18-03-2019 08:14 PM Jerusalem Timing

Frappes américaines contre le principal fief de Daesh en Libye

Frappes américaines contre le principal fief de Daesh en Libye

Les Américains insistent que ces frappes interviennent à la demande du gouvernement qu’ils reconnaissent

Les Etats-Unis ont mené lundi des frappes aériennes contre des positions de la milice wahhabite takfiriste Daesh (Etat islamique-EI) à Syrte en Libye. L’annonce a été faite par le cheg du GNA.
 
"Les premières frappes américaines contre des cibles précises de Daech ont eu lieu aujourd'hui, infligeant de lourdes pertes (aux jihadistes) à Syrte", à 450 km à l'est de Tripoli, a indiqué Fayez al-Sarraj lors d'une allocution télévisée.
 

Washington a immédiatement confirmé ces bombardements. Assurant que les frappes ont été faites a la demande du gouvernement libyen
   "A la demande du GNA, les forces armées des Etats-Unis ont conduit des frappes précises contre des cibles de l'EI à Syrte", a indiqué dans un communiqué le porte-parole du Pentagone Peter Cook.
   
Un responsable de la Maison Blanche a expliqué pour sa part que le président Barack Obama avait "autorisé les forces armées américaines à effectuer des frappes en appui aux forces du gouvernement d'union à la demande du Premier ministre" libyen.
   
Les frappes à Syrte "vont se poursuivre", a ajouté M. Cook, sans donner plus de précisions.
   
Mais pour M. Sarraj, ces frappes "interviennent dans un cadre limité dans le temps" et elles "ne dépasseront pas Syrte et sa banlieue".
   
Les forces pro-GNA tentent de reprendre la totalité de la ville de Syrte dans laquelle elles sont entrées le 9 juin et où elles assiègent depuis les jihadistes takfiristes. Elles sont ralentis par la forte résistance de l'EI qui mène des contre-attaques, notamment en perpétrant des attentats suicide à la voiture piégée.
   
'A la demande du GNA'
   
Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est livrée aux milices armées et minée par des luttes de pouvoir et des violences qui ont favorisé la montée en puissance des jihadistes de l'EI. Deux gouvernements se disputent le pouvoir, le GNA basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale et un cabinet parallèle installé dans l'est.
"Nous avons demandé l'appui à la communauté internationale, notamment celui des Etats Unis, mais nous souhaitons affirmer qu'il n'y aura aucune présence étrangère sur le sol libyen", a encore déclaré lundi le chef du gouvernement libyen, rappelant que "toute aide doit être effectuée à la demande directe du GNA".
Aucun soldat américain "ne participera aux opérations terrestres du GNA", a assuré le responsable de la Maison Blanche, et l'aide des Etats-Unis au pouvoir libyen dans sa lutte contre l'EI "se limitera aux frappes et au partage de renseignements".
   
Faisant allusion à un récent différend avec Paris, le chef du gouvernement a par ailleurs souligné qu'"aucune action ne sera tolérée au profit d'une partie non légitime, même si elle intervient dans le cadre de la lutte antiterroriste".
   
Fin juillet, le GNA avait accusé la France de "violation" de son territoire, après l'annonce par Paris de la mort de trois de ses militaires qui menaient une mission de renseignement auprès des forces conduites par le général Khalifa Haftar qui soutient une autorité non reconnue par la communauté internationale.
   
Syrte est considérée comme l'un des principaux bastions de l'EI en dehors de la Syrie et l'Irak. Il y aurait entre 2.000 à 5.000 combattants de l'EI dans différentes villes de Libye, selon un rapport présenté le mois dernier par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon au Conseil de sécurité.
   
Les Etats-Unis ont déjà mené plusieurs raids ciblés contre l'EI en Libye.
 En novembre dernier, un bombardement mené par des F-15 avait tué le jihadiste irakien Abou Nabil, présenté alors par Washington comme "le plus haut responsable de l'EI en Libye". Et trois mois plus tard, en février, un raid aérien a touché un bâtiment abritant des jihadistes à Sabrata, à 70 km à l'ouest de Tripoli, faisant une cinquantaine de morts.

Avec AFP