21-10-2019 01:17 PM Jerusalem Timing

Y a-t-il eu réellement un massacre à Halfaya?

Y a-t-il eu réellement un massacre à Halfaya?

Trois vidéos ont été diffusées par les groupes de l’opposition armée sur le bombardement présumé de Halfaya.

Les images filmées dimanche dernier sur le bombardement présumé de Halfaya dans la province syrienne de Hama, laissent planer le doute autour de la version des faits présentée par l’opposition et les médias qui la soutiennent.
D’autant plus que l’annonce par la chaine de télévision qatarie alJazira de la mort de 300 civils dans un bombardement aérien d’une boulangerie à Halfaya est survenue juste après l’arrivée de l’émissaire de l’ONU Lakhdar Ibrahimi  à Damas dimanche dernier. Depuis le début de la crise syrienne, à chaque échéance internationale, une escalade militaire i  ntervient. Et le premier accusé est toujours le régime du président Bachar elAssad.

Seules les images permettent de dévoiler la réalité cachée, surtout qu’elles ont été prises par les opposants eux-mêmes. Donc, pas question d’accuser le régime de falsification.
Dans cette vidéo de près de quatre minutes, on voit des miliciens se précipiter vers le lieu de l’incident. Les hommes montrés sont pour la plupart bien armés, habillés en treillis militaire. Deux mitrailleuses antiaériennes sont déployées dans cette petite rue.
Premier constat : Il s’agit d’une zone de guerre, dominée par les miliciens de l’armée syrienne libre.

Alors que les médias arabes et occidentaux ont rapporté que des dizaines de femmes et des enfants ont trouvé la mort dans ce bombardement, les images ne montrent que deux femmes et une fille. or, elle sont saines et sauves. Le reste des victimes sont tous des hommes, dont les corps ne sont point déchiquetés comme est le cas normal dans tout bombardement aérien.
De plus, le bilan de 300 tués avancé par alJazira et autres est loin d’être réaliste. Ils ne sont pas visibles dans les images, où on dénombre entre 20 et 30 morts seulement.

S’agissant des informations faisant état d’un bombardement aérien, il convient de souligner que le plus petit missile ou obus lancé par un avion de type MEG comme le dit le commentateur au début de la vidéo, devrait peser au moins 250 kg. Celui-ci est capable de transformer tous les bâtiments avoisinants en ruines. Mais dans ce cas, même la cible de l’attaque, qui est la boulangerie de Halfaya, est restée intacte ! On ne voit ni éclats d’obus ni murs détruits ni fumée qui s’en dégage. Seuls quelques blocs de béton, tout blancs et non poussiéreux, sont placés à côté d’un petit cratère qui ressemble à celui des égouts.

Passons aux hommes armés censés transporter les cadavres des victimes. Dans plusieurs cas, on les voit se déplacer tout près des morts, avec un air plus au moins tranquille. Ils feignent s’incliner pour transporter les corps, mais ils se redressent aussitôt, les laissant par terre.
Et au moment où on entend dans le fond des images la sirène retentissante d’une ambulance, on ne voit aucun corps transporté sur une civière. Chose plus étrange encore, on ne voit à aucun moment cette ambulance présumée.

Regardons cet homme, la poitrine nue, en culotte. Comment peut-on croire qu’un homme puisse aller acheter du pain presque nu, en plein hiver, et dans une région conservatrice semblable aux villages de l’Arabie Saoudite ou de l ’Afghanistan ?!
 Dans les trois vidéos qui ont circulé sur internet, on entend un jeune répéter plusieurs fois que la date de cette attaque est samedi le 21 décembre. Mais une autre voix assure plus tard dans la même vidéo qu’on est le 23 décembre. 

Bref, le simple visionnage de ces vidéos permet aux téléspectateurs de constater que les corps ont été emmenés ailleurs, tout comme les ruines et les blocs de béton intacts.
Rappelons qu’un jour auparavant, les miliciens de l’ASL ont lancé une attaque contre le village chrétien avoisinant de Mahrada, dans laquelle dix civils et deux policiers ont trouvé la mort. Les soldats de l’armée régulière ont ensuite repoussé les assaillants, tuant plusieurs miliciens de l’ASL.
 Les corps filmés seraient-ils les leurs ? Une interrogation qui s’avère plausible, au moment où  les images diffusées sont loin d’être convaincantes sur l’implication du régime dans une scène montée de toutes pièces.