24-04-2024 01:32 PM Jerusalem Timing

Des milliers de Tunisiens célèbrent le 5e anniversaire de la révolution

Des milliers de Tunisiens célèbrent le 5e anniversaire de la révolution

Une cérémonie en présence de quelques centaines d’invités s’est également tenue au palais présidentiel de Carthage, dans la banlieue de Tunis.

 Des milliers de Tunisiens ont marqué ce jeudi avec fierté, et malgré la morosité ambiante, le cinquième anniversaire de la chute du dictateur Zine El Abidine Ben Ali à la faveur d'un soulèvement populaire sans précédent qui a transformé le pays.

   Le 14 janvier 2011, après un mois de manifestations réprimées dans le sang,  l'homme qui tenait la Tunisie d'une main de fer depuis 23 ans prenait la fuite vers l'Arabie saoudite à la surprise générale, provoquant une onde de choc dans le monde arabe.

  Le matin-même, des manifestants avaient bravé la peur pour crier "Dégage" au dictateur sur l'avenue Bourguiba, non loin du redouté ministère de l'Intérieur, dans le centre de Tunis.

   C'est cette avenue symbolique qu'une foule aux revendications diverses a arpentée jeudi dans une ambiance largement festive mais en groupes séparés. En famille ou entre amis, beaucoup ont agité des drapeaux tunisiens sous l'oeil des nombreux policiers déployés, le pays étant devenu une cible majeure des radicaux.

   Une cérémonie en présence de quelques centaines d'invités s'est également tenue au palais présidentiel de Carthage, dans la banlieue de Tunis.
   
 Un peu de démocratie
   
   "A moi personnellement, la révolution n'a rien apporté: les prix ont augmenté, beaucoup de jeunes restent marginalisés. Mais je suis quand même descendue en signe de célébration parce que la révolution nous a apporté un peu de démocratie et c'est important", a déclaré à l'AFP Latifa, une couturière de 40 ans.

   Plusieurs formations politiques comme le Front populaire, une coalition de gauche, et les islamistes radicaux de Hizb ut Tahrir ont manifesté. Le parti islamiste Ennahda a organisé un concert.

   Des diplômés chômeurs ont saisi l'occasion pour réclamer des emplois, alors que des blessés de la révolution et des proches de victimes ont scandé "Fidèles au sang des martyrs".

   "Il faut que justice soit rendue aux martyrs. Il faut que les responsables de leur mort rendent des comptes", a dit à l'AFP Latifa Ayari, 67 ans.
   En silence, un groupe a brandi des photos de Sofiène Chourabi et Nadhir Ktari, des journalistes disparus en Libye, qu'une branche du groupe Etat islamique (EI) a affirmé avoir tués.

  Cinq ans après la chute de Ben Ali, les Tunisiens peuvent s'exprimer librement, l'un des principaux acquis de la révolution.

   Cet anniversaire est toutefois assombri par une situation morose, le chômage, la pauvreté et l'exclusion sociale restant prégnants. Ces maux avaient largement motivé la révolution déclenchée par l'immolation d'un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi, le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid (centre-ouest).

   Depuis 2011, le pays a été plusieurs fois frappé par de sanglants attentats et vit aujourd'hui sous état d'urgence. Des dizaines de policiers,  de militaires et de touristes étrangers ont été tués ces dernières années.