23-11-2019 03:49 AM Jerusalem Timing

Manifestations en Égypte : "Israël" s’alarme

Manifestations en &Eacutegypte :

Il mise sur le maréchal Tantaoui pour préserver ses intérêts.

Depuis la chute de Moubarak, l’entité sioniste garde sur l’Égypte un œil inquiet. Avec la reprise des manifestations depuis vendredi dernier, elle s’alarme.

À la lumière des déclarations des responsables et des observateurs politiques et sécuritaires, deux choses semblent l’angoisser  particulièrement : l’annulation des accords de Camp David, scénario plus que possible si les islamistes, en l’occurrence les Frères musulmans accèdent au pouvoir ; et une guerre civile aussi qui sèmerait le chaos. Elle accorderait à des groupes armés la liberté de perpétrer contre elle des frappes douloureuses.

Pourtant, les hauts responsables égyptiens ne cessent de dépêcher des messages apaisants à la direction israélienne. Selon le Haaretz, le chef des services de renseignements le général Mourad Mouafi, a fait savoir ces derniers jours à ses  interlocuteurs israéliens que l'accord de paix ne serait pas mis en cause.

Mais rien n’y fait. Mardi, c’est à l’Égypte (et à la Syrie) que le cabinet des ministres restreint pour la sécurité s’est consacré durant huit heures de réunion d’affilée. Le chef d’état-major Benny Gantz et le chef des services de renseignements militaires Aviv Kokhafi se devaient de présenter un plan militaire applicable en cas d’annulation de l’accord. Révélée par le journal Maariv, l’information de Gantz a été démentie par le gouvernement israélien.

L’homme de confiance d’Israël au Caire semble être le chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA) le maréchal Hussein Tantaoui. Lequel fut le ministre de la défense de Moubarak durant une vingtaine d’années. L’entité sioniste mise sur lui pour éviter un "chaos général" et préserver le traité de paix, même si les Frères musulmans arrivent au pouvoir après les prochaines élections.

Or durant les récentes manifestations qui ont éclaté sur la place Tahrir, c'est bien Tantaoui qui constituait la cibles des dizaines de milliers de manifestants qui exigeaient qu’il s’abstienne de s’ingérer dans la vie politique, et qu’il ramène l’armée aux casernes.

Mardi l’armée a promis une élection présidentielle avant la fin juin 2012, et un possible référendum sur le transfert du pouvoir. Ce jeudi, elle a confirmé la tenue des élections législatives à leur date prévue : le 28 de ce mois-ci, c’est à dire lundi prochain.  

 C’est le ministre chargé de la Défense passive Matan Vilnaï qui a exprimé mercredi l'espoir que le maréchal Tantaoui, parviendra à maîtriser la situation. Il est le premier membre du gouvernement israélien à s'exprimer publiquement sur les violences en Egypte.

   "La situation est problématique, sensible et pas claire. Tantaoui tente d'éviter le chaos et de transmettre le pouvoir de façon la plus ordonnée possible. Nous espérons qu'il va réussir et les Egyptiens doivent aussi l'espérer, sinon ce sera le chaos général et ce sera très mauvais pour l'Egypte", a expliqué M. Vilnaï à la radio militaire.

Il faut croire que ce que le responsable présente dans son langage comme étant «  mauvais pour l’Égypte », l’est surtout pour Israël.

On constate l’application de ce responsable à choisir ses mots, question de ne pas paraitre dicter quoique ce soit au Caire, en ces moments délicats, et faire comme si Israël se souciait de l’intérêt de l’Égypte.

Depuis la chute de Hosni Moubarak, Israël a plus que jamais le profil bas.

"Nous sommes en contact permanent avec eux (les membres du CSFA) et Tantaoui, que je connais et qui n'a aucune aspiration à rester au pouvoir", dit le ministre, un ancien général.

Sur l’avenir politique de l’Égypte, Vilnaï ne se fait toutefois pas d'illusions. Il s’attend à ce que les Frères musulmans remportent les législatives. "C'est notre principal sujet d'inquiétude", a-t-il admis.

   Les médias ont également évoqué ce scénario. Le quotidien Yediot Aharonot titre en une "Entre le Caire et Téhéran" à propos de la crise en Egypte.

      Vilnaï s'est en revanche montré moins alarmiste: "l'annulation de ce traité n'est pas aujourd'hui, et j'insiste sur le mot 'aujourd'hui', d'actualité". "Mais lorsque le pouvoir égyptien se stabilisera après un long processus électoral, nous nous attendons à ce qu'il soit porté sérieusement atteinte à cet accord", a-t-il prévenu.

Les inquiétudes de Vilnaï sont partagées par le ministre israélien des finances Youval Steinetz selon lequel «  le Moyen Orient traverse  ces temps-ci un tempête d’instabilité »...

 Selon lui, les menaces sont exacerbées par l’absence de contrôle surtout en la présence de la menace non traditionnelle de l’Iran et de la Syrie.

«  Les pays arabes sont faibles, aussi bien militairement qu’économiquement, et d’aucuns sont au bord de la faillite », a-t-il signifié, estimant qu’à l’exception de l’Iran, la capacité de ces états à mener une course aux armements contre Israël dans les cinq années suivantes s’est replié.   

  Signe supplémentaire des préoccupations israéliennes, la construction du mur érigé à la frontière avec l’Égypte se fait à un rythme très rapide. 70 Km sur les 240 Km ont déjà été accomplis. D’ici fin décembre, 100 km devraient être achevés. 2012 est la date limite de son achèvement total.

Il a été construit avec du plomb et constitue avec ses cinq mètres de hauteur, la plus haute barrière qu’Israël a érigée.

Au fil des défis qui se multiplient, Israël ne cesse de se claustrer!