18-02-2020 12:02 PM Jerusalem Timing

L’Algérie explique à l’Arabie sa politique de non-ingérence

L’Algérie explique à l’Arabie sa politique de non-ingérence

Le refus algérien de s’aligner à la politique de Riad a provoqué l’ire des dirigeants saoudiens

Le refus algérien de s’aligner à la politique saoudienne d’ingérence dans le monde arabe lui a valu l’opprobre des dirigeants saoudiens. Ce qui a poussé le président algérien à envoyer un émissaire à Riad pour expliquer sa politique au monarque saoudien.

«Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a réaffirmé lundi que les positions de l'Algérie vis-à-vis de certaines questions sensibles que connait la scène arabe sont sous-tendues par son legs historique quant à la non-ingérence dans les affaires internes d'autres pays, et ne sont pas, contrairement à ce qui pourrait être perçu, une opposition à des partenaires arabes», souligne le message du chef de l'Etat algérien, transmis via son conseiller Tayeb Belaïz, qui était également chargé d’inviter le roi de se rendre en visite à Alger.

Ces derniers temps, Alger a refusé une demande orchestrée par Riad de classer le mouvement de résistance libanais Hezbollah sur la liste arabe des organisations terroristes. Elle a de même refusé de déployer des troupes au Yémen dans le cadre de la coalition arabe menée par l'Arabie saoudite  et  récusé toute participation aux manœuvres militaires également préparées par l’Arabie. Ces mesures saoudiennes  s’inscrivent dans le cadre des efforts déployés par la monarchie wahhabite d’affirmer son leadership du monde arabe, au motif de contrer l’influence de l’Iran qu’elle dépeint comme sa bête noire.

Selon l'agence de presse APS , ces décisions ont jeté le froid dans les relations entre les deux pays et Riyad s’est fortement impliquée dans le conflit au Sahara occidental, en apportant soutien au Maroc.


 « L’Algérie favorise toujours le règlement des problèmes dans le cadre des canaux internationaux à l’instar de l’ONU », soutient le président Bouteflika, ajoutant que « Même si d’aucuns croient à tort que certaines positions de l’Algérie sont en porte-à-faux avec celles de pays frères, il ne s’agit nullement de toucher à l’essence même de ses relations avec ces pays ».

La position de l'Algérie, selon les propos du chef de l'Etat algérien rapportés par M. Belaïz, «émane de ses Constitutions qui interdisent le déploiement des forces armées algériennes hors des frontières du pays», sans les empêcher «de fournir des aides considérables dans d'autres domaines».