21-05-2019 06:06 PM Jerusalem Timing

Koweït: le pouvoir tance les grévistes du secteur pétrolier

Koweït: le pouvoir tance les grévistes du secteur pétrolier

Le Koweït a dégagé sur 16 ans consécutifs des excédents budgétaires avant de prévoir un déficit record de 38 milliards de dollars.

 Le Premier ministre koweïtien a tancé les grévistes du secteur pétrolier en rencontrant ce mercredi leurs représentants après l'arrêt d'une grève de trois jours qui avait engendré une envolée des cours du brut.

 Cheikh Jaber Moubarak Al-Sabah a discuté avec les syndicalistes de  "l'impact négatif de la grève et de l'arrêt de la production dans les installations pétrolières vitales" de l'émirat, selon un communiqué

   Même s'il a reconnu la nécessité de respecter les droits des travailleurs,  le Premier ministre a estimé "impossible de les satisfaire sous la pression,  les arrêts de travail et l'atteinte aux intérêts vitaux" du pays.  
Le syndicat n'a pas fait de commentaires après la rencontre.

   Le ministre du Pétrole par intérim Anas al-Saleh a indiqué mardi soir à la télévision que le salaire mensuel moyen dans le secteur pétrolier était de 22.000 dollars, contre 4.200 dollars dans la fonction publique.
 
  Il a ajouté que la compagnie pétrolière nationale voulait simplement réduire l'augmentation annuelle des salaires de 7,5 à 5%.

   La Kuwait Oil Corp. (KPC) a annoncé mercredi que, suite à la grève, le pays reviendrait à son niveau de production dans trois jours.
   
Le syndicat du secteur a mis fin mercredi à une "grève totale" entamée dimanche pour protester contre ce qu'il a présenté comme des réductions envisagées de salaires et de primes, et a annoncé la reprise du travail dans une volte-face qui a fait repartir les cours du brut à la baisse.

   "Par respect et loyauté envers l'émir (chef de l'Etat, ndlr), nous avons décidé de mettre fin à la grève", a déclaré le syndicat dans un communiqué.

   "Nous faisons confiance à l'émir (...) pour la protection des droits des travailleurs pétroliers", a ajouté le syndicat dans ce texte posté sur son  compte Twitter.

   Les travailleurs ont commencé à rejoindre leurs postes et l'activité a repris dans les installations pétrolières, a confirmé cheikh Talal Khaled Al-Sabah, porte-parole de la KPC.

  Le retour graduel au niveau de production de 3 millions de barils par jour se fera en trois jours, a ajouté le porte-parole de la compagnie d'Etat dans un communiqué.

   La production a baissé de moitié et les opérations de raffinage de plus de 40% pendant les trois jours de grève, observés par des milliers de travailleurs.

   La décision surprise de rompre la grève est intervenue quelques heures après une déclaration contraire du même syndicat, qui affirmait que la grève se poursuivrait "jusqu'à ce que nos revendications soient satisfaites",  c'est-à-dire que les autorités abandonnent un plan visant selon lui à réduire les salaires et les avantages des travailleurs.

  Pour justifier sa volte-face, le syndicat a affirmé que la grève avait
remporté "un grand succès" en permettant de faire passer un message aux autorités, à qui il demande en outre de ne pas sanctionner les grévistes.

   La grève des employés du secteur pétrolier au Koweït, membre clé de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), avait alimenté une nette hausse des cours du brut mardi, alors qu'il y a actuellement une surabondance de l'offre.
   
Mais les prix du pétrole ont recommencé à baisser mercredi en Asie après la fin de la grève, ce qui a contribué à l'ouverture en recul des bourses de Paris et Londres.

   Les cours du pétrole se repliaient aussi à l'ouverture à New York dans l'attente de l'annonce d'une nouvelle hausse des stocks de brut aux Etats-Unis et après l'annonce de la fin de la grève au Koweït.

   Vers 13H15 GMT, le cours du baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en mai reculait de 1,09 dollar à 39,99 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), perdant la plus grande partie des gains de la veille.

   En raison de la hausse des prix du pétrole, le Koweït a dégagé sur 16 ans consécutifs des excédents budgétaires avant de prévoir un déficit record de 38 milliards de dollars pour l'exercice 2016/17 à la suite de la chute des cours.