18-07-2019 12:25 AM Jerusalem Timing

Une guerre «mondiale» contre le terrorisme


Une guerre «mondiale» contre le terrorisme

Le Cameroun appelle à l’aide dans sa lutte contre les terroristes de Boko Haram

La guerre contre Boko Haram provoque une véritable « saignée » dans le trésor camerounais, indique le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, sans en chiffrer le montant exact. « Toutes les dépenses que nous orientons vers cette guerre, c’était pour le développement de notre nation, qui en a drôlement besoin. »
 

Par la voix de plusieurs de ses ministres, le gouvernement du Cameroun en appelle à un soutien international de nature financière, humanitaire et militaire. Non pas de combat, mais toute aide logistique, matérielle et d’encadrement qui permettrait aux soldats camerounais de tenir la dragée haute à Boko Haram. « La communauté internationale avait pris des engagements pour aider tous les pays de la ligne de front », rappelle le ministre Bakary, en référence notamment au sommet de Paris en mai 2014, où la France, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne avaient promis d’aider les pays du lac Tchad. Or, « à ma connaissance, nous attendons encore certains des moyens promis par les grandes nations », indique-t-il.
 
Depuis l’entretien avec le ministre, fin janvier, une somme de 250 millions de dollars a été promise principalement par le Nigéria, l’Union européenne, le Royaume-Uni et d’autres pays africains. Ces fonds doivent financer la Force multinationale mixte de 8700 soldats qui se déploie progressivement depuis fin 2015 pour combattre Boko Haram.
 

L’effort canadien
 
À Ottawa, on affirme que « le Canada étudie présentement l’appel de financement humanitaire de 2016 pour le Cameroun ». Le gouvernement fédéral a octroyé 2,5 millions au pays l’année dernière afin d’aider les personnes déplacées, les réfugiés venus du Nigéria et les populations hôtes.

Pour 2016, le Plan de réponse humanitaire au Cameroun, chapeauté par l’ONU, nécessitera près de 400 millions de dollars.
 
Le Canada participe également, chaque année, à un exercice militaire « qui permet de développer les capacités antiterroristes et renforce la collaboration entre les partenaires africains, y compris l’armée camerounaise », souligne également par courriel une porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
 
Au sein du gouvernement camerounais, on insiste sur la dimension internationale de la lutte contre le terrorisme, y compris Boko Haram. « C’est une guerre mondiale ! tonne le colonel Didier Badjeck, directeur des communications au ministère de la Défense. Le terrorisme gagne du terrain. Si l’on tousse à Kolofata [dans l’extrême nord du Cameroun], on finit par éternuer à Toronto. Faudrait qu’on se réveille ! »

Source: Le Devoir