03-12-2016 11:49 PM Jerusalem Timing

L’opposant Mannaa : les combattants étrangers tuent la révolution syrienne

L’opposant Mannaa : les combattants étrangers tuent la révolution syrienne

Mannaa dénonce les révolutionnaires de la dernières minute, et le black-out imposé contre lui et ses compagnons dans les medias occidentaux.

Mannaa en EgypteL’opposant syrien vivant en France Haytham Mannaa a mis en garde contre les dangers qui menacent les réels objectifs de la révolution syrienne, et fustigé « les révolutionnaires de dernière minute » dans le Conseil national Syrien, unique instance de l’opposition syrienne, accréditée par les Occidentaux.

Dans un entretien accordé au quotidien allemand de gauche, Neues -Deutschland le 3 septembre dernier, Mannaa a assuré que les combattants étrangers qui affluent en Syrie sont en train de tuer la révolution syrienne, parce qu’ils bafouent les principes pour lesquels les contestations ont éclaté, en l’occurrence «  La liberté et la dignité ». «  Dès le début, des djihadistes et des extrémistes syriens ont voulu que le conflit revêt un caractère militaire, tout en sachant que nous (les laïcs), refusons la lutte armée », a-t-il expliqué.

Haytham MalehSelon ce porte-parole du Comité National de Coordination pour le Changement Démocratique en Syrie, (CNCD) et président de l’Organisation Arabe des Droits de l’Homme (OADO), certains dirigeants actuels de l’opposition syrienne sont les « révolutionnaires de la dernière minute ».

«  Ils n’ont jamais été actifs. Je peux vous en citer une dizaine au sein du CNS. Il y a trois ans, j’ai demandé à l’un d’entre eux sa signature dans le cadre d’une pétition, en vue d’obtenir la libération de Haytham al-Maleh, mais il a refusé de l’accorder, sous prétexte qu’il est un académicien objectif, et n’a rien à voir avec la politique », poursuit Mannaa.

Selon lui, ceux-là sont aujourd’hui conduits par les parties les plus fanatiques de l’opposition, celles qui réclament le pouvoir exclusivement aux Sunnites et veulent l’expulsion des Alaouites et des Chiites de Syrie. Et d’ajouter : «  ceux-là mêmes qui exigent une intervention étrangère, et qui ne parlent jamais des mercenaires takfiris qui combattent en Syrie, qui viennent d’Arabie saoudite, de la Libye, et de Tunisie ».

Membres du CNS avec Fabius«  Quant à nous, ils nous traitent de partenaires du régime parce que nous refusons de désespérer de la voie pacifique pour un changement démocratique, parce que nous en appelons à un règlement pacifique qui arrête la violence, à travers les négociations et à un plan élaboré par les Nations Unies et la Ligue arabe », poursuit-il.

En réponse à une question sur l’initiative française pour former un gouvernement transitoire, Mannaa répond : «  comment pourrions-nous nous attendre à ce que les Syriens nous respectent alors que Fabius (le chef de la diplomatie française) nous impose une nouvelle voie pour la Syrie. Et comment pourrions-nous nous respecter nous-mêmes ?

Mannaa a également dénoncé le black-out dont lui et ses compères font l’objet dans les medias occidentaux, qui ne s’intéressent qu’au CNS, en allusion entre autre à la proposition de cessez-le-feu faite à la mi-août. «  En revanche j’ai reçu plus de 200 coups de téléphone d’Alep seulement saluant la proposition et exigeant de stopper cette « sale guerre », comme les Syriens l’appellent » affirme-t-il.

Farouk ChareaAli HaydarEt de signaler que son initiative a eu toutefois des échos très positifs de la part du ministre des affaires étrangères russe et  du bureau de Koffi Annan, et que la Grèce, l’Italie et la Hongrie et plus de 10 états européens ont contacté pour savoir comment mettre en exécution cette suggestion, surtout depuis que Lakhdar Ibrahim a été chargé de sa mission.

«  Le vice-président syrien Farouk Charea et Ali Haydar (le ministre de la réconciliation nationale) ont soutenu la proposition. Une grande conférence pour l’opposition syrienne devrait se tenir à Damas, pour discuter des démarches d’exécution. Plus de 23 partis politiques syriens ont déclaré vouloir participer à la conférence. Nous espérons qu’Ibrahimi ou son représentant y participera » a conclu Mannaa.