23-03-2019 11:06 AM Jerusalem Timing

Nigeria: la police tue 4 manifestants réclamant la libération de cheikh Zakzaky

Nigeria: la police tue 4 manifestants réclamant la libération de cheikh Zakzaky

La commission nationale des droits de l’homme a annoncé mardi l’ouverture d’une enquête sur ces événements.

Au moins quatre personnes ont été tuées par balles mardi à Kaduna, dans le nord du Nigeria, lorsque la police a ouvert le feu sur des manifestants musulmans chiites qui demandaient la libération du chef de leur mouvement, selon des habitants et le porte-parole du mouvement.

Les policiers ont ouvert le feu et tiré des grenades lacrymogènes sur les militants du Mouvement islamique du Nigeria (IMN), qui défilaient pour demander la libération du cheikh, Ibrahim Zakzaky.

A Kaduna mardi, "des policiers armés ont pris en embuscade les manifestants, ils ont tiré des grenades lacrymogènes avant d'ouvrir le feu, tuant quatre personnes et en blessant 25", a déclaré le porte-parole de l'IMN, Ibrahim Musa.

"La marche a continué" quand même", a-t-il ajouté.

Les habitants du quartier ont dû fuir leurs maisons.

"La police tirait dans tout le quartier, des balles et des gaz lacrymogènes contre les manifestants qui brandissaient des portraits de Zakzaky et demandaient sa libération", a témoigné une habitante, Rukayya Rabiu.

Un autre habitant, Isa Babangida, a donné un récit similaire.

D'autres manifestations de partisans de l’IMN se sont déroulées sans incident dans plusieurs localités de l'Etat de Kaduna mardi.

Cet incident intervient quelques jours après le massacre commis par l’armée à l’encontre des partisans de l’IMN. Des centaines d’entre eux ont été tués et blessés ce week-end à Zaria (80 km au sud de Kaduna).

Le cheikh Zakzaky a été gravement blessé par balle et arrêté par l'armée dimanche. 

L'armée a attaqué samedi et dimanche les militants de l'IMN à Zaria, détruisant une mosquée et la maison du cheikh Zakzaky, défendue par des centaines de fidèles. Le bilan officiel des victimes est inconnu mais les soldats ont évacué lundi des corps "par camion", selon des témoignages.

La commission nationale des droits de l'homme a annoncé mardi l'ouverture d'une enquête sur ces événements.

Amnesty International a appelé à une "enquête impartiale", et a demandé que les éventuels auteurs d'"exécutions extrajudiciaires" soient traduits en justice.