05-12-2019 04:19 PM Jerusalem Timing

Le voyage de Benoit XVI au Liban, un franc succès

Le voyage de Benoit XVI au Liban, un franc succès

Un article de Médiarama

le pape Benoît et le président SleimaneLa visite historique du pape Benoît XVI au Liban était un succès à tous les égards, surtout qu’elle intervenait alors que le monde arabo-musulman est secoué par une vague de violence provoquée par le film américain islamophobe «Innocence des musulmans». Le Vatican a réussi à braquer les projecteurs sur une question qui est de moins en moins évoquée dans les médias occidentaux, à savoir la situation dramatique des chrétiens d’Orient. D’Irak, en Egypte, en passant par la Syrie et la Palestine, les chrétiens émigrent, fuient et craignent pour leur avenir.

Le patriarche maronite, Béchara Raï, a parfaitement exprimé ces craintes. «Nous ne vous cachons pas, Très Saint-Père, les sentiments de crainte et de peur pour l'avenir inconnu que nous éprouvons en tant que chrétiens», a-t-il souligné devant Benoît XVI. «Votre voyage historique est une soupape de sécurité en ces temps d'instabilité pour un peuple chrétien qui lutte pour confirmer son enracinement en sa terre», a ajouté le prélat.

Ces propos résument bien les objectifs de la visite du pape au Liban. L'exhortation apostolique qu’il a signée à l'intention des Eglises d'Orient insiste sur la présence ancestrale des chrétiens comme «partie intégrante» du Moyen-Orient, sur le refus de la violence et d'un «Moyen-Orient monochrome». Dans tous ces discours, le pape a développé chacune de ces idées, appelant les chrétiens à ne pas céder aux sirènes de l'émigration, qu’il a qualifiée de «miel amer»

Pendant tout son voyage, Benoît XVI a exhorté les peuples du Moyen-Orient à «dire non à la vengeance» et à bannir «la violence verbale et physique», les appelant à accepter «la société plurielle».
La violence et le déracinement, sont provoqués par le fondamentalisme, un mal que le souverain pontife n'a eu de cesse de dénoncer, tout au long de son voyage. «Le fondamentalisme est toujours une falsification de la religion. La tâche de l’Eglise et des religions est de se purifier», a-t-il dit.

 La lutte contre le fondamentalisme et la violence est une mission commune aux chrétiens et aux musulmans. C'est là une dimension essentielle du message que le pape a voulu délivrer. Il n'y a pas de salut dans l'isolement, le repli sur soi. «Au Liban, la chrétienté et l'islam habitent le même espace depuis des siècles. Il n'est pas rare de voir dans la même famille les deux religions. Si dans une même famille cela est possible, pourquoi cela ne le serait-il pas au niveau de l'ensemble de la société?», a-t-il demandé.
Après avoir invité les Libanais «à accueillir sans réserve l'autre, même s'il est d'appartenance culturelle, religieuse, nationale différente», le pape a salué les musulmans présents à la rencontre avec les jeunes, samedi.
Concernant la Syrie aussi, la priorité devrait être accordée au rejet de la violence, estime-t-il. Et pour cela, «  il faut que cesse l'importation des armes», recommande-t-il .

Avant son départ, Benoit XVI a rappelé, à l'aéroport international de Beyrouth, ses principales idées : «Le monde arabe et le monde entier auront vu, en ces périodes troubles, des chrétiens et des musulmans réunis pour célébrer la paix, a-t-il dit. Je souhaite au Liban de continuer à permettre la pluralité des traditions religieuses et à ne pas écouter la voix de ceux qui veulent l'en empêcher», a dit Benoit XVI.