18-02-2020 09:24 PM Jerusalem Timing

La chasse au niqab en France : le cas de Marie Louise-Jowayriyah

La chasse au niqab en France : le cas de Marie Louise-Jowayriyah

La répression des Musulmans en France ne date pas de sitôt. Avec les femmes au niqab, c’est comme s’il s’agit de les acculer pour les accuser. Un procédé qui rappelle les régimes les plus despotiques. .

Marie Louise SuisseJeudi dernier, marie-Louise Suisse qui préfère se faire appeler Jowayriyah, a écopé 6 mois de prison, dont deux fermes pour "violence en réunion sur personne dépositaire de l’autorité publique". 
«  Française de souche » de 18 ans convertie à l'Islam depuis bientôt 3 ans, elle est accusée par le tribunal correctionnel de Marseille «d’avoir mordu une policière lors d'un contrôle d'identité, à la fin du mois de juillet».

Les faits présentés par les médias français ont poussé la jeune femme à sortir de l'anonymat pour expliquer sa version des évènements. Nous sommes allés à sa rencontre afin d'en connaître un peu plus sur cette jeune convertie. Mère d'un garçon de 8 mois, sa vie sera bouleversée dans la nuit du 25 au 26 Juillet, au tout début du mois de Ramadan, lorsqu'à 00h15, au sortir d'une mosquée du centre-ville de la cité phocéenne, après la prière, deux policiers la somment dans des mots très crus de retirer son niqab.

Selon les propos de Marie-Louise,    ayant oublié son sac à l'intérieur de la mosquée fut dans l'impossibilité de présenter ses papiers d'identité. Les forces de l'ordre ne voulaient rien entendre... Pas question de retourner à l'intérieur du lieu de recueillement. Elle se doit de retirer son voile...

Avec un langage digne de chasseurs de gallinettes cendrées, tel que « "Allez attrapes la! Celle-là on ne va pas la laisser partir comme ça", Jowayiryah poursuit que rapidement des renforts sont venus épauler les policiers.
La situation s'envenime, et lorsqu'un ami décide de s'approcher et voir de plus près ce à quoi sa « sœur » fait face, les forces de l'ordre deviennent extrêmement violentes. « L'un d'eux m'a alors attrapée, poussée avant de me battre à coups de pieds » continue-t-elle.

Pour faire taire ses cris de douleurs et de panique, une femme-policier lui mit sa main sur la bouche. « Bloquée de toutes parts, alors que 3 policiers continuaient à me frapper, et l'oxygène venant à manquer, mon seul et unique moyen de défense fut de la mordre » précise celle qui désormais devra passer deux mois en prison..
A cet instant précis, son amie qui tenait dans les bras, le bébé de Marie-Louise, alors âgé de 6 mois, fut aspergé de gaz lacrymogène et malgré ses tentatives pour le protéger, le petit en inhalât une grande quantité.
Face à ce déchainement de violence, plusieurs personnes, près d'une centaine, ont tenté de s'interposer, s'en suivit une« bagarre générale et trois interpellations  ».

Pas de légitime défense pour les femmes en niqab


Très rapidement Jowahiriyah est amenée au poste avec trois autres frères. L'un d'eux sera frappé violemment au visage par un policier qui prétendra « qu'il s'est tapé la tête sur les murs ».
Il serait également utile de rappeler que 4 heures durant, ces 4 musulmans seront maltraités, insultés, les menottes lacérant leurs poignets.
Ce ne sera qu'à 5 heures du matin, qu'ils seront amenés aux interrogatoires. 45 minutes plus tard tous trois seront relâchés.
Dès le lendemain, elle se rend avec son fils à la médecine légale pour se faire examiner par des professionnels qui constateront de très nombreux hématomes.
Son fils, qui rappelons le, a inhalé une grande quantité de gaz lacrymogène eu des vomissements et des crises de toux cinq jours durant. Le centre anti poison de Marseille confirmera que ce sont les effets secondaires d'une inhalation trop importante de gaz.
Jowayiriyah et 2 des 3 autres hommes seront convoqués le 6 septembre au tribunal correctionnel de Marseille. Ils y passeront toute l'après-midi.
Le juge ne prendra « ni en compte leurs certificats médicales prouvant les maltraitances physiques subies » ni même le motif de l'interpellation, en l’occurrence le voile intégrale.
Jeudi dernier, soit près de deux semaines plus tard, elle sera condamnée à six mois de prison, dont deux ferme, par le tribunal correctionnel de Marseille pour "violence en réunion sur personne dépositaire de l’autorité publique".
 Elle devra en outre verser 1.000 euros de dommages et intérêts à la policière mordue.

Les deux hommes qui comparaissaient à ses côtés, pour les mêmes chefs d’accusation, ont été condamnés, l’un à deux mois de prison ferme, et l’autre à six mois de prison avec sursis. Mais malgré tout, Jouwayriyah semble sereine et assure que la «Patience en Dieu lui est d'une grande aide ».

A la question de savoir ce qu'elle pense de son avenir, elle ne sait pas... pour le moment, elle attend l'échéance; la convocation, espérant que ses deux mois fermes se fassent comme le juge lui a stipulé; c'est à dire avec possibilité d'aménagement de peine (comme les travaux forcés par exemple).

Mais lorsqu'elle évoque son fils, son jeune enfant de 8 mois, l'angoisse est là : « J'ai très peur qu'un jour, ils me séparent de lui », à tout moment les organismes de protection de l'enfance « peuvent venir retirer nos enfants pour pratique abusive de la religion »

Remerciant Dieu pour le soutien sans faille que lui apportent son mari et sa sœur, également convertie, elle avoue que la sentence du tribunal joue beaucoup sur son morale. Pour elle « toute épreuve a un bien caché »  auprès de Dieu le Tout Puissant.

Aujourd'hui, mais cette fois-ci au nord, plus précisément à Roubaix, une autre femme attend son jugement. Voilée d'un niqab, elle aurait elle aussi, selon la version officielle refusé de se soumettre à un contrôle d'identité. Elle comparaîtra le 30 octobre devant le tribunal correctionnel de Lille pour violences volontaires, outrages, rébellion et incitation à l'émeute.
Nous nous permettrons d'entendre sa version des faits....

Eline Briant