25-05-2020 08:21 AM Jerusalem Timing

Assad favorable à une large présence militaire russe en Syrie

Assad favorable à une large présence militaire russe en Syrie

Le rôle de la Russie se limitera à "faciliter le dialogue non pas à imposer des idées".

   La Syrie accueillerait volontiers une large présence militaire russe dans ses ports, a affirmé son président Bachar al-Assad dans un entretien à huit médias russes publié vendredi par l'agence officielle syrienne Sana.

   "Nous saluons tout accroissement de la présence russe en Méditerranée  orientale et surtout dans les côtes et ports syriens", a-t-il dit lors de cette interview accordée au journal Rossiyskaya Gazeta, l’agence Tass, l’agence Rossiya Segodnya, la radio Sputnik, la chaîne Zvezda, la Chaîne RT Arabic et à l’Agence Sputnik.

La Russie dispose d'une base militaire dans le port de Tartous (220 km au nord-ouest de Damas). Créée par un accord soviéto-syrien de 1971, elle sert actuellement de point de ravitaillement technique de la marine russe, selon Moscou, qui déploie régulièrement des navires de guerre en Méditerranée orientale depuis le début de la guerre en Syrie il y a quatre ans.  

   "La présence russe dans plusieurs régions du monde, en Méditerranée orientale et le port de Tartous notamment, est nécessaire pour rétablir un équilibre que le monde a perdu après le démantèlement de l'Union soviétique", a-t-il souligné.

   "Pour nous, plus cette présence est importante dans notre voisinage, mieux c'est pour la stabilité de cette région" a souligné Assad.

   Moscou et Damas avaient conclu au milieu des années 1950 des accords de coopération militaire et économique, le nombre de conseillers militaires soviétiques s'élevant à 6.000 en 1983 en Syrie, qui comptait également plusieurs bases de missiles. Après une période d'incertitude ayant suivi l'éclatement de l'Union soviétique, le président russe Vladimir Poutine a défendu sans failles son allié syrien.

  Assad a indiqué que l'appui militaire russe s'est "poursuivi" durant les quatre dernières années alors qu'une guerre internationale ravage la Syrie.

Pour un dialogue sans ingérence externe

Et sur le plan politique, Moscou doit accueillir du 6 au 9 avril une seconde session de négociations entre représentants du pouvoir et de l'opposition en vue d'un règlement politique en Syrie.

Le rôle de la Russie se limitera à "faciliter le dialogue non pas à imposer des idées", a dit le président syrien. Mais la Coalition de l'opposition,  soutenue par l'Occident et la Turquie, a annoncé son refus d'y participer, une décision qu'Assad a imputée à des pressions externes sur l'opposition.

"Trouver une solution à la crise syrienne n'est pas impossible si le peuple syrien s'assoit et discute", a estimé le président Assad, fustigeant les pays occidentaux, dont les Etats-unis, la France et la Grande-Bretagne en les accusant de "refuser une solution politique" en Syrie.

"Le problème réside dans le fait que plusieurs parties qui participeront au dialogue sont soutenues par des pays occidentaux et régionaux qui influent sur leur décision, et ces parties doivent être indépendantes pour refléter ce que le peuple syrien veut", a-t-il fait savoir.

L'Occident avorte les ententes

A propos de ce qui est demandé actuellement de la Syrie pour que l’Occident cesse de militariser l’opposition syrienne et engage un règlement politique, le président Assad a dit : “L’Occident veut que nous devenions une marionnette. Je ne suis pas persuadé que l’Occident dispose d’un règlement politique, il ne le désire guère. Il voit que le règlement politique réside dans le renversement d’un État et de le remplacer par un autre agent, comme c’était le cas en Ukraine”.

  De même, il a rappelé que l’Occident avait exercé des pressions sur l’État syrien pour qu’il renonce à ses droits, aux territoires occupés par Israël, pour l’obliger à ne pas se tenir aux côtés de la résistance au Liban ou en Palestine et pour s’écarter de l’Iran, assurant que cet Occident voulait que l’État syrien soit un État qui exécute les plans occidentaux dans la région.

Pas de dialogue sérieux avec les USA

Interrogé sur les récentes tentatives des Etats-Unis d’engager des négociations avec les autorités syriennes, le numéro un syrien a répondu: ” En dépit des déclarations américaines, nous ne voyons aucun changement réel dans les politiques américaines. Il n’y a pas de dialogue direct entre nous et les Américains, il y a des idées transmises par un  pays tierce, mais ne constituent point un dialogue sérieux. Ce que les Etats-Unis cherchent actuellement, c’est le renversement de l’État syrien pour le remplacer par une marionnette”.

Raids inefficaces


Au sujet des raids de la coalition internationale, le président syrien a assuré que les pays de la Coalition, qui mène un peu plus de 10 raids par jour sur les positions de Daech en Syrie et en Irak, ne veulent pas s’en débarrasser complètement, pour l’utiliser comme menacer contre différents pays.

“En plus, comment une Coalition anti-terroriste est composée de pays qui soutiennent le terrorisme ?", s’est-il interrogé.

Campagne occidentale incrédule

Selon lui, les multiples visites de différentes délégations parlementaires et politiques étrangères en Syrie reflètent que la campagne médiatique en Occident est incrédule, ajoutant que ces délégations viennent en Syrie pour prendre connaissance de la situation.

Initiative de De Mistura

A une question sur la réussite probable de l’initiative de l’émissaire onusien pour la Syrie, Staffan de Mistura, pour le gel des combats à Alep, le président Assad a salué cette mesure qui s'apparente aux réconciliations qui ont lieu en Syrie.

"Mais les terroristes qui se déploient dans de différents quartiers à Alep et qui sont soutenus directement par la Turquie ont catégoriquement rejeté l’initiative et bombardé les civils dans la ville d’Alep”.

” Les opportunités de succès de l’initiative de De Misura sont énormes en cas d’arrêt de l’intervention de la Turquie et d’autres pays qui financent les milices armées”, a assuré le président al-Assad.

Relations inter-arabes

Dans cette interview,  Assad a d'autre part souhaité une relation plus forte avec l'Egypte. "Nous espérons voir prochainement un rapprochement syro-egyptien, en raison de l'importance de ces relations pour le monde arabe", a-t-il dit soulignant qu'il n'y avait pas de "vraie relation" entre les deux pays actuellement.

Et de déplorer que les sommets arabes n’aient rien réalisé sur la scène arabe en raison de mauvaises relations inter-arabes.

Source: AFP, Sana et rédaction