18-02-2020 11:01 AM Jerusalem Timing

Le plus gros fonds souverain au monde se penche sur la paie des patrons

Le plus gros fonds souverain au monde se penche sur la paie des patrons

Les prises de position du fonds, qui détient l’équivalent de 1,3% de la capitalisation boursière mondiale, sont d’autant plus importantes qu’elles sont très écoutées par les autres investisseurs.

Le plus gros fonds souverain au monde, le fonds de pension public norvégien, investisseur dans des milliers d'entreprises, va se pencher sur la question de plus en plus controversée de la rémunération des dirigeants.

"C'est un thème que l'on va regarder", a déclaré lundi à l'AFP Marthe
Skaar, une porte-parole de la division de la banque centrale norvégienne
chargée de gérer ce fonds de près de 7.000 milliards de couronnes (plus de 750
milliards d'euros), qui est présent au capital de plus de 9.000 sociétés à
travers le monde.

Alors que le niveau de rémunération des patrons devient un sujet de fronde
de la part des investisseurs, le fonds va, a-t-elle dit, s'atteler à rédiger un
"document de position" exposant ses principes en la matière. La date de
parution n'est pas encore connue.

Dans un entretien au Financial Times publié dimanche, le patron du fonds
norvégien, Yngve Slyngstad, a déclaré qu'il allait être attentif aux paies
excessives.

"Jusqu'à présent nous avons regardé tout ça en nous concentrant sur la
structure des rémunérations plutôt que sur leur niveau. Vu l'évolution de la
question de la rémunération des dirigeants, nous pensons que nous devrons aussi
examiner ce qu'est un niveau de rémunération adéquat pour un dirigeant",
avait-il dit au FT.

 Les prises de position du fonds, qui détient l'équivalent de 1,3% de la
capitalisation boursière mondiale, sont d'autant plus importantes qu'elles sont
très écoutées par les autres investisseurs.

En avril, les actionnaires de deux géants industriels, la compagnie
pétrolière britannique BP et le constructeur automobile français Renault, ont
voté contre la rémunération de leurs patrons, montrant que la question revêt un
caractère de plus en plus sensible même si ces votes n'étaient que consultatifs.