14-10-2019 02:06 AM Jerusalem Timing

Les deux Bakraoui dans les fichiers US,l’un d’entre eux exclu par la Turquie..

Les deux Bakraoui dans les fichiers US,l’un d’entre eux exclu par la Turquie..

Les lacunes se font nombreuses. Les autorités belges sont accusées de laxisme. Et le suspect-clé des attentats de Paris refuse de parler des attentats de Bruxelles

Le dossier des pires attentats terroristes jamais connus en Belgique grossit de jour en jour, et présente des lacunes qui mettent les autorités belges dans une situation inconfortable.

Les deux Barkaoui dans les fichiers US

Selon la chaîne de télévision américaine NBC, les noms des deux frères Khalid et Ibrahim El Bakraoui, les deux kamikazes impliqués dans ces attentats revendiqués par la milice wahhabite Daesh (Etat islamique) figuraient dans les fichiers anti-terroristes américains, .
   
La chaine américaine cite deux responsables américains anonymes, qui "n'ont pas précisé dans laquelle des nombreuses" bases de données ou listes américaines figuraient les deux frères, a précisé NBC.
   
Le centre national anti-terroriste américain (NCTC), qui coordonne toutes les informations des services de renseignement américains sur des extrémistes potentiels, n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP à ce sujet.
  
Les deux frères de nationalité belge étaient des caïds endurcis des faubourgs bruxellois et avaient été tous les deux condamnés à de la prison pour des vols ou braquages.

Khalid El Bakraoui, qui s'est fait sauter dans le métro de Bruxelles, était recherché dans l'enquête sur les attentats de Paris pour avoir loué sous un faux nom un logement à Charleroi utilisé par certains assaillants du 13 novembre.
Il était visé depuis le 11 décembre par deux mandats d'arrêt, international et européen, délivrés par les juges d'instruction parisiens chargés d'enquêter sur ces attentats ayant fait 130 morts à Paris et Saint-Denis.
   
Ibrahim El Bakraoui, qui s'est fait sauter à l'aéroport de Bruxelles, avait été intercepté en juin 2015 à Gaziantep, non loin de la frontière syrienne, avant d'être expulsé le 14 juillet vers la Belgique via les Pays-Bas. Il a ensuite disparu bien que la Belgique ait été "informée que cet individu était un combattant terroriste étranger", selon le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Les autorités sur la défensive  

Ces révélations sur Ibrahim El Bakraoui ont mis les autorités belges dans une situation critique. La polémique les accuse de laxisme dans la lutte antiterroriste. Le gouvernement est sur la défensive.
   
Lors d'un hommage solennel, le Premier ministre Charles Michel a promis de faire "toute la lumière" sur les attentats.
 
Le Parlement belge a décidé de mettre sur pied une commission d'enquête parlementaire, aux pouvoirs étendus. M. Michel a toutefois refusé la démission des ministres de l'Intérieur et de la Justice, Jan Jambon et Koen Geens, qui avaient reconnu "des erreurs".
   
"Il ne pourra pas y avoir d'impunité. Il ne pourra pas y avoir de zones d'ombre", a insisté M. Michel.
   
Jeudi soir le ministre belge de la justice, Koen Geens a défendu les autorités de son pays:

"Nous avons seulement été avertis après l'atterrissage de l'avion à (l'aéroport d'Amsterdam) Schiphol, donc c'était fort compliqué de l'arrêter là", a-t-il fait valoir.
   
Frappée dans sa capitale, l'Union européenne a une nouvelle fois été pointée du doigt pour sa lenteur à mettre en place un système efficace d'échange de données et de renseignements, à lutter contre le trafic d'armes ou introduire un registre européen de passagers aériens (PNR).
   
Les médias soulignaient jeudi que la Belgique avait probablement échappé à des attaques d'une ampleur bien supérieure, grâce au démantèlement le 15 mars d'une cellule jihadiste en plein préparatifs et lourdement armée, surprise lors d'une perquisition de routine, ce qui a permis de capturer ensuite Salah Abdeslam, suspect-clé des attentats de Paris.
   
Les trois kamikazes de Bruxelles ont été directement associés aux commandos de Paris et ont sans doute accompagné dans sa cavale Salah Abdeslam.

Ce dernier ne refuse plus d'être transféré en France où il devra répondre de sa participation aux attaques du 13 novembre (130 morts).

Mais il refuse de coopérer avec les enquêteurs depuis les attentats survenus mardi dans la capitale belge, a indiqué vendredi le ministre de la Justice, Koen Geens.

Ses aveux auraient du donner « éclairer quelques zones d'ombre", notamment "le rôle de chacun" des protagonistes, avait expliqué le procureur belge.

Manier le chaud et le froid   

Depuis l'arrestation d'Abdeslam le 18 mars, son avocat Sven Mary a manié le froid et le chaud sur ses intentions.
 
Il a commencé par dire le lendemain que son client refusait d'être remis à la justice française, arguant qu'il valait "de l'or" pour les enquêteurs belges auxquels il n'a pas refusé de répondre lors de ses premiers interrogatoires.
   
Mardi lors d'une nouvelle visite des enquêteurs, après les attentats de Bruxelles, Abdeslam aurait refusé de s'expliquer, avait laissé entendre Sven Mary à la radio française Europe 1. Des propos qu'il a ensuite refusé de confirmer mettant en avant "le secret de l'instruction".
   
Et désormais Salah Abdeslam souhaite "partir en France le plus vite possible", a dit Sven Mary jeudi devant des journalistes. "Il a compris qu'ici ce n'est qu'un petit bout du dossier. Il veut s'expliquer en France, c'est une bonne chose", a-t-il ajouté.

 

Avec AFP