27-05-2018 03:06 PM Jerusalem Timing

la loi des Salafistes dans la plus grande prison au Liban

la loi des Salafistes dans la plus grande prison au Liban

Il y a deux mois, ont pris la fuite en catimini 6 prisonniers salafistes accusés dans les évènements de Fatah el-Islam au Nord Liban qui ont coûté la vie a plus de 160 soldats de l’armée libanaise.

La prison RoumiehLa prison centrale de Roumié s’est transformée en camp d’entrainement pour les prisonniers de Fatah el-Islam. Grâce à la couverture politique dont ils bénéficient, ils ont établi un émirat où ils imposent de force leurs lois. En prison, ils disposent de la force, des armes, et de la liberté d’émettre des fatwas (décrets religieux, ndlr) et d’entrer en contact avec les champs du Jihad. Derrière les barreaux, ils préparent l’après-sortie de prison.

A Roumié, la loi de Dieu est appliquée aux autres prisonniers. Mais cette loi est taillée sur mesure pour les membres de Fatah el-Islam: celui qui commet une erreur est réprimandé, le récidiviste est fouetté. Celui qui blasphème a le crâne rasé pour être humilié, après avoir été frappé. Les détenus chrétiens et chiites sont contraints de payer la jizia, pour s’acheter une protection et éviter d’être agressé. Il existe également des salles de torture et des lieux de détention, d’où n’échappent même pas les prisonniers sunnites qui ne partagent pas les mêmes opinions que les membres de Fatah el-Islam.

Vous n’êtes pas dans un émirat islamique, mais bien dans la plus grande prison du Liban, placé pour la forme sous l’autorité de l’Etat libanais et où les officiers, gardiens et des centaines de détenus répondent à l’autorité de 88 prisonniers islamistes de Fatah el-islam, une organisation responsable de la mort de 168 soldats et officiers de l’Armée libanaise.

Les détenus islamistes exercent leur hostilité et leur agressivité non seulement contre les détenus des autres communautés ou les sunnites non pratiquants, mais également contre certains islamistes. Ils ont ainsi essayé d’égorger une des plus éminentes figures islamistes de la prison, détenues depuis 15 ans, pour la simple raison qu’elle s’était opposée à leurs pratiques.

Le problème est apparu au troisième étage, le moins peuplé certes, mais où les détenus, des islamistes, sont les mieux bâtis physiquement et disposent de la meilleure logistique. L’atelier se trouve à leur étage, ce qui leur permet de fabriquer des couteaux, des poignards et des épées. Ils disposent aussi d’Iphone et d’autres matériels leur permettant de rester en contact avec le monde extérieur.

C’est de la prison de Roumié que serait partit la fawta autorisant l’exécution, de deux balles dans la tête, du détenu fugitif islamiste Walid Boustani. Selon des informations, il était en désaccord avec un cheikh islamiste détenu à Roumié, qui a ordonné, de l’intérieur de la prison, son exécution.

Source: As Safir

Traduit par Médiarama