22-01-2018 12:20 PM Jerusalem Timing

L’armée syrienne chasse les miliciens de la frontière avec le Liban

L’armée syrienne chasse les miliciens de la frontière avec le Liban

Michel Kilo accuse les Islamistes d’avoir militarisé la révolution

L’armée syrienne est parvenue ces derniers jours à investir la localité libanaise frontalière de Toufeil qui avait servi de refuge aux miliciens insurgés en fuite des régions syriennes sécurisées. Des centaines de soldats syriens et de combattants du Hezbollah ont investi ce village et sont désormais déployés dans cette zone aux alentours du village de Toufeil qui a été évacué par ses habitants.

Cet exploit qui relie cette localité aux deux localités Assal-Alwared et Rankouss a été réalisé dans le cadre de l’opération effectuée pour sécuriser le long de la frontière syro-libanaise, dont la série montagneuse de l’est du Liban qui surplombe les régions de la Bekaa.

Grâce à la séparation des terres du Qalamoune de celles de Zabadani, toujours occupé par eux, les bienfaits de cette opération n’ont pas à tarder à se manifester : une baisse importante des tirs de roquettes contre les villages libanais, et la dispersion des miliciens qui ont perdu leurs régions d’influence et leurs atouts de force, dont la liberté de circulation et déplacement.

De ce fait, l’armée syrienne s’approche de plus en plus de la localité libanaise de Ersale, base-arrière des miliciens qui semblent de plus en plus être enfermés dans un étau.

Dans le gouvernorat de Lattaquié, L’armée syrienne poursuit également son avancée depuis qu’elle a repris la localité frontalière avec la Turquie de Kassab.
Son dernier assaut lui a permis de sécuriser 5 villages de la province de Lattaquié et de tuer un grand nombre de miliciens, selon al-Hadath News.

 

Dans le gouvernorat de Homs, l’armée a conclu un cessez-le feu avec les milices  pour le mois de Ramadan au cours duquel les pourparlers se poursuivront  pour le perpétuer. Il devrait entrer en vigueur ce vendredi.

Alors que dans le gouvernorat d’Alep, les forces gouvernementales sont parvenues à reprendre le contrôle du village cheikh Zayyat situé au nord-est de la ville.

Selon le site Tahtel-Mijhar, l’importance de ce village est qu’il se situe à proximité de la zone  industrielle, au sud-est de la cité industrielle et à l’est du village cheikh Najjar (zone industrielle) qui a été sécurisé depuis quelques semaines.

Un passeport sud-africain a et retrouvé dans ce village ainsi qu’un livre d’invocations religieux en anglais.

(voir photos sur le site Tahtel-Mijhar)


Toujours à Alep, l’armée a bombardé une position de la milice des FI, située dans le quartier Boustane Pacha , tuant au moins 13 miliciens. Elle a aussi repoussé un assaut lancé contre le quartier de Rachidine et infligé des pertes importantes aux assaillants.
    
Désaccords entres Islamistes takfiris à Ghouta

 

Dans la Ghouta orientale, à l’est de la capitale syrienne, les désaccords persistent et risquent de prendre une tournure violente entre les la milice désavouée d’Al-Qaïda l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL) d’une part, et les milices du Front al-Nosra (branche armée d’Al-Qaïda en Syrie) et de l’Armée Islamique (AI) (colonne vertébrale du Front Islamique -pro saoudien) de l’autre.

Ces groupuscules qui relèvent pourtant de courants extrémistes takfiris se trouvent à couteaux tirés dans plusieurs régions syriennes, où ils se livrent une bataille sans merci, sur fond de convoitises et d'influence, et  qui a couté la vie à plus de 6.000 miliciens selon l’OSDH.

Ces derniers jours, le Nosra et l’AI ainsi que d’autres milices ont formé un Conseil juridique unifié (CJU) présidé par cheikh Abdel Aziz Oyoune et dont la mission consiste entre autre à se prononcer sur les différends et les contentieux qui éclatent. Étant totalement exclu des affaires politiques, il devrait rester indépendant et s’arroger le droit de livrer des mandats d’arrêt.
 

Au lendemain de la formation de cette instance, un communiqué a été publié par ces milices à l’adresse de l’EIIL lui demandant d’afficher sa position « des factions jihadistes » si elle les considère musulmanes ou si elle les apostasie. Le communiqué demande aussi à l’EIIL de se soumettre aux décisions prises par le Conseil juridique dans la Ghouta, d’enlever le mot Etat de son appellation et de combattre aux côtés des autres factions.

La réplique de l’EIIL ne s’est pas fait attendre : Dans un communiqué estampé de la Wilayat de Damas, elle estime que ces factions auraient du éliminer tous les communiqués qui en appelle à combattre l’EIIL, avant de former l’instance juridique, pour amorcer la réconciliation entre les deux. Le groupuscule a demandé de stopper officiellement la guerre  et d’éliminer les communiqués du CJU et de régler les différends via une instance juridique commune.   

Ces mesures ont eu lieu au moment où de plus en plus de miliciens au sein du front al-Nosra suivent l’exemple de 4 chefs, qui ont rejoint les rangs de l’EIIL.  D’autant qu’un nouveau commandant, connu sous le pseudonyme Jaafar ach-Chami a suivi le pas.

Jeudi, le chef de la milice pro saoudienne FI, Zahrane Allouche a effectué un point de presse dans la Ghouta pour exprimer les craintes que ces miliciens défectueux ne veuillent livrer les villages qu’ils contrôlent ensemble comme cela s’est passé à Boulkamal, et Mouhassan à Deir Ezzor.

 

Kilo, le renégat hérétique

 

Ne se bornant  pas aux Islamistes takfiris, les divisions qui ravagent le camp anti pouvoir syrien confrontent aussi  Islamistes aux laïcs.

Dernièrement, l’opposant syrien Michel Kilo a accusé l’opposition syrienne islamiste d’avoir militarisé la révolution syrienne, ce qui lui a valu l’opprobre des représentants de cette dernière qui ont exigé son expulsion de la Coalition de l’opposition où il est membre de son instance politique.

Selon l’agence Asia News, le parti de la justice et du développement syrien, (PJDS , une relique syrienne des Frères musulmans pro Turquie) a demandé l’expulsion de Kilo pour avoir dernièrement critiqué les Islamistes les accusant d’avoir porté atteinte à la révolution syrienne en la transformant de civile qui réclame la démocratie en militaire qui veut instaurer un Etat islamique.
Le PJDS accuse Kilo d’avoir insulté insolemment les factions de la révolution syrienne de l’intérieur et d’avoir méprisé les révolutionnaires qui se sacrifient pour la patrie et le peuple ».

Il a demandé à la coalition de traduire Kilo en justice ou de l’expulser. Une position similaire a émané des forces islamistes et jihadistes et de l’ASL.
Le qualifiant « d’infidèle hérétique », le PJDS a même réclamé une excuse de la part du commandement de la Coalition au nom de Kilo.