14-10-2019 01:43 AM Jerusalem Timing

Le numéro 2 de Daesh : un ancien policier tadjik formé par les USA

Le numéro 2 de Daesh : un ancien policier tadjik formé par les USA

Les raisons pour lesquelles il a rejoint les rangs de Daesh ne sont pas claires. Il n’a jamis fait la prière.

Les promiscuités entre Daesh (État islamique) et les Etats-Unis ne manquent pas: le numéro deux de la milice wahhabite takfiriste est un policier tadjik qui a suivi plusieurs formation chez les Américains.

En effet, Gulmurod Khalimov qui a succédé au célèbre chef de guerre de Daesh Abou Omar al-Chichani (le tchétchène) a été sniper, colonel et commandant des forces spéciales (OMON) de la police du Tadjikistan. Il a été à plusieurs reprises formé par des instructeurs US à la «lutte antiterroriste».

C’est lui qui l’a avoué dans une vidéo publiée par Daesh, en précisant qu'il s'était rendu aux Etats-Unis entre 2003 et 2008 pour suivre cinq stages anti-terroristes des forces spéciales dans une base militaire de la société privée Blackwater, (rebaptisée Academi)

Alon Ben-Meir, un analyste américain a confirmé cette information pour l’agence russe Sputnik.

« Ce n'est pas nouveau d'entraîner des étrangers pour les renvoyer dans différentes parties du monde. Mais des erreurs sont possibles. Et les Etats-Unis ont fait une erreur grave surtout dans ce cas-là », a-t-il dit.

Or, le problème est que Khalimov n’est pas un cas isolé.

Selon M. Ben-Meir, parmi les personnes ayant suivi ces cours d'entraînement, "il y a entre 200 et 500 Tadjiks qui ont rejoint Daesh ces dernières années".

Le Washington Post et d’autres médias US avaient déjà rapporté fin août que le Département d’État US avait mis à prix la tête de Khalimov pour une prime pouvant aller jusqu’à trois millions de dollars, comme argent de bienvenue.

L’agence Reuters, citant un responsable du département d’État, indique que le Tadjik avait été formé aux « réponses aux crises, négociations d’otages et au commandement tactique ».

L’agence Sputnik s’est interrogée sur les raisons qui l’ont poussé à quitter son pays et à s’enrôler dans les rangs de Daesh.

Dans la vidéo publiée quelques temps après sa disparition de son pays en 2015, il a expliqué que par ce geste il entendait protester contre le travail du ministère de l'Intérieur, contre l'interdiction d'effectuer la prère cinq fois par jour et de porter l'habit musulman. Il a également critiqué la politique menée par les autorités tadjikes et les liens qu'entretient Douchanbe avec la Russie et les Etats-Unis sans pour autant rentrer dans les détails.

La deuxième raison est également donnée dans la même vidéo. Elle remonte à sa croyance en la nécessité de créer un califat.

Pourtant, ses parents et collègues ont lancé unanimement qu'il n'avait jamais été quelqu'un de croyant et pratiquait pas la prière.

"En tant que militaire, il savait bien qui était derrière Daech. Ainsi, on peut supposer qu'il n'est pas parti au nom de la foi. Il y a peut-être quelque chose d'autre derrière cela," racontait alors son ex-collègue aux médias.


Sources : Tlaxcala ; Sputnik