22-02-2020 05:35 AM Jerusalem Timing

Canada: pétition contre un projet d’enfouissement de déchets radioactifs

Canada: pétition contre un projet d’enfouissement de déchets radioactifs

Environ 60% de l’électricité d’OPG est d’origine atomique.

    Une pétition signée par 92.000 personnes s'opposant à la construction d'un site d'enfouissement de déchets radioactifs, au coeur des Grands Lacs, a été remise cette semaine à la ministre canadienne de l'Environnement qui a jusqu'au 1er mars pour se prononcer sur le projet, a-t-on appris jeudi.

Le cabinet de la nouvelle ministre, Catherine McKenna, a confirmé à l'AFP
avoir reçu cette pétition de 6.000 pages. Elle a en principe jusqu'au 1er mars
pour se prononcer et mettre un point final au processus d'évaluation
environnementale, dont un comité avait rendu un premier avis positif en mai.

A l'origine de la controverse, l'intention d'Ontario Power Generation (OPG)
--société publique de la province la plus peuplée du Canada-- de creuser, par
680 mètres de profondeur, à travers de la roche vieille de 450 millions
d'années, un site d'enfouissement de déchets nucléaires. Environ 60% de
l'électricité d'OPG est d'origine atomique.

Le site retenu se situe toutefois sur les berges du lac Huron, dans le
village de Kincardine, au coeur de la région des Grands Lacs, à seulement 200
km au nord-ouest de Toronto et 250 km au nord de la ville américaine de Detroit.

"Le problème est qu'aucun scientifique, aucun géologue, n'a pu nous
assurer, avec une garantie de 100.000 ans, que cette décharge de déchets
nucléaires ne va pas fuir et contaminer les Grands Lacs", a expliqué à l'AFP
Beverly Fernandez, à la tête du regroupement à l'origine de la pétition.

Au-delà de cette pétition, 184 collectivités locales (comtés, villages et
métropoles) représentant 23 millions de personnes, de part et d'autre de la
frontière canado-américaine, ont adopté des résolutions s'opposant au projet
d'enfouissement. Figurent notamment sur cette liste les villes de Toronto,
Detroit et Chicago.