22-01-2018 12:20 PM Jerusalem Timing

Premières frappes américaines et arabes en Syrie, Damas informé (Vidéo)

Premières frappes américaines et arabes en Syrie, Damas informé (Vidéo)

Poutine met en garde que les frappes contre Daesh ne doivent pas être menées sans l’accord de Damas.

L'armée américaine et des pays arabes ont bombardé pour la première fois des positions de Daesh (EI) en Syrie dans la nuit de lundi à mardi. (Voir vidéo sur Youtube)

"Je peux confirmer que l'armée américaine et des forces de nations partenaires mènent une action militaire contre les terroristes de Daesh en Syrie", a indiqué lundi soir le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby.

L'opération de la coalition a été menée au moyen d'avions de chasse, de drones, de bombardiers et de 47 missiles Tomahawk tirés des navires américains opérant dans les eaux internationales de la mer Rouge et du Golfe, selon le Pentagone.

Selon un responsable du Pentagone, les raids visaient principalement des positions de l'EI à Raqa, qui est de facto le centre du pouvoir de l'EI, ainsi que des cibles sur la frontière, très poreuse, entre la Syrie et l'Irak.

 

La province de Raqqa est le principal bastion de Daesh en Syrie, l'organisation contrôlant également la plupart de l'est du pays, notamment la province pétrolière de Deir Ezzor et une large portion de la frontière avec la Turquie.

 

Damas au courant et soutient

Pour sa part, le ministère syrien des Affaires étrangères a fait savoir que les Etats-Unis avaient préalablement "informé le représentant de la Syrie auprès des Nations Unies que des frappes allaient être menées contre l'organisation terroriste Etat islamique à Raqqa" (nord).

De plus, ajoute-t-il, il a été informé lundi par le ministre irakien des Affaires étrangères des frappes américaines, en l'absence de contacts diplomatiques entre Damas et Washington.
"Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a reçu lundi un message de son homologue américain dans lequel John Kerry l'informe que les Etats-Unis allaient frapper des bases de Daesh en Syrie."

"La Syrie soutient tout effort international pour combattre le terrorisme, (comme) celui de Daesh (un des acronymes en arabe de l'EI) et celui d'al-Nosra, tout en insistant sur le respect de la souveraineté nationale et conformément aux lois internationales", précise le ministère.
   
"La Syrie continuera de combattre (Daesh) à Raqqa (nord), à Deir Ezzor (est) et dans d'autres régions syriennes, avec la coopération de pays comme l'Irak", ajoute-t-il.

Et de conclure: "la coordination avec l'Irak pour frapper le terrorisme se poursuit au plus haut niveau, car les deux pays sont dans la même position face au groupe (EI), en application de la résolution 2170 du Conseil de sécurité de l'ONU", indique le texte.

 

Moscou met en garde

Peu avant ces frappes, le président russe Vladimir Poutine avait mis en garde que celles-ci ne devaient être menées sans l'accord préalable de Damas.

M. Poutine, au cours d'une conversation téléphonique dans la nuit de lundi à mardi avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, "a souligné que les frappes aériennes contres les bases terroristes de Daesh sur le territoire syrien ne devaient pas être menées sans l'accord du gouvernement syrien", indique un communiqué du Kremlin.

Le ministère russe des Affaires étrangères a pour sa part prévenu que "les initiateurs d'actions militaires unilatérales portaient l'entière responsabilité de leurs conséquences".
   
"Les tentatives d'atteindre des buts géopolitiques en violant la souveraineté des gouvernements de la région ne font qu'alimenter les tensions et déstabiliser encore davantage la situation", a indiqué le ministère dans un communiqué.
   
"La lutte contre le terrorisme au Proche-Orient et dans le Nord de l'Afrique nécessite des efforts coordonnés de l'ensemble de la communauté internationale sous égide de l'ONU", a-t-il ajouté.


Frappes contre Daesh et Nosra

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a fait état de près de 20 frappes et attaques aux missiles dans la ville de Raqqa et près des localités de Tabqa, Aïn Issa et Tall Abyad, située dans la province éponyme.
 

Selon l'ONG, qui siège à Londres et dit s'appuyer sur un large réseau de militants et de sources médicales en Syrie, sans jamais préciser lesquels, plus de 20 jihadistes ont péri dans des raids sur deux positions de l'EI dans la province de Raqqa, qui ont "détruit complètement leurs véhicules".

Les frappes ont également visé le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda classée comme organisation "terroriste" par Washington, a ajouté l'OSDH, en affirmant que 30 membres de ce groupe avaient été tués.

Un militant dans la ville de Raqqa, qui se fait appeler Abou Youssef, a indiqué à l'AFP via internet que les frappes avaient touché l'ancien siège du gouvernorat, devenu un siège de l'EI. "Il y a eu un grand incendie et des explosions car ce lieu est probablement utilisé comme dépôt d'armes", selon lui.

Dans l'est syrien, la coalition a mené 22 frappes sur la région de Boukamal, frontalière de l'Irak, et située dans la province pétrolière de Deir Ezzor, selon l'OSDH et des militants. Huit autres frappes ont visé d'autres positions dans la province de Deir Ezzor.
 "Les explosions étaient très puissantes", a déclaré Assi al-Hussein, militant antirégime sur place à Boukamal.
   
En outre, trois frappes ont visé la ville de Chaddadé dans la province de Hassaka (nord-est), selon l'OSDH.

 

Groupe Khorassan

Dans l'après-midi, le Pentagone a reconnu avoir également frappé un groupe d'Al-Qaïda dans ce pays à l'ouest  d'Alep (nord), le refuge du groupe Khorassan, composé de vétérans d'Al-Qaïda, a précisé le Pentagone dans un communiqué.
   
Les Etats-Unis espèrent ainsi avoir "empêché la préparation d'attaques imminentes contre les intérêts américains et occidentaux, menée par un réseau composé de vétérans aguerris d'Al-Qaïda - un réseau parfois appelé groupe Khorassan - qui a trouvé refuge en Syrie où il peut tranquillement préparer des attaques ou attentats, construire et tester des engins explosifs, et recruter des Occidentaux pour mener ces attaques", précise le communiqué du Pentagone.
   
"Au total, les (....) huit attaques ont visé des camps d'entraînement, une installation de production d'explosifs et de munitions, un bâtiment de communication et des installations de commandement", a ajouté le communiqué.



La Jordanie confirme sa participation aux frappes

Un  responsable a confirmé auprès de l'AFP, sous couvert de l'anonymat, que des pays arabes "partenaires" ont participé aux bombardements, sans préciser lesquels.

Selon la chaîne de télévision ABC, il s'agit du Bahrein, du Qatar, de la Jordanie, de l'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis.

La Jordanie a quant à elle confirmé mardi sa participation aux frappes de la coalition contre Daesh en Syrie.

"Nous avons participé à ces frappes qui font partie des efforts pour vaincre le terrorisme dans sesbases", a déclaré le porte-parole du gouvernement jordanien, Mohammed Moumeni.

L'armée jordanienne a indiqué que ses avions avaient pris pour cibles des "groupes terroristes" en Syrie.