26-09-2017 11:07 PM Jerusalem Timing

Le projet des Frères Musulmans en Syrie: Briser le croissant chiite

Le projet des Frères Musulmans en Syrie: Briser le croissant chiite

Et les renseignements occidentaux ne manquent de jeter de l’huile sur le feu: "des gardiens de la révolution alaouites"

Nous voulons renverser le régime syrien pour briser la colonne vertébrale du croissant chiite. C’est la cause principale présentée par le numéro un de la confrérie des Frères Musulmans (FM), Riad Al-Shakfa lors d’un entretien accordé au journal turc Joumhuriett, traduit par le site en ligne Syria Truth.

Pour le site syrien, ces aveux révèlent la véritable image du projet des Frères Musulmans en Syrie : «  un outil dans le projet confessionnel et sectaire régional géré par l’Arabie saoudite, et par derrière par les Etats-Unis et Israël », écrit-il.

«  Le régime a instauré une alliance avec le Hezbollah et l’Iran, il fait partie de l’alliance chiite qui est née en Irak après la chute de Saddam. Les trois forment la croissant chiite », a indiqué Al-Shakfa.
Interrogé sur la province d’Iskenderun occupée par la Turquie et disputée  par la Syrie depuis la fin de la première guerre mondiale, Al-Shakfa a nié catégoriquement son arabité, se ralliant a la position turque, et  accusant le régime syrien d’y semer les troubles entre ses habitants alaouites et sunnites via ses agents, dans le but de détourner l’attention de l’intérieur syrien ».

Le leader des Frères Musulmans s’est également prononcé sur la question kurde, affichant une position qui adhère à celle de la politique turque, refusant la création d’un Etat kurde en Syrie, avec pour motif que « les kurdes en Syrie constituent une toute petite minorité et la région où ils vivent est mixte, alors qu’ils ne représentent que 5% de la population ».

Après avoir remercié la Turquie qui «  nous a procuré la protection et la sécurité comme personne d’autre »,  al-Shafka a rendu hommage à l’exemple turc politique assurant que son parti compte en édifier un similaire en Syrie.

L’huile sur le feu des renseignements occidentaux

les services de renseignements occidentaux ne cessent de diffuser des informations qui attisent les divisions confessionnelles et sectaires en Syrie et ailleurs. Ainsi, un expert de l’Institut international des études stratégiques dont le siège se trouve à Londres a déclaré pour l’agence de presse Irar-Press que “ les services de renseignements occidentaux ont obtenu des informations faisant état de la création de brigades de sécurité armées exclusivement formées d’éléments alaouites, qui seront unies sous la bannière d’une seule légion qui ressemble aux gardiens de la révolution iranienne et dont le nombre s’élève a près de 60 milles ».  Selon cet expert qui semble avoir gardé l’anonymat, près de 2000 Iraniens se trouvent en Syrie. Alors que des analystes estiment selon Itar Press que cette légion aura pour mission de protéger les régions alaouites situées sur le littoral méditerranéen. 

 
Terrain

Un milicien pleure un milicien tuéSur le terrain à Alep, où les insurgés ont annoncé soudainement le lancement de la bataille décisive , qu’ils sortent victorieux ou vaincus.
Selon le site Shukumaku, l’armée régulière a détruit un convoi de véhicules équipés de mitrailleuses, tuant et blessant ceux qui sont à leur bord. Dans la nuit de jeudi à vendredi, 6 soldats ont été tués et 10 autres blessés dans des tirs d’obus dans les quartiers Sleymaniyé, et Sayed Ali.
 

Arabs-Press pour sa part a écrit que les forces gouvernementales ont tué 16 miliciens de la brigade d’Al-Qaida Jabhat-Nusrat dans le quartier Cheikh Maksoud lorsqu’une quarantaine d’entre eux ont tenté d’investir le quartier. Après le retrait des autres éléments, l’armée régulière a maitrisé le quartier. Dans l’après-midi de jeudi, les miliciens ont effectué une attaque q coups d’obus de mortiers contre le siège du département de sécurité politique et tué un officier et blessé trois autres. Dans l’attaque un vieil homme et son petit-fils ont été tués et deux autres membres de la famille ont été blessés durant l’attaque au mortier, qui a frappé la maison ou ils habitent à Maaré, proche du département. 

Le mufti de DeraaA Deraa, le mufti Rezk Abi Zeid a été enlevé et emmené de force vers la Jordanie. Par ailleurs, des sources médiatiques ont fait état de l’assassinat d’un lieutenant-colonel et du kidnapping d’un certain nombre de soldats. Jeudi, les comités de coordination ont révélé que 5 miliciens de l’ASL ont été tus, un hôpital de fortune a été perquisitionné et des armements ont été saisis dans la localité Dael, dans la province.   

 

Dans la ville de Homs, les miliciens ont incendié les maisons, les magazines et les bâtiments officiels et privées dans les quartiers qu’ils occupent, dont entre autre le marché Hamidiyyé, et Boustane Diwane (Arabs-Press).

Le vieux HomsDans les vieux quartiers de la ville, les forces gouvernementales ont trouvé un vieux tunnel de 800 mètres de longueur reliant le quartier Jouret-Chiah au quartier Ghoutta, à destination du fleuve Assi. Il était utilisé par les miliciens pour leurs déplacements et pour faire passer les armements et produits alimentaires et médicaux. Dans la localité de Kseir, un convoi de véhicules a été détruit.
Les sources de la rébellion ont rendu compte selon Syrian Documents de la mort de trois miliciens de l’ASL, ce vendredi, dans des accrochages avec l’armée régulière à Rasten. 
Le cousin de Zarkaoui

                                                              

A Damas, les sources de la rébellion ont fait état d’une opération sécuritaire de grande envergure menée depuis jeudi par l’armée régulière et qui se poursuit ce vendredi dans les quartiers de la banlieue nord de la capitale, occupés par les miliciens, surtout à Barzé, Jober et Qaboune. Plusieurs perquisitions de maisons et des arrestations ont eu lieu. Selon Syrian Documents, un dépôt d’armements a été trouvé à Barzé.

A Tartous, l’artillerie de l’armée syrienne a abattu une montgolfière d’espionnage qui survolait la région. 

A la frontière jordano-syrienne, le cousin de l’ex-dirigeant d’Al-Qaïda Abou Moussaab Zarkaoui a été arrêté alors qu’il tentait de rejoindre les miliciens en Syrie. Connu sous le pseudonyme Abou Açid, il était en compagnie de six autres hommes. Ils risquent d’écoper entre 5 et 15 années de prison.
  

 

 

Version AFP: Les rebelles progressent à Alep mais pas de percée significative (chefs insurgés)
   
   Les rebelles ont progressé sur plusieurs fronts à Alep, sans toutefois effectuer de percée significative après plusieurs heures de très violents combats, ont affirmé vendredi matin à l'AFP des commandants de brigades de la métropole du nord de la Syrie.
   "Sur le front de Salaheddine (sud-ouest), nous avons pris une des bases de l'armée régulière. Au moins 25 soldats ont péri dans cette attaque", a rapporté Abou Fourat, l'un des dirigeants de la brigade al-Tawhid, la plus importante d'Alep.
   "Nous entendions les soldats sur leur radio appeler leurs chefs pour demander des renforts, ils pleuraient et ils disaient +nous allons tous mourir+", a rapporté un de ses hommes, qui a participé jusqu'à minuit à la bataille présentée par la brigade al-Tawhid comme "décisive".
   Un autre combattant a fait état de 20 rebelles tués et d'une soixantaine de blessés dans les rangs insurgés.
   Plusieurs milliers de combattants rebelles avaient lancé jeudi après-midi une attaque coordonnée sur plusieurs fronts afin de repousser les forces régulières notamment des quartiers de Salaheddine, Seif al-Dawla (sud-ouest), Izaa (nord), al-Amiryia et As-Soukkari (est).
   Selon plusieurs commandants rebelles, ils ont avancé sur le front d'as-Soukkari et d'Izaa.
   A Salaheddine, les rebelles ont progressé avant de se replier, faute de munitions, selon Abou Fourat.
   "Pour mener une guérilla de rue, il faut des bombes et nous n'en avons pas", a-t-il déploré.
   Le nouvel objectif des rebelles est désormais la mosquée des Omeyyades d'Alep, sur la ligne de front au cœur de la vieille ville.
   Des combats se poursuivaient à la mi-journée aux abords de l'édifice religieux. Plusieurs explosions ont retenti dans ce quartier où les chars de l'armée lançaient régulièrement des roquettes, a constaté l'AFP.

 Reportage de l'AFP: A Alep, des rebelles syriens tentent le tout pour le tout 
    
   Sous le préau d'une école, des dizaines de rebelles syriens fourbissent leurs armes en scandant des slogans. Soudain, l'ordre tombe, le groupe traverse en courant la cour de l'école dans la mire des snipers de l'armée régulière et s'élance dans la "bataille décisive" lancée jeudi à Alep.
   Autour d'eux, les rafales de kalachnikovs résonnent sans discontinuer, comme un très long roulement de tonnerre. De temps à autre, une énorme déflagration retentit: ce sont des tirs de roquette des troupes du président Bachar al-Assad.
   A chaque nouvelle explosion, les slogans reprennent de plus belle: "Allah Akbar", lancent-ils tous à voix forte. "On crie pour effrayer les soldats et leur montrer à quel point on est nombreux", explique un rebelle.
   A ses côtés, un combattant adossé au mur -- paradoxalement, sur son Tshirt est inscrit "Stop Wars".
   Pour encourager les troupes, les chefs des différentes unités se veulent rassurants: "Nous avons attaqué l'armée et elle recule. Tout va bien", assurent-ils tous dans les talkies walkies qui leur servent à communiquer depuis les différents fronts.
   "La victoire est pour nous. Si Dieu le veut, aujourd'hui nous allons gagner", répètent-ils, tandis que de l'appareil sortent les mêmes slogans entrecoupés de grésillements.
   Armés de kalachnikovs et de lance-roquettes, les hommes montent au front coiffés de keffieh de toutes les couleurs, en treillis ou simplement vêtus de t-shirts colorés.
   Tapis à l'abri de sacs de sable, des tireurs embusqués visent les forces régulières à portée de balle, tandis que derrière un grand tissu tendu en travers d'une rue, trois rebelles s'activent autour d'un canon à mortier.
   Ils lancent trois obus, sans savoir vraiment où ils atterriront, tandis que les roquettes lancées par l'armée régulière soulèvent des nuages de poussière de leur côté.
   Dans le quartier d'Izaa, en ruines, les fils électriques pendent au-dessus des maisons encore debout où les rebelles ont installé des hôpitaux de fortune.
   Plusieurs infirmiers en blouse transportent les premiers blessés, ensuite transférés vers l'arrière à bord de pick-up siglés "Armée syrienne libre" ou portant le nom de leur brigade.
   C'est la brigade al-Tawhid, la plus importante de la métropole commerçante du nord, qui a lancé cette attaque.
   Dans une vidéo mise en ligne sur YouTube au nom de cette brigade, intitulée
"Annonce du début de la bataille décisive d'Alep", un homme en civil muni d'un talkie-walkie déclare: "Aujourd'hui, l'attaque contre l'armée d'Assad a commencé sur tous les fronts. (...) la bataille d'Alep sera décisive".
   "Ce soir, soit Alep sera à nous, soit nous serons défaits", a affirmé à l'AFP un des dirigeants d'al-Tawhid, l'officier déserteur Abou Fourat.
   Sur le terrain, la plupart des combattants sont issus des nombreuses brigades qui agissent sous les ordres d'al-Tawhid.
   Abou Fourat amène des renforts. "Dépêchez-vous, le régime est en train de tomber et vous êtes encore là!", hurle-t-il aux jeunes combattants encore au QG de leur brigade.
   Arrive un convoi de trois voitures et un camion, à bord desquels des dizaines d'insurgés sont entassés.
   Le prophète "Mahomet est notre chef pour l'éternité", lancent-ils. Leur slogan fait écho à celui des forces régulières qui ont, elles, inscrivent sur les murs des villes où elles sont passées: "Assad pour l'éternité".
   Entre l'école dévastée d'où partent les rebelles et le front, de longues traînées de sang jalonnent le parcours, qu'il faut faire en courant, tête baissée, de peur de recevoir une balle des snipers du régime.
   Le silence est tombé jeudi dans les autres quartiers d'Alep, survolés par les hélicoptères de l'armée de l'air qui contrôle seule les cieux, et les civils ne se montrent pas.
   Seuls des pick-up transportant des armes et des rebelles circulent, à tombeaux ouverts, tandis que résonnent des appels à la prière annonçant la bataille et soutenant les combattants.