08-12-2021 02:22 PM Jerusalem Timing

La naissance par césarienne du conseil transitoire syrien

La naissance par césarienne du conseil transitoire syrien

D’importantes figures syriennes de l’opposition l’ont boycotté. Le renversement des Assad et l’intervention étrangère font partie de ses objectifs.

 Comme en Libye, un conseil transitoire est né en Syrie. Mais bien malgré les Syriens, semble-t-il. Soit en l’absence de figures importantes de l’opposition syrienne, soit en annonçant la présence de certaines alors qu’elles n’ont jamais donné leur consentement !
 

«  Ce conseil sera d’une grande nuisance à la révolution syrienne », a déclaré l’opposant Sobhi Hadidi pour le quotidien londonien arabophone AlQuds AlArabi. Et d’ajouter : «  ce genre de conseil n’aboutit nulle part. Leur timing est souvent précipité. Leurs dégâts seront supérieurs à leurs avantages prévisibles ».

S’expliquant encore plus, Hadidi a dit craindre que ce conseil ne soit un piège pour avoir recours aux puissances internationales, et introduire  une ingérence extérieure ce qui est totalement rejeté par la rue syrienne.
 

Hadidi est loin d’être le seul à avoir refusé de rejoindre ce conseil. Sur les 140 membres attendus, seuls 70 étaient au rendez-vous turc, à Istanbul. Michel Kilo fait partie de ceux qui refusent aussi de le rejoindre. Sans oublier Aref Dalila, Haytham Maleh, Maamoume AlHomsi et Mountaha AlAtrache.

A l’instar de nombreux autres membres de l’opposition syrienne, Bourhane Ghalioune, lequel avait été désigné président du Conseil national syrien à la fin du mois d’aout, fait partie des grands absents à cette tribune. Il a déclaré ne pas avoir été consulté pour y participer et qu’il n’a pris connaissance de sa désignation qu’à travers les medias. Certaines organisations ont-elles aussi dénoncé le fait d’avoir été inscrites arbitrairement dans la liste de celles qui furent consultées lors de la création du conseil, alors qu’elles ne sont pas concernées.

Par ailleurs les Frères musulmans et le bloc national kurde de l’intérieur n’ont pas encore envoyé les noms de leurs représentants.

Dans une conférence de presse organisée à Istanbul, à l‘issue de 4 jours de tractations du CTS, Bassma Kadmani qui est une syrienne résidente en France, l’objectif du conseil est de renverser le régime des Assad dans un délai de six mois. Kadmani n’a pas exclu une intervention étrangère en Syrie, sous prétexte que le nombre de Syriens qui l’exigent est en forte augmentation, d’après ses dires.
 
Selon Adib Tchaychakli, fils d’une famille de politiciens connue en Syrie, la démarche suivante du CTS est l’obtention d’une reconnaissance internationale.
Alors qu’un autre membre du conseil, Yasser Tabbar a déclaré à l’AFP que le conseil n’a pas encore élu de président et devra le faire ultérieurement. Citant un autre membre, Oubayda Nahhas, l’agence de France presse indique que le Canada, la Hollande, le Japon et le Soudan ont dépêché des diplomates à la rencontre en tant que surveillants.