20-09-2019 11:09 PM Jerusalem Timing

Syrie : les batailles se poursuivent, 11 soldats tués

Syrie : les batailles se poursuivent, 11 soldats tués

En fonction de l’accord avec Annan, Damas entame ses retraits. Mais les risques de récidive des insurgés persistent.

Armée syrienneL’armée syrienne est parvenue à prendre le contrôle du siège de commandement de la brigade Al-Farouk de l’Armée syrienne libre (ASL) situé dans Deir Baalaba dans la ville de Homs.
Des sources sécuritaires ont confié à la télévision iranienne arabophone AlAlam que des listes de noms et de groupes armés ainsi que des cartes, des photographies et des appareils émetteurs satellitaires ont été trouvés sur les lieux.
De plus, rapportent ces sources, des hommes armés ont incendié un dépôt du croissant rouge syrien dans la même ville.

Attaque et enlèvement contre l’hôpital de Homs
 

Toujours dans la ville de Homs, trois femmes dont deux infirmières et une réceptionniste ont été kidnappées de l’hôpital publique, a affirmé le site en ligne syrien Arabs Press.
Cet enlèvement a eu lieu lors de l’attaque perpétrée mardi soir contre le centre hospitalier par des hommes armés de la brigade d’Al-Farouk de l’ASL et durant lequel ils ont également dérobé des dizaines de cadavres déposés dans les réfrigérateurs pour les photographier pour la chaine de télévision qatarie Al-Jazzera.

Alors que le sort des trois femmes demeure encore inconnu, le site en ligne Al-Hakika (La vérité) affirme de son côté que ce sont des dizaines d’employés de cet hôpital qui ont été enlevés, lors de l’assaut, et ils auraient été choisis en fonction de leur confession.
Le site signale que dans la province d’Edleb, les autorités syriennes ont  libéré un nombre de soldats et de civils kidnappés par des hommes armés.
Quant à l’agence de presse syrienne Sana, elle a indiqué que les funérailles de 11 martyrs de l'armée et des forces du maintien de l'ordre, ont eu lieu, signalant qu’ils ont été abattus par « des groupes terroristes à Homs, à Alep, à Idleb, à Damas et dans sa banlieue ».
 

Version AFP : 21 tués ; version Al-Jazeera : plus de 50 tués
 

Dans la version des faits de l’AFP qui cite comme unique source l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) qui siège à Londres, au moins 21 personnes, en majorité des civils, ont été tuées jeudi dans des violences en Syrie. Alors que la télévision qatarie AlJazeera parle de plus de 50 tués.  
L’AFP a signalé que dans la province d'Alep, les forces gouvernementales bombardaient Anadane alors que de violents combats opposaient l'armée aux insurgés près de cette localité et de celle de Haritane où des appels étaient lancés via des haut-parleurs aux soldats pour faire défection, d'après l'OSDH. Selon la télévision AlAlam, l’armée syrienne est parvenue à maitriser la situation dans cette dernière.   
Selon cette ONG, trois soldats ont été tués dans une attaque contre leur véhicule dans le nord de la province d'Alep (nord) et deux autres ont péri dans une embuscade contre leur véhicule dans le village de Kafar Chamés dans la province de Deraa.

Infiltration d’hommes armés du Liban avortée

Pour sa part, l’agence Sana a révélé que les services spécialisés ont avorté dans la nuit de mercredi à jeudi une tentative d'infiltration « d'un groupe terroriste armé » des territoires libanais vers la Syrie dans le village de Halat près de Talkalakh dans la banlieue de Homs. Le correspondant de Sana a rapporté, citant une source informée qu'un des terroristes a été arrêté après l'avoir blessé alors que les autres ont pris la fuite vers les territoires libanais.
La source a ajouté que les services compétents ont avorté cinq tentatives d'infiltration des groupes terroristes ces dernières 72 heures.

 

 


La mission de l’ONU en Syrie

 


Par ailleurs, l’AFP a signalé que la mission de l'ONU envoyée par l'émissaire spécial des Nations unies et de la Ligue arabe, Kofi Annan, est arrivée jeudi à Damas.
   Selon Ahmad Fawzi, le porte-parole de M. Annan, l'équipe, dirigée par le général norvégien Robert Mood, un spécialiste du Moyen-Orient, doit rencontrer les autorités syriennes pour discuter "des modalités d'un éventuel déploiement de la mission de supervision de l'ONU".  
  

Annan dit avoir des engagements de « l’opposition »

 

Pour sa part, Annan venait de déclarer qu’il espère un cessez-le feu entre le gouvernement et les insurgés 48 heures après le 10 avril, délai fixé pour le retrait des troupes des villes.
  S’exprimant par vidéo conférence de Genève devant l’Assemblée générale des Nations Unies,  il a annoncé que Damas l'avait informé d'un "retrait partiel" de ses troupes de trois villes syriennes rebelles : Idleb (nors-ouest), Zabadani et Deraa (sud)  mais a précisé que ce retrait n'était pas confirmé.
Du côté de l'opposition, Annan a affirmé déceler une volonté de cesser les hostilités dès que les forces gouvernementales auront cessé leurs opérations. "Tous nos interlocuteurs ont promis d'appeler à la fin des violences une fois que le gouvernement syrien aura rempli de manière manifeste ses  engagements concernant les armes lourdes et les retraits de troupes", a-t-il souligné.
   Mais pour l'instant, a constaté M. Annan, "un nombre alarmant de victimes et d'abus continuent d'être signalés tous les jours et les opérations militaires contre la population civile n'ont pas cessé".
   "J'ai demandé d'urgence au gouvernement (syrien) de respecter complètement ses engagements", a-t-il dit. "Nous devons réduire au silence les tanks, les hélicoptères, les canons et faire cesser toutes formes de violence".

Source syrienne : le délai du 10 avril n’est pas correct

Interrogé sur ce délai par Arabs Press, une source syrienne haut-placée a signalé qu’il est incorrect de parler d’un accord sur le retrait total des unités de l’armée des régions chaudes, car il fut convenu entre les autorités syriennes et Annan qu’il fasse cesser les fournitures d’armes lourdes et autre aux insurgés surtout venant des pays qui déclarent le faire nuit et jour, et d’être garants que les hommes armés vont livrer toutes leurs armes et stopper leurs actions de violence.
Selon cette source, il y a un échange de correspondances continu entre le chef de la diplomatie syrien Walid Al-Mouallem et le médiateur onusien lequel s’est engagé à obtenir des engagements de la part des insurgés.

Les soldats se retirent, les insurgés ressurgissent

Or sur le terrain, les correspondants du site Arabs Press ont constaté que dès que les troupes de l’armée régulière se sont retirés de certains villages de la province de Damas (Rif de Damas) , des hommes armés ne tardèrent pas à y apparaitre, y perpétrant des tueries, ce qui a amené les forces de sécurité à les réinvestir.

Accord entre Damas et le CICR
 

Par ailleurs, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a déclaré être désormais en mesure de visiter des prisons en Syrie en vertu d'un accord conclu avec les autorités pour un accès plus large dans le pays.
 Des procédures ont été mises en place pour les visites dans les centres de détention et cet "accord sera mis en application avec une visite du CICR à des personnes détenues à la prison centrale d'Alep" (nord), a ajouté le président du CICR, Jakob Kellenberger, dans le communiqué, sans préciser de date.
"Cet accord est un signe de la confiance dans l'indépendance du CICR et dans son action humanitaire neutre", a-t-il fait valoir.