25-05-2019 05:56 PM Jerusalem Timing

Sommet réduit de la Ligue arabe à Nouakchott sur fond de divisions

Sommet réduit de la Ligue arabe à Nouakchott sur fond de divisions

Pourquoi Sissi s’est absenté du sommet arabe de Nouakchott?

Un sommet réduit de la Ligue arabe s'est ouvert lundi à Nouakchott, en Mauritanie, sans les poids lourds saoudien et égyptien et sur fond de divisions face aux crises persistantes dans la zone.
   
Seuls six chefs d'Etat ont fait le déplacement pour se retrouver autour de leur homologue mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, et le sommet annuel a été ramené à un seul jour, au lieu de deux initialement prévus. Ouvert peu avant 12H00 locales (et GMT), il devait donc se résumer à une après-midi de débats.
   
Les émirs du Qatar, du Koweït, les présidents du Yémen, du Soudan, des Comores et de Djibouti étaient présents, ainsi que le Tchadien Idriss Deby Itno, invité en tant que président en exercice de l'Union africaine (UA) et du groupe dit G5 Sahel.
   
Initialement annoncés, le roi Salmane d'Arabie saoudite est absent pour "raisons de santé" et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, président sortant de la Ligue arabe, n'est pas venu pour des raisons sécuritaires selon notre site d'informations alManar version arabe.


Pourquoi Sissi s'est absenté du sommet arabe de  Nouakchott?

Selon le quotidien égyptien alMasri alyawm, la véritable raison de l'absence de Sissi au sommet arabe est "la découverte d'une tentative d'assassinat du président égyptien durant son séjour en Mauritanie".

Toujours selon le site alManar, citant des sources égyptiennes, des informations sures ont confirmé la menace d'un attentat contre Sissi.
   
Des pays comme le Liban et la Libye, qui n'ont pas de président, sont représentés par leur Premier ministre. Ce qui aboutit à une participation "moyenne" dans les annales des sommets arabes, d'après des spécialistes.
   
Dans le discours inaugural de la rencontre, le Premier ministre égyptien Chérif Ismaïl a appelé à une "stratégie arabe de lutte contre le terrorisme".
   
"Nous devons réorienter le discours religieux que des éléments terroristes exploitent à leurs fins pour semer la terreur, la mort et la destruction", ils "dévient l'islam de sa mission première qui est celle de la paix et de la miséricorde", a-t-il déclaré.

 
Le président mauritanien dénonce "la violence aveugle des terroristes"
 
 Le président mauritanien a de son côté dénoncé "la violence aveugle des terroristes" et "les intervention extérieures qui alimentent l'instabilité dans le monde arabe".
   
Il a aussi jugé que "l'instabilité dans la région continuera tant que la question palestinienne ne sera pas réglée", dénonçant les "exactions" d'Israël en Palestine et la poursuite de "sa politique de colonisation".
   
Il a plaidé pour des négociations entre les deux parties, avec des garanties de la communauté internationale et des délais précis pour la mise en place d'un Etat palestinien indépendant et viable, avec pour capitale Jérusalem-Est.
   
Le président mauritanien a également appelé à des solutions politiques pour les conflits en Syrie, en Libye et au Yémen, pour permettre au monde arabe "d'envisager le développement durable" dans la stabilité.
   
Idriss Deby Itno a de son côté salué le principe, figurant au programme du sommet, de la création d'une "force arabe commune, comme c'est le cas pour l'UA" et prôné des investissements arabes en Afrique qui favoriseraient "une plus grande complémentarité entre les deux mondes voisins et solidaires".
   
La création de cette force, destinée à combattre les groupes terroristes, avait été annoncée à l'issue du dernier sommet de la Ligue en mars 2015 à Charm el-Cheikh, en Egypte, mais sur laquelle les pays ont échoué depuis à se mettre d'accord.
   

Le Premier ministre libanais propose  l'aménagement des zone pour abriter les refugiés syriens


M. Salam a proposé dans son discours la mise en place d'un comité arabe qui planche sur l'élaboration de plans, visant à aménager des zones pour abriter les refugiés sur le territoire syrien et d'y convaincre la communauté internationale. D'après lui, prendre soin des Syriens sur leur territoire serait moins couteux et serait le meilleur moyen de cesser le crime de la dispersion du peuple syrien.

Et de poursuivre, qu'en attendant une telle solution, le Liban appelle à la mise en place d'un fonds arabe pour renforcer la capacité des pays hôtes à résister devant la crise et à améliorer les conditions de vie des refugiés durant leur séjour temporaire.

M. Salam a souligné la nature provisoire de la présence des refugiés au Liban, annonçant que le Liban n'était point un pays d'asile permanent, ni une patrie sauf pour ses citoyens.

"Nous aspirons au jour où la paix planera sur la Syrie pour que les refugiés soient rapatriés. C'est alors que nous contribueront avec le peuple syrien au chantier de la reconstruction de la Syrie", a-t-il expliqué.

M. Salam a noté que le Liban a souffert d'une vague de terrorisme transfrontalière. Mais selon lui, en dépit des crises politiques qui ont empêché l'élection du président, les autorités libanaises ont réussi à affronter ce phonème qui répand la violence, sans aucune dissuasion religieuse ou morale.

Evoquant l'attentat terroriste qui a ciblé le Haram Nabaoui al-Charif, la veille du Fitr, M. Salam a affirmé que le phénomène du terrorisme a dépassé les limites et menace désormais les intérêts des Arabes et des Musulmans dans le monde et constitue un défi existentiel pour leurs pays et leurs communautés.

Selon ses propos, l'une des crises les plus graves, serait celle de la tragédie syrienne, qui a affecté le Liban, lui causant d'énormes fardeaux.

Il a rappelé que le Liban hébergeait deux millions et demi de refugiés syriens, tout en ayant un potentiel très limité, dans un contexte de crise économique provoquée surtout par la fermeture des frontières et l'arrêt de l'échange commercial avec son voisinage.

Il a affirmé que les aides internationales étaient toujours insuffisantes pour répondre aux besoins des refugiés syriens et des sociétés hôtes.

"Sur la base de ces réalités, nous aspirons à l'assistance de nos frères arabes, comme ils l'avaient toujours fait, tout au long de plusieurs années", a-t-il ajouté.

"Nous sommes tous appelé à sortir de la position défensive face ce monstre et à mobiliser toutes nos ressources sécuritaires, politiques et intellectuelles pour l'affronter et puis à protéger notre sécurité et l'avenir de nos fils, en ce pour défendre notre statut dans le monde", a-t-il appelé.

Par ailleurs, le Premier ministre a confirmé l'attachement permanent du Liban aux hauts intérêts arabes et sa solidarité avec ses frères arabes dans toutes leurs causes justes.

Selon ses propos, le Liban n'est jamais neutre dans tout ce qui porte atteinte à la securité nationale de ses frères arabes. "Nous ne sommes jamais neutres à l'égard de tout ce qui porte atteinte à la securité nationale des pays arabes, notamment des pays du Golfe. De même, nous refusons toute ingérence dans les affaires des pays arabes, et toute tentative d'y imposer de nouvelles réalités politiques", a-t-il affirmé.

Et de M. Salam de conclure qu'il attendait à ce que la communauté arabe soit un soutien pour l'Etat libanais et ses institutions constitutionnelles et sécuritaires pour qu'ils puissent résister en face du terrorisme, et qu'ils soient puissants devant ceux qui manipulent les cartes et les communautés arabes.