18-02-2020 09:24 PM Jerusalem Timing

Syrie: Le Conseil de sécurité profondément divisé

Syrie: Le Conseil de sécurité profondément divisé

La Syrie n’est pas l’Irak, ni la Libye .. elle est une ligne rouge pour la Russie à ne pas violer..


La pression des  pays arabes et occidentaux n' a pas réussi à  percer le double veto russo-chinois pour obtenir l'adoption de leur projet de résolution au Conseil de sécurité.

La Chine a exprimé mardi sa ferme opposition à l'usage de la force pour résoudre la question syrienne, à la mise sous pression destinée à obtenir un "changement de régime" et à toute action contraire aux objectifs et principes de la Charte des Nations unies et aux règles fondamentales régissant les relations internationales.

Le représentant permanent de Chine auprès des Nations unies, Li Baodong, a fait cette déclaration lorsqu'il a pris la parole au cours d'une réunion publique du Conseil de sécurité de l'Onu sur la situation en Syrie.

"Nous nous opposons fermement à l'usage de la force pour résoudre la question syrienne et nous nous opposons fermement aux pressions vigoureuses exercées pour obtenir un 'changement de régime', démarches qui vont à l'encontre des objectifs et principes de la Charte des Nations unies et enfreignent les lois fondamentales régissant les relations internationales", a entre autre déclaré M. Li.

"Depuis le début, la Chine a adopté une approche prudente concernant les sanctions", a dit M. Li. "Les sanctions, au lieu d'aider à résoudre le problème, compliquent souvent la situation."


Pour sa part, la Russie a  affirmé que le Conseil n'avait pas le droit de dicter à quelque pays que ce soit les modalités d'un règlement intérieur.

"Il ne possède pas ce pouvoir", a déclaré le représentant permanent de la Russie auprès de l'Onu, Vitali Tchourkine.

Et d'ajouter: "Nous rejetons toute possibilité de sanctions, toute tentative (…) d'alimenter le conflit et de justifier une intervention militaire étrangère".

En octobre 2011, l'Occident a tenté d'adopter un projet de résolution sur la Syrie prévoyant des sanctions contre les autorités syriennes. Moscou et Pékin ont alors usé leur droit de véto pour bloquer l'adoption de ce document.

Moscou a proposé mi-décembre son propre projet de résolution, que les pays occidentaux ont jugé "insuffisant" pour mettre un terme aux violences dans le pays.

La semaine dernière, le Maroc, au nom de la Ligue arabe, a présenté un nouveau projet qui reprend la position occidentale et réclame un changement de pouvoir en Syrie. Lundi, la Russie a réaffirmé son opposition à ce document qui prévoit le départ du président Bachar el-Assad.

La Russie confirme qu'elle invite toutes les parties du conflit syrien à mener des négociations à Moscou, a déclaré mardi Vitali Tchourkine, délégué permanent russe auprès des Nations unies, lors d'une réunion du Conseil de sécurité.

"Nous proposons aux autorités syriennes et à tous les groupes d'opposition d'envoyer leurs représentants à Moscou dans un délai acceptable par tous et afin d'établir des contacts informels, sans conditions préalables", a annoncé M.Tchourkine.

Selon lui, une telle rencontre permettrait aux parties du conflit d'"échanger sur de nombreuses questions nationales".

"Il est absolument nécessaire d'entamer un dialogue, dans le but de concrétiser des accords sur l'avenir politique du pays", a ajouté le diplomate.

L'initiative russe a été soutenue par le représentant permanent de la Chine, Li Baodong.

La Syrie, quand à elle,  a accusé certains pays de prendre comme prétexte "les droits de l'Homme et la démocratie" dans leurs discours, et a affirmé que le peuple syrien "n'acceptera aucune ingérence étrangère dans ses affaires intérieures".

Le représentant permanent de la Syrie auprès de l'ONU, Bachar al-Jafari, a fait cette déclaration lors d'un discours prononcé au cours d'une réunion publique du Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation actuelle de son pays.

Certains pays dans le monde invoquent "les droits de l'Homme et la démocratie" en s'en servant comme prétexte et "rêvent de façon illusoire de revenir à la période coloniale", a-t-il dit.

Les Syriens ont rejeté la violence et font ce qu'ils peuvent pour "défendre les causes arabes" et la souveraineté de la Syrie, a-t-il poursuivi.


"La Syrie rejette toute décision n'émanant pas de la Ligue arabe", a-t-il martelé, ajoutant que ce genre de décisions, si elles étaient prises, constitueraient "une violation flagrante" de la souveraineté de la Syrie, une ingérence dans ses affaires intérieures, et une violation de la Charte de la Ligue arabe.


De son côté, les Etats-Unis ont tenté de rassurer la Russie et la Chine en affirmant que  "le changement de pouvoir en Syrie ne débouchera pas sur une réédition du "scénario libyen".

"Je sais que certains membres du Conseil de sécurité s'inquiètent du risque d'une autre Libye, mais cette analogie est erronée", a déclaré la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton.

Mme Clinton a également accusé les autorités syriennes d'attiser les violences interethniques dans le pays, tout en exhortant le Conseil à soutenir les efforts de règlement déployés par la Ligue arabe.

"La situation en Syrie nécessite une approche unique, adaptée à des circonstances spécifiques. Et c'est ce que prévoit l'initiative de la Ligue arabe: une transition pacifique du pouvoir qui permettra de sauvegarder l'intégrité du pays", a poursuivi Mme Clinton.