22-02-2020 12:59 PM Jerusalem Timing

Séoul, Tokyo et Washington mettent en garde Pyongyang contre un tir de missile

Séoul, Tokyo et Washington mettent en garde Pyongyang contre un tir de missile

Pyongyang a annoncé son intention de lancer une fusée ce mois-ci.

  Séoul et Tokyo ont à l'instar de Washington mis en garde ce mercredi la Corée du Nord contre les conséquences d'un éventuel tir de missile balistique, quelques semaines après son quatrième essai nucléaire.

Le régime nord-coréen a averti trois agences de l'ONU de son intention de
lancer entre les 8 et 25 février une fusée transportant un satellite.

Rappelant que tout lancement utilisant la technologie balistique
constituait "une violation des résolutions de l'ONU", le gouvernement
sud-coréen a exhorté mercredi Pyongyang à renoncer à son projet.

"Si le Nord (le) poursuivait (...), il en paierait le prix fort", a-t-il
prévenu dans un texte lu par un haut responsable sud-coréen de la sécurité
nationale, Cho Tae-yong.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a de son côté qualifié ce projet de
"sérieuse provocation". Son ministère de la Défense a émis l'ordre de détruire
un tel missile "s'il se confirmait qu'il tombe sur le territoire japonais".

 L'annonce nord-coréenne fait suite à des rumeurs ces derniers jours sur la
préparation par Pyongyang d'un test de missile balistique, qui serait un
nouveau pas vers son objectif de se doter de missiles nucléaires.

Elle constitue une surenchère de Pyongyang face à la communauté
internationale qui tente de durcir les sanctions contre le régime le plus isolé
au monde, après son annonce le 6 janvier d'un quatrième test de bombe nucléaire.
   
 L'habitude des coups doubles
   
 "C'est un comportement classique", estime John Delury, professeur associé à
l'Université Yonsei de Séoul. "En attendant une riposte complète à l'essai
nucléaire, vous placez également un tir de missile. Le Nord a l'habitude de ces
coups doubles."

A la pointe des efforts diplomatiques pour alourdir les sanctions du
Conseil de sécurité, les Etats-Unis n'ont pas tardé non plus à réagir mardi
soir.

 Ce serait "un argument encore plus fort en faveur d'une action du Conseil
de sécurité des Nations unies (...) pour imposer de réelles conséquences (...)
et de dures sanctions supplémentaires", a déclaré dans un entretien aux trois
agences de presse mondiales AP, Reuters et l'AFP le secrétaire d'Etat adjoint
pour l'Asie, Daniel Russel.

Il a dénoncé l'agissement "déstabilisateur" de Pyongyang et sa "violation
flagrante" du droit international: "La Corée du Nord défie le Conseil de
sécurité de l'ONU, défie son voisin chinois, défie la communauté
internationale, au détriment de la paix et de la sécurité régionales."

L'Organisation maritime internationale (OMI) avait indiqué plus tôt avoir
été avertie par le régime communiste de son intention de lancer un satellite
entre les 8 et 25 février, entre 07H00 et 12H00 (entre 22H30 et 03H30 GMT).

Ces dates laissent penser que la Corée du Nord souhaiterait le faire à
l'occasion de l'anniversaire le 16 février du dirigeant défunt Kim Jong-Il,
père de Kim Jong-Un.
   
En décembre 2012, la Corée du Nord était parvenue à placer un satellite sur
orbite au moyen d'une fusée Unha-3, une opération assimilée par Washington à un
tir de missile balistique. Elle affirme que ses missiles sont capables
d'atteindre les Etats-Unis.

Un nouveau lancement pourrait accroître la pression sur Pékin, principal
allié de Pyongyang, qui semble résister aux demandes américaines d'un
alourdissement de ces sanctions.

"Pas sûr cependant que la Chine bouge", a estimé Delury. "Un essai
nucléaire est une bien plus grosse affaire qu'un tir de missile, donc je ne
pense pas que cela modifie les choses du point de vue chinois, quoi qu'en
disent les Etats-Unis."

  Le secrétaire d'Etat John Kerry était à Pékin la semaine dernière pour
faire pression sur le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi.
 

Mais Kerry n'est parvenu qu'à s'entendre a minima avec les autorités
chinoises pour "accélérer l'effort" dans la quête d'une nouvelle résolution.
  

Les experts s'attendaient à une reprise des lancements de fusées par la
Corée du Nord, après l'achèvement d'un programme de modernisation du site de
Dongchan-ri, également connu sous le nom de Sohae.
 

La transformation du site, qui a commencé début 2013, vise à créer des
infrastructures permettant le lancement de fusées plus grandes, ayant une plus
longue portée et une charge utile plus importante.