22-02-2020 07:34 AM Jerusalem Timing

Bahreïn: procédure accélérée pour la dissolution de l’opposition

Bahreïn: procédure accélérée pour la dissolution de l’opposition

Les habitants de la localité de Darraz, assiégée par les autorités, mènent depuis 4 jours un sit-in devant le domicile de cheikh Qassem.

Restant sourd aux critiques, le royaume de Bahreïn a accéléré jeudi la procédure judiciaire pour obtenir la dissolution du principal mouvement d'opposition Al-Wefaq, selon une source judiciaire.

Dans un communiqué, l'organisation Amnesty International s'est déclarée "profondément inquiète" de la situation à Bahreïn. 

Les activités d'Al-Wefaq (L'entente) avaient été suspendues le 14 juin par un tribunal bahreïni, mais le ministère de la Justice réclame sa dissolution pure et simple. Initialement, la justice devait se prononcer le 6 octobre sur cette requête.

Mais jeudi, le tribunal administratif, saisi par le ministère de la Justice en référé, a fixé sa prochaine audience au 4 septembre, selon cette source judiciaire.

Le ministère de la Justice a "demandé d'accélérer la procédure", a confirmé une source judiciaire.

La suspension d'Al-Wefaq avait suscité des critiques dont des organisations de défense des droits de l'Homme qui ont dénoncé une tentative d'éliminer "ce qui reste d'opposition" dans ce petit pays du Golfe.

Outre la suspension des activités du mouvement, le tribunal administratif avait également décidé la fermeture de ses locaux et le gel de ses fonds.

Al-Wefaq anime un mouvement de protestation de la majorité de la population contre le régime et demande l'instauration d'une véritable monarchie constitutionnelle.

Son chef, cheikh Ali Salmane, purge actuellement une lourde peine de prison.

Sit-in devant le domicile de cheikh Qassem

Par ailleurs, les habitants de la localité de Darraz, assiégée par les autorités, mènent depuis 4 jours un sit-in devant le domicile de cheikh Qassem. "Toute atteinte contre cheikh Qassem est une atteinte à la patrie et à la religion", affirment-ils.

Le 20 juin, le régime bahreïni pro-saoudien avait déchu de sa nationalité bahreïnie le chef spirituel des musulmans chiites, cheikh Issa Qassem.

Téhéran, l'ONU et plusieurs organisations des droits de l’Homme avaient dénoncé cette mesure.

Le 13 juin, les forces de sécurité bahreïnies avaient également de nouveau arrêté le célèbre opposant et militant des droits de l'Homme, Nabil Rajab, qui reste encore incarcéré à ce jour.

Amnesty International a appelé jeudi le pouvoir à Manama à "stopper sa répression intensive contre les droits à la liberté d'expression, d'association et de mouvement".        

Bahreïn est secoué par des troubles depuis la répression en 2011 d'un  mouvement de contestation populaire dans ce petit royaume du Golfe, allié de Washington, qui continue de connaître des manifestations dans des villages réprimées souvent par la force.