22-02-2020 07:27 AM Jerusalem Timing

NYT: la Russie gagne la guerre par procuration menée par les USA en Syrie

NYT: la Russie gagne la guerre par procuration menée par les USA en Syrie

Poutine est le prototype de la guerre froide qu’Obama n’a pas voulu entrer.

Le succès militaire russe en Syrie donne l’avantage à Poutine dans la guerre par procuration menée par les Etats-Unis, estime le journal américain New York Times dans sa dernière édition.

Analysant la guerre en Syrie, ce journal considère que c’est la première fois, depuis l’Afghanistan dans les années 1980 , que les militaires russes sont dans un combat direct avec des forces rebelles formées et soutenues par la CIA.

« La Russie a gagné cette guerre par procuration, au moins pour le moment, » a déclaré Michael Kofman, un membre du Woodrow Wilson Center à Washington, rapporte le NYT.

Le quotidien rappelle que l’année dernière, l’armée syrienne était en train de s’effondrer, avec des milliers de combattants rebelles avançant dans les zones du pays considérées comme des bastions gouvernementaux.
« L’offensive rebelle a été aidée par des missiles antichars fournis par la CIA et l’Arabie saoudite. Les services secrets ont alors fait savoir à Washington qu’ils pensaient que le président syrien, Bachar al-Assad, perdait le pouvoir », ajoute-t-il.

Et de poursuivre : « Puis les russes sont arrivés. Ils ont bombardé les forces rebelles soutenues par la CIA. Leur campagne aérienne les a obligés à battre en retraite. Et maintenant les commandants rebelles, assiégés dans la ville divisée d’Alep, disent que leurs stocks de missiles antichars fournis par la CIA s’effondrent ».

Le journal rapporte aussi l’avis de l’analyste du Moyen-Orient à l'Institut international pour les études stratégiques. « Les Etats-Unis font ce qu’il faut pour apaiser leurs alliés et leur partenaires, tout en disant qu’il font quelque chose. Mais ils ne cherchent pas à faire quoique ce soit pour changer la donne sur le terrain », a dit Emile Hokayem, connu pour ses positions hostiles au président syrien Bachar al-Assad.

Selon NYT, Poutine a atteint plusieurs de ses objectifs les plus larges : en plus de soutenir le gouvernement de M. Assad, il a préservé l'accès à la base navale russe qui se trouve de longue date sur Méditerranée et a utilisé la Syrie comme un terrain d'essai pour la technologie militaire russe la plus sophistiquée.

Le journal américain rapporte que certains experts militaires ont été surpris de voir le président russe prendre l'initiative risquée de la lutte frontale contre les groupes formés et équipés par les Américains. Mais ils avaient aussi misé que le pari en Syrie s’avérerait être rentable.

Selon eux, Poutine est le prototype de la guerre froide, celle qu’Obama, n’a pas voulu entrer, lorsqu’il a dit le mois d’octobre dernier que « la Syrie ne sera pas l’échiquier d’une concours entre superpuissances ».