24-05-2019 12:12 AM Jerusalem Timing

Achoura 2011, dans le sang en Irak et Afghanistan

Achoura 2011, dans le sang en Irak et Afghanistan

Comble du fanatisme et de la férocité : 29 en Irak et 59 en Afghanistan sont tués pour leur allégeance à l’imam Hussein. Karbala se perpétue.

 
C’est bien dans le sang que l’Irak et l’Afghanistan ont célébré le deuil d’Achoura cette année. Des martyrs sont tombés de part et d'autre, sans pour autant dissuader les fidèles de participer aux célébrations.

L'Achoura commémore le martyre de l'imam Hussein, troisième imam de l’Islam, tué à Karbala par l’armée du deuxième calife omeyyade, Yazid fils de Mouawiya, en 680, pour avoir refusé de lui donner allégeance.

Selon les agences, citant le gouverneur de la province, ce sont environ trois millions de pèlerins qui étaient au rendez-vous des principales commémorations du deuil à Karbala. L'année dernière, leur nombre avait été estimé à environ 2 millions.

Pourtant, plusieurs attentats terroristes perpétrés lundis à Bagdad, Hilla et Latifiya avaient causé la mort de 29 pèlerins et blessé 80 autres. Et selon une source policière, deux obus de mortiers se sont abattus mardi matin sur une mosquée chiite de Kirkūk (nord) tuant un policier et blessant huit autres personnes.

Comme chaque année, les pèlerins se sont rassemblés devant les mausolées de l'imam Hussein et de son demi-frère Abbas, situés dans le désert de Karbala, à 110 km au sud de Bagdad, et dans d'autres sites religieux chiites. Les drapeaux rouges flottant habituellement sur le site ont été échangés mardi contre des drapeaux noirs en signe de deuil.
  

Selon Iftikhar Abbas, qui dirige l'office du tourisme de Karbala, la majorité des visiteurs étaient Irakiens et quelque 650.000 étrangers, dont 220.000 de pays arabes et 430.000 d'autres pays. Les quelque 400 hôtels de la ville étaient complets et des pèlerins ont dû se loger dans des habitations privées.
 28.000 policiers et militaires avaient été déployés et des hélicoptères ont été utilisés pour assurer la sécurité de l'événement.
 

Pour la deuxième année consécutive, la sécurité de l'événement était assurée par les seules forces de l'ordre irakiennes. Les années précédentes, les soldats américains n'étaient déjà plus sur le terrain pour l'Achoura, mais en assuraient la surveillance aérienne.
 Mais ce dispositif ne concerne que Karbala et sa région, et des pèlerins chiites réunis dans d'autres villes ont été visés.
  

En 2010, 18 pèlerins chiites avaient été tués lors des commémorations de l'Achoura. En mars 2004, des attentats quasi-simultanés avaient fait 170 morts et 465 blessés dans une mosquée chiite de Bagdad et à Karbala.
 

En Afghanistan : une première

 

Contrairement à l’Irak, en Afghanistan, c’est la première fois que la commémoration d’Achoura est prise pour cible. Au moins 54 personnes ont été tuées et 150 blessées mardi à Kaboul dans un attentat-suicide contre une procession, selon une source médicale officielle.
Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier à Kaboul depuis celui qui avait visé l'ambassade d'Inde en juillet 2008 et fait plus de 60 morts.
 

Le président afghan Hamid Karzaï a estimé mardi que ces explosions étaient la première attaque "terroriste" de cette ampleur lors d'une fête religieuse.
 "C'est la première fois qu'à l'occasion d'une fête religieuse aussi importante en Afghanistan un acte terroriste aussi horrible a lieu", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Berlin, au terme d'un petit déjeuner de travail avec la chancelière allemande Angela Merkel.
  

M. Karzaï a adressé ses vœux de bon et rapide rétablissement aux blessés et ses condoléances aux familles des victimes. Mme Merkel a elle aussi présenté ses condoléances à M. Karzaï. Ces évènements montrent "que l'on doit encore travailler dur afin de pouvoir garantir la sécurité en Afghanistan", a ajouté la chancelière.
  

A Mazar-i-Sharif, le sanctuaire a été visé par une bombe dissimulée sur une bicyclette selon la police.
  

Les attaques n'ont pas été revendiquées pour l'heure mais l’AFP estime que « les insurgés talibans, sunnites radicaux, accusent les chiites (20% de la population) d'hérésie et leur avaient interdit de célébrer leur rite quand ils étaient au pouvoir de 1996 à 2001 ».