17-07-2019 11:29 PM Jerusalem Timing

Nucléaire iranien: Kerry vante l’accord aux pays du Golfe et leur vend des armes

Nucléaire iranien: Kerry vante l’accord aux pays du Golfe et leur vend des armes

Il doit aussi avoir une rencontre tripartite inédite avec ses homologues russe et saoudien, Sergueï Lavrov et Adel al-Jubeir, pour parler essentiellement du conflit syrien.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry qui tentait ce lundi à Doha de rassurer ses homologues des monarchies arabes du Golfe sur les bienfaits de l'accord international sur le nucléaire iranien pour la sécurité de la région, a annoncé l'accélération des ventes d'armes à ces pays qui disent s'inquiéter "des ambitions régionales" de l’Iran.
   
M. Kerry qui est en tournée au Moyen-Orient, qui l'a déjà conduit en Egypte, était l'invité au Qatar d'une réunion exceptionnelle des ministres des Affaires étrangères des pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG - Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar).

"Nous sommes tombés d'accord pour accélérer certaines ventes d'armes qui sont nécessaires et qui ont pris trop de temps par le passé", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse au Qatar, à l'issue de cette réunion.
   
"Nous sommes tombés d'accord pour engager des formations très particulières (...) pour échanger et partager des renseignements", a poursuivi le chef de la diplomatie américaine.
   
Il a également évoqué une poursuite des discussions entre les Etats-Unis et leurs alliés du Golfe, engagées à Camp David en mai, sur "la manière d'intégrer les systèmes régionaux de défense de missiles balistiques" ainsi que "l'augmentions du nombre d'exercices (militaires) que nous faisons ensemble".
   
"Ce sont quelques exemples de la manière dont nous pensons que la sécurité de la région puisse être renforcée et la coopération améliorée", a plaidé John Kerry au côté du ministre des Affaires étrangères du Qatar Khaled al-Attiya.
   
Ce dernier, parlant en arabe au nom de son pays, a assuré que l'accord sur le nucléaire iranien était "la meilleure option parmi d'autres".

 En ouvrant la réunion du CCG dans un hôtel de luxe de Doha, le chef de la diplomatie du Qatar a réaffirmé que le Moyen-Orient devait être préservé de "toute menace d'armes nucléaires", tout en plaidant pour "l'énergie et la technologie du nucléaire civil à des fins pacifiques".
   
Les monarchies du Golfe, conduites par l'Arabie saoudite, ont accueilli avec prudence l'accord historique conclu le 14 juillet à Vienne entre l'Iran et les grandes puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne), sous l'égide de l'Union européenne.
   
D'une durée de dix ans, le compromis doit garantir que Téhéran ne se dotera pas de la bombe atomique en échange d'une levée progressive et conditionnelle des sanctions internationales qui étouffent son économie.
   

 
'Un bon accord'

Durant sa participation à la réunion du CCG, M. Kerry s'est félicité que le chef de la diplomatie saoudienne, M. Jubeir, ait "exprimé publiquement la satisfaction du gouvernement saoudien devant un bon accord".
   
Mais le même Adel al-Jubeir avait dénoncé la semaine dernière ce qu’il a considéré être des "déclarations agressives" émanant de responsables iraniens, après que Téhéran a accusé Bahreïn, allié de Ryad, d'exacerber les tensions en portant des accusations infondées contre Téhéran.
   

Dimanche au Caire, il avait déjà assuré que le règlement avec l'Iran renforcerait la sécurité des pays arabes, inquiets des ambitions de Téhéran. "Il n'y a absolument aucun doute, si l'accord de Vienne est entièrement appliqué, l'Egypte et tous les pays de cette région seront plus en sécurité (...) comme ils ne l'ont jamais été", avait affirmé le patron de la diplomatie américaine.
   
Il avait aussi une nouvelle fois accusé "l'Iran (d'être) engagé dans des activités déstabilisatrices dans la région". "C'est pour cela qu'il est si important de s'assurer que le programme nucléaire iranien demeure entièrement pacifique", avait-il avancé.
   
Avant de se rendre à Singapour, Kerry doit aussi avoir une rencontre tripartite inédite avec ses homologues russe et saoudien, Sergueï Lavrov et Adel al-Jubeir, pour parler essentiellement du conflit syrien, a confié un diplomate du département d'Etat.

 

Avec AFP