22-02-2020 12:28 PM Jerusalem Timing

Crise migratoire : la Grèce affirme avoir fait face à ses obligations

Crise migratoire : la Grèce affirme avoir fait face à ses obligations

La Grèce reste néanmoins sous pression de l’UE qui lui a donné trois mois pour pallier de « sérieuses défaillances » dans sa gestion migratoire.

La Grèce s’est prévalue mardi d’avoir rempli son contrat migratoire envers l’UE à temps pour un sommet européen à haut risque pour elle, avec l’ouverture de quatre des cinq centres d’enregistrement promis sur ses îles et son accord à une mission de l’OTAN destinée à tarir les départs des côtes turques.
 
« Le jeu de renvoyer les responsabilités sur la Grèce est terminé », a estimé le ministre de la Défense, Pános Kamménos, deux jours avant un sommet de l’UE en vue duquel ses partenaires réclamaient à Athènes des progrès substantiels pour mieux contrôler ses frontières et les flux migratoires.
 
En visite à Athènes dans le cadre d’une tournée avant le sommet, le président du Conseil européen, Donald Tusk, lui a fait écho : « Exclure la Grèce de Schengen ne résout aucun de nos problèmes », a-t-il souligné après un entretien avec le premier ministre Alexis Tsipras.
 

Des défaillances
 
La Grèce reste néanmoins sous pression de l’UE qui lui a donné trois mois pour pallier de « sérieuses défaillances » dans sa gestion migratoire, et se réserve le droit de rétablir les contrôles aux frontières intérieures pour deux ans maximum, au risque que des centaines de milliers de migrants restent en Grèce.
 
Dans l’immédiat, le pays a finalisé avec quatre mois de retard la mise en place des centres d’enregistrement prévus sur ses îles égéennes, première porte d’entrée en Europe des 900 000 réfugiés et migrants arrivés depuis 2015, a annoncé M. Kammenos.
 
Chacun doit pouvoir accueillir un millier d’arrivants pour 72 heures, le temps qu’ils soient enregistrés, que leurs empreintes digitales soient prises, que l’éventuelle présence de jihadistes soit décelée, et qu’une sélection soit opérée entre ceux éligibles à l’asile et à la répartition dans l’UE, et les migrants voués au renvoi.
 
Quatre sont prêts, à Lesbos, Chios, Leros et Samos, et le cinquième, à Kos, où la mairie fait de la résistance, le sera dans cinq jours, a promis M. Kammenos. Le pays conclut aussi la construction de deux centres d’accueil de 4000 places chacun, à Schisto, près d’Athènes, et Diavata, près de Thessalonique (nord). « Le 23 on sera prêts à 100 % sur les sept centres » a-t-il promis.
 
Les installations
 
Accompagné des représentants de l’UE, mais aussi de responsables allemands et autrichiens, le ministre a dans la foulée entamé une tournée de ces sites.
 
À Schisto la presse a pu découvrir quatre bâtiments en dur, restaurant, dortoirs, lieu de culte, ainsi que 300 tentes installées sur la terre battue. Deuxième étape, le centre d’enregistrement de Leros : des dizaines de préfabriqués sont installés sur un terrain clôturé de grillage, à côté de l’hôpital psychiatrique.
 
Des responsables de l’Agence européenne de surveillance des frontières (Frontex) et du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) ont montré au ministre la salle d’enregistrement où des machines de prise d’empreintes digitales sont installées.
 
À Chios, troisième étape de M. Kammenos, le centre a une capacité de 1100 personnes.
 
L’armée a été appelée à la rescousse pour terminer rapidement ces installations, alors que l’UE avait pointé les retards de la Grèce.
 

Verrouillage

Certains États européens, notamment baltes et du groupe de Visegrad (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie) menacent d’un verrouillage des frontières.
 
Mais la chancelière allemande, Angela Merkel, s’est fermement opposée mardi à Berlin à l’idée « de fermer les frontières macédoniennes, bulgares avec toutes les conséquences que cela aura pour la Grèce, l’UE dans son ensemble et l’espace Schengen ».
 
Athènes, pour qui la « solution définitive » à la crise migratoire réside en Turquie, selon M. Kammenos, a accepté la semaine dernière un plan allemand de déploiement en mer Égée d’une mission de l’OTAN.
 
Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, doit se rendre mercredi à Bruxelles. Il s’y entretiendra avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker avant sa participation jeudi matin à une réunion tripartite greco-turco-allemande, selon ses services.