nous mènerons une phase active d'opération dans d'autres régions du pays où les extrémistes sont présents", a déclaré samedi à la télévision le secrétaire du Conseil de la sécurité nationale Andreï Paroubiy.

Depuis vendredi matin, les forces ukrainiennes mènent de vastes opérations spéciales dans la ville de Slaviansk, dans la région de Donetsk, impliquant des hélicoptères et des blindés de l'armée régulière.

Le but de l'offensive est de réprimer les militants réclamant la fédéralisation de l'Ukraine, que Kiev qualifie de "terroristes".

Samedi, il a été annoncé que des combats se déroulaient à Droujkovka (36 km de Slaviansk), et à Kramatorsk (15 km de Slaviansk).  

Dans la nuit de samedi à dimanche, la presse locale a rapporté que des combats secouaient le centre de la ville de Marioupol (région de Donetsk).  

Dimanche matin, un militant pour la fédéralisation a fait savoir à RIA Novosti que seule le centre de Kramatorsk restait sous contrôle des protestataires, l'armée ukrainienne ayant occupé le reste de l'agglomération. D'après lui, 7 militants ont trouvé la mort et plusieurs dizaines d'autres ont été blessés depuis le début de la confrontation armée.

 

 

Kramatorsk : les séparatistes reprennent le dessus

Or, dans l'après midi de ce dimanche, la situation semble avoir tourné à l’avantage des pro russes à Kramatorsk.

Dans sa dernière édition, la chaîne Rossia-24 a rapporté que les membres de la milice populaire dans la région de Donetsk indiquent qu’ils ont repris le contrôle des positions qui avaient été occupées précédemment par les forces de l’ordre ukrainiennes.

Miroslav Roudenko, l’un des leaders des forces d’autodéfense de Donbass, a indiqué à la chaîne russe qu’au cours des combats la nuit dernière, ses forces ont récupéré le contrôle de la ville de Kramatrosk et de trois villages voisins. La situation dans la région est de nouveau calme.

La même chaine russe avait fait état dans la matinée que l’armée ukrainienne a pris dans la nuit de samedi à dimanche le contrôle des bâtiments du ministère de l'Intérieur, du Service de sécurité et la tour de télévision. Indiquant que les chaînes de télévision russe n’y sont plus retransmises, elle a souligné que la ville entière, y compris son centre, à l'exception du Conseil municipal, se trouvent sous le contrôle des forces spéciales et que 10 personnes ont été tuées à la suite de l'opération militaire


Lougansk : les partisans du fédéralisme occupent un commissariat militaire

À Lougansk aussi la situation est entre les mains des pro russes. Les partisans du fédéralisme ont occupé le siège d'un commissariat militaire, dont le personnel militaire a quitté le bâtiment, indique l'édition Vostotchny variant (Version de l'Est), indique ITAR-TASS.
Il n’est pas précisé où les militaires sont partis exactement.

Selon l’agence russe Ria Novosti, , des heurts se sont produits samedi soir devant le siège du commissariat militaire, des tirs ont été entendus. Par la suite, le secrétaire intérimaire du conseil de sécurité d'Ukraine, Andreï Paroubi, a affirmé que «la garde nationale a repoussé l'attaque» contre le commissariat.

Antérieurement, le « gouverneur du peuple » de la région de Lougansk, Valery Bolotov, a décrété l'état d'urgence dans la région. Dans un message télévisé, il a décrété la mobilisation totale de la population masculine.

Odessa : les victimes asphyxiées

Concernant la ville d’Odessa où les forces ukrainiennes ont lancé un assaut meurtrier vendredi tuant près de 42 personnes et blessant 215 autres, les personnes auraient trouvé la mort lors de l'incendie de la Maison des syndicats, par  asphyxie par la combustion d'une substance inconnue.

C’est ce qu’a déclaré samedi à Odessa le premier vice-premier ministre ukrainien Vitali Iarema, cité par l'agence Unian.
« Beaucoup de gens ont trouvé la mort après s'être défenestrés du 4ème étage, les autres ont été gazés ou brûlés. J'étais sur place et j'ai vu beaucoup de victimes. Il semble évident qu'elles sont mortes brusquement. La combustion d'une substance a dégagé un gaz qui a asphyxié les gens. Ils se sont évanouis et sont morts sur place », a souligné l'homme politique lors d'un point de presse.
Et d'ajouter qu'une expertise serait mise en place pour déterminer l'origine de la substance toxique en question.

Selon la Voix de la Russie, des affrontements opposant des manifestants fédéralistes à des militants unitaristes ainsi qu'à des supporters de football ont éclaté vendredi soir à Odessa, lors de la marche "Pour l'unité de l'Ukraine" à laquelle prenaient part ces derniers. Les deux parties se sont attaquées à jets de pierre, ensuite des tirs ont retenti. La police est intervenue pour mettre fin aux escarmouches qui ont fait au moins trois morts et 18 blessés.

Ensuite, les supporters du football ont bouclé la Maison des syndicats à l'intérieur de laquelle se trouvaient des militants pour la fédéralisation de l'Ukraine, avant d'y mettre le feu. Tentant de fuir les flammes, huit personnes ont trouvé la mort après s'être défenestrées, plusieurs dizaines d'autres ont été brûlées vives.

 

Le conflit fratricide

Pour sa part, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov considère que l'opération punitive lancée vendredi par Kiev dans le sud-est de l'Ukraine entraîne ce pays dans un conflit fratricide

Lors d'un entretien téléphonique avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry, « M.Lavrov a souligné que l'opération punitive dans le sud-est de l'Ukraine entraînait le pays dans un conflit fratricide. Le ministre a appelé les Etats-Unis à user toute leur influence pour forcer le régime de Kiev, qui s'est engagé dans une guerre contre son peuple, à mettre fin aux combats dans les régions du sud-est du pays, à retirer ses troupes et à libérer les manifestants incarcérés », rapporte le ministère russe des Affaires étrangères.

Samedi, le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov avait signalé que ni la Russie, ni aucun autre pays n'a plus d'influence sur les habitants du sud-est de l'Ukraine qui se sentent menacés.

"Désormais, la Russie, comme tout autre pays, a perdu toute influence sur ces gens. Il sera impossible de les convaincre à se désarmer dans le contexte d'une menace directe à leur vie, d'une menace émanant des radicaux, des nationalistes et des forces armées qui exécutent des ordres criminelles et tuent leurs concitoyens", a souligné le porte-parole.