13-12-2018 12:36 PM Jerusalem Timing

Baisse de l’intensité des frappes américano-arabes: 5 dont une contre la Syrie

Baisse de l’intensité des frappes américano-arabes: 5 dont une contre la Syrie

La participation arabe aux frappes américaines en Syrie est minutieusement médiatisée.

L'intensité des frappes américaines contre les positions en Syrie et en Irak des deux milices jihadistes takfiristes de l'Etat Islamique (Daesh) et du Front al-Nosra  a considérablement baissé ce mercredi.

Selon l'armée américaine, cinq nouvelles frappes ont été réalisées , quatre en Irak et une en Syrie, qui ont notamment détruit des véhicules et une cache d'armes.
   
Dans la seule Syrie, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH)(instance de l'opposition syrienne pro occidentale siégeant à Londres)  a fait état d'une série de frappes sur des cibles de Daesh dans la région de Boukamal (ouest) proche de l'Irak, et dans les environs d'Aïn al-Arab (Kobané en kurde), une ville frontalière de la Turquie encerclée par le groupe extrémiste. Cette dernière a connu quelques jours avant le lancement des frappes de la coalition une surprenante débandade des groupuscules kurdes syriens.
   
Ces nouveaux raids sont intervenus au lendemain des premières frappes conduites par Washington et ses alliés arabes sur le sol syrien, un tournant dans la lutte contre l'EI jusqu'alors cantonnée à l'Irak.
   "Ce n'était que le début, une première vague et nous sommes très satisfaits de notre succès", a déclaré mercredi Susan Rice, conseillère à la sécurité nationale de Barack Obama.
   
Selon les chiffres du Pentagone, les Etats-Unis ont mené un total de 198 frappes aériennes en Irak depuis le 8 août et, appuyés par leurs alliés, 20 en Syrie depuis lundi.


Selon l'OSDH, environ 120 jihadistes ont été tués dans les frappes de mardi, dont 70 de l'EI et 50 d'Al-Qaïda. Parmi eux, figure un combattant turc considéré comme "le meilleur tireur" d'Al-Qaïda en Syrie. Se disant se baser pour ses informations sur des sources sur place, les chiffres de l'OSDH ne sont pas très crédibles.   

 

Satisfaction américaine: "le monde est uni"

Le président américain Barack Obama a insisté à plusieurs reprises sur la dimension internationale de cette coalition mise sur pied à son initiative pour "détruire" l'EI, un groupe qui a proclamé fin juin un "califat" sur les régions qu'il contrôle en Irak et en Syrie.
"Il ne s'agit pas simplement du combat de l'Amérique" et "le monde est uni" contre la menace jihadiste, a-t-il affirmé mardi.
   

Le Royaume-Uni envisage de se joindre aux frappes tandis que les Pays-Bas sont prêts à mettre à disposition plusieurs avions de combats F-16, selon des informations de presse dans les deux pays.
   
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a pour sa part déclaré qu'Ankara pourrait fournir un soutien militaire ou logistique à l'opération. La Turquie, voisine à la fois de l'Irak et de la Syrie, avait refusé dans un premier temps de participer à la coalition.

 

Une pilote femme... et des menaces 


Côté arabe, la participation des monarchies saoudienne, jordanienne, émiratie bahreinie et qatarie a été mise en exergue, par les Américains d'abord, avant d'être confirmée par les autorités de chacun d'entre eux.

Selon l'AFP, seul le Qatar s'est abstenu jusqu'à présent de confirmer sa participation.

 

Pour ce mercredi, rapporte l'AFP citant des responsables américains, c'est un avion jordanien qui a bombardé les positions de Daesh en Syrie.

Cette mise en exergue a été accompagnée par une campagne de médiatisation qui semble avoir été étudiée à l'avance pour ne pas passer inaperçue.

S'agissant de l'équipe émiratie qui a fait part aux bombardements aériens, elle comporte une pilote femme!

Concernant les pilotes saoudiens ayant participé aux frappes, deux d'entre eux appartiennet à la famille royale: le prince Khaled ben Salmane, fils du prince héritier saoudien, et un autre membre de la famille royale, le prince Talal ben Abdel Aziz ben Bandar, ont rapporté des journaux saoudiens, dont le quotidien Al-Madinah.

La publication de leurs photos par l'agence officielle saoudienne SPA a  rapidement été relayée sur la Toile par des jihadistes takfiristes, qui ont proféré des menaces de mort à leur encontre.(voir à droite).


Des noms, accompagnant les photos, ont ensuite circulé sur Twitter où un utilisateur a écrit que ces pilotes étaient "recherchés par l'EI", tandis qu'un autre prévenait qu'"ils seraient tôt ou tard égorgés".
   
D'autres internautes, hostiles à l'EI, ont défendu ces militaires saoudiens, le prince héritier Salmane ben Abdel Aziz se disant "fier du professionnalisme et de la bravoure" des pilotes.
"Mes fils, les pilotes, se sont acquittés de leur obligation envers leur religion, leur patrie et leur roi", a ajouté le prince Salmane, également ministre de la Défense, cité par SPA.
   
Les autorités religieuses en Arabie saoudite, pays qui applique le wahhabisme, version rigoriste de l'islam à laquelle adhèrent aussi les groupuscules de Daesh et du front al-Nosra ont vivement dénoncé les jihadistes extrémistes, notamment ceux de l'EI et d'Al-Qaïda, les présentant comme "l'ennemi numéro un de l'islam".

  
 

Les jihadistes se redéploient

 
Sur le terrain, quelque 12.000 combattants étrangers venus de 74 pays auraient rejoint les organisations extrémistes en Irak et en Syrie, ce qui représente la plus forte mobilisation étrangère depuis la guerre d'Afghanistan dans les années 1980, selon le Centre international d'Etude de la radicalisation, basé à Londres.
   
La majorité vient du Moyen-Orient (Arabie saoudite, Jordanie) et du Maghreb (Tunisie, Maroc), mais le nombre d'Européens est en hausse, à "environ 3.000", selon le coordinateur européen pour la lutte contre le terrorisme.
   
Outre l'EI, les frappes américaines mardi en Syrie ont visé le "groupe Khorassan", lié à Al-Qaïda dans le nord. Ce groupe jusqu'à présent peu connu s'apprêtait à lancer des "attaques majeures" contre des cibles occidentales et éventuellement aux Etats-Unis.
   Mme Rice n'a pas pu confirmer la mort du chef du "groupe Khorassan", qui a été signalée par des témoignages sur les réseaux sociaux.
   
Pour échapper aux frappes, les jihadistes se repositionnent, à l'instar de "milliers de combattants" du Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, qui ont évacué leurs bases dans la province d'Idleb (nord-ouest), selon l'OSDH.

Un groupe salafiste allié d'Al-Nosra, Ahrar al-Cham, a également évacué ses positions dans cette même région.
 
"Des milliers de combattants d'Al-Nosra et d'Ahrar al-Cham ont évacué leurs bases dans la province d'Idleb", a également indiqué l'OSDH.
Ahrar al-Cham a demandé "aux civils de s'éloigner des bases" du groupe.