08-12-2019 10:41 AM Jerusalem Timing

Massacre chimique de la Ghouta 2013:des contradictions qui accusent les rebelles

Massacre chimique de la Ghouta 2013:des contradictions qui accusent les rebelles

La révolution syrienne n’a pas fini de révéler ses horreurs.

Retour au massacre chimique qui a eu lieu en aout 2013 et qui a été l’occasion pour orchestrer une campagne contre le gouvernement syrien et pour inviter les Etats-Unis à intervenir militairement en Syrie. Comme l’avait promis un an plus tôt, le président américain Barack Obama.

Y subsistent des zones d’ombre importantes: La plus importante étant que depuis que les autorités syriennes se sont résolues à livrer leur arsenal chimique, dans les  mois qui ont suivi, personne ne s’intéresse plus à les élucider.

Curieusement, cette attaque était intervenue dans un contexte dans lequel les mises en garde relayées par les médias occidentaux et arabes d’un recours des forces gouvernementales aux armes chimiques battaient leur plein.

Même Le Monde, journal réputé sérieux s’était mêlé à la valse : en envoyant dans le quartier Jobar dans la Ghouta à l’est de Damas, une équipe  qui aurait été témoin d’une attaque chimique que son reporter a prise en photos. Une histoire à laquelle personne n’a accordé aucune attention tellement elle était futile et relevait de la fabrication de mauvaise qualité. 

Le massacre de Khan al-Assal

Sur le terrain, c’est le contraire qui avait pourtant lieu : quelques mois avant l’attaque, en mars 2013 en particulier, la région de Khan al-Aassal, dans la province d’Alep, qui était sous le contrôle des forces loyalistes faisait l’objet d’une attaque chimique. Damas a tout de suite accusé les rebelles syriens, déplorant 16 victimes. (Selon l’OSDH, il y aurait eu 26 victimes, dont 16 soldats).

Des images d’enfants asphyxiés accusant les rebelles avaient été diffusées par les télévisions syriennes.

Mais rien n’y a fait : tout a été fait pour dilapider cette histoire.

Le conseil militaire d’Alep, lequel regroupait les groupes terroristes a lancé la balle dans le camp du pouvoir syrien, avec l’aide de la chaine qatarie al-Jazeera, l’accusant de l’avoir perpétré!

Il était de notoriété chez l’opposition syrienne d’attribuer ses crimes au pouvoir syrien. L’exemple de l’assassinat de cheikh Mohammad al-Bouti étant le plus  représentatif.

Quant aux USA, ils se sont contentés d’indiquer qu’ils n’avaient pas de preuve que des agents chimiques avaient été utilisés et ont été suivis par l’Organisation d’interdiction des armements chimiques et de l’Organisation de la santé mondiale.

Du gaz sarin chez les rebelles

Dès lors, les présumées attaques chimiques attribuées à l’armée syrienne se sont multipliées : le jour même de celle de Khan al-Aassal, à Otaïba dans la province de Damas ; puis après quelques jours à Aadra, également dans cette province ; et puis deux autres dans le quartier cheikh Maksoud à  Alep, et à Sarakeb dans la province d’Idleb.

Pourtant, au bout de ces attaques, la commission d’enquête indépendante des Nations Unies, s’est dite, par la voix de Carla del Ponte, persuadée que les rebelles de l’opposition utilisaient du gaz de sarin.


Exagération des faits

Lorsque l’attaque du 21 aout 2013 a été perpétrée dans la Ghouta orientale, plusieurs choses suspectes ont eu lieu, laissant soupçonner un attentat sous faux drapeau.

Le chiffre des victimes a été amplement gonflé. Dans les premières heures, il a été question selon des milieux de l'opposition syrienne de plus 1400. L’OSDH avait quant à lui avancé le chiffre de 500. Alors que Médecins sans frontière a finalement conclu d’un bilan de 355.

L’attaque a eu lieu au lendemain de l’arrivée d’une délégation onusienne chargée d’enquêter sur les accusations et contre accusations des autorités syriennes et des rebelles. Un timing qui aurait du accélérer l’accusation du gouvernement. 

Autre signe de la campagne laquelle semblait être orchestrée par un nombre important d’acteurs : un grand nombre de témoignages avaient évoqué la présence d’odeurs nauséabondes dans les régions visées, comme l’odeur d’œuf pourri ou de vinaigre.

Or, l’enquête a conclu plus tard que c’est le gaz sarin qui a été utilisé. Et qu’il est sans odeur, ni couleur !

Contradictions flagrantes


Autre fait intriguant: la contradiction flagrante entre les différents témoignages recueillis sur les projectiles chimiques qui ont frappé la zone.

Ceux de la Human Rights Watsch, assuraient qu’il n’y a pas eu d’intonations de missiles ou d’attaques explosives.

Alors que ceux du Centre de recensement des violations, dirigé par la militante syrienne pro occidentale Razane Zeytounah, évoquaient «  des destructions et des dommages matériels énormes ».

Rejoignant des témoignages recueillis des ambulanciers, des activistes médiatiques, et des porte-paroles militaires des rebelles lesquels étaient tous unanimes pour évoquer des intonations d’explosion.

Comme par la suite, il s’est avéré que les attaques chimiques ne provoquaient pas d’explosion, ils se sont mis d’accord sur une autre version des faits conciliante: celle que les explosions avaient été enregistrées au même moment dans d’autres zones que celle de l’attaque chimique !!

Un autre fait significatif ne peut non plus passer inaperçu : toutes les prescriptions que le Bureau de repérage du dossier chimique syrien, (formé 5 mois plus tôt),  avait fournies aux habitants de la Ghouta étaient totalement fausses. Elles ont demandé aux gens dont elles mettaient toujours en garde contre une attaque chimique de l’armée syrienne de préparer des chambres souterraines isolées pour se prémunir. Alors qu’ils devraient dans ces cas se diriger vers les hauteurs, étant donné que les gaz chimiques sont lourds et en tendance à se concentrer dans les régions basses.
 
Les factions étaient qu courant


Et puis une histoire déroutante rapportée par le correspondant du journal al-Akhbar en personne, à la foi d’un rescapé de l’attaque qu’il a rencontré en personne, et s’est présenté sous le pseudonyme d’Abou Firas. Ayant perdu dans l’attaque toute la famille de son fils formée de 6 membres, il raconte que les miliciens avaient la veille du massacre  rassemblé plusieurs familles qui habitaient  Jobar dans un bâtiment en cours de construction.

« Ils leur ont dit en début de soirée que le régime allait frapper au moyen des chimiques, et qu’il fallait se réfugier dans ce bâtiment sans mur pour être à l’abri. Tous les gens se sont blottis dans ce bâtiment et tous sont morts », a-t-il dit.

Une autre histoire vient corroborer cette version des faits. Selon un militant de l’opposition qui avait été actif dans la Ghouta, et plus particulièrement à Douma, avant de la quitter en 2014 pour se réfugier en Europe, le centre de Razane était parvenu à la conviction qu’un certain nombre des factions de la Ghouta étaient informé au préalable de ce qui allait se passer.

Sachant que  Razane a été kidnappée quelque mois plus tard par la milice Liwa al-Islam, un groupe wahhabite soutenu par l’Arabie saoudite. Depuis, il s'est rebaptisé Jaïsh al-Islam et contrôle presque à lui seul la situation dans la Ghouta orientale.




Sources : Al-Akhbar, Al-Manar