21-11-2018 01:32 PM Jerusalem Timing

Le front al-Nosrat contre le front islamique

Le front al-Nosrat contre le front islamique

le paysage politique se dessine en Syrie: des émirats islamiques

De plus en plus de mesures prises par la milice d’Al-Qaïda œuvrant en Syrie, le front al-Nosrat laissent deviner qu’elle compte y annoncer son émirat islamique. Et de plus en plus de milices ont décidé de la concurrencer, en s’unissant autour d’un front à l’appellation également islamique.

Al-Nosrat élimine des miliciens 

Selon des sources médiatiques concordantes,  le front al-Nosra a éliminé des dizaines de miliciens appartenant à d’autres groupuscules armés dans le gouvernorat d’Alep.

Selon des témoins oculaires, cités par le quotidien progouvernemental syrien Al-Watan (la Patrie), les quartiers aleppins al-Machad, Boustane al-Kasr et al-Ferdos ont été ces derniers jours le théâtre de campagnes d’enlèvements réalisées par les miliciens du front, à l’encontre de plusieurs dizaines d’hommes armés locaux qui disaient appartenir à l’armée syrienne libre (ASL).

«  Le quartier est presque vide des miliciens qui vivaient dans le quartier, et qui s’étaient enrôlés dans les rangs des milices armées, après avoir été emmenés par le front al-Nosrat vers une direction inconnue, pour les interroger sur des accusations de pillage de maisons et de magasins, sachant que la plupart d’entre eux ont une mauvaise réputation et font l’objet de plaintes de la part des habitants », signale un témoin oculaire sous le couvert de l’anonymat pour le journal.

Le témoin assure que ces mesures ont redoré l’image de la milice  d’Al-Qaïda auprès des gens. En contrepartie, ces derniers devraient changer leurs slogans durant les rassemblements qui se sont multipliés ces derniers temps, exigeant le départ des miliciens.

Au lieu de scander «  l’ASL les voleurs, nous voulons l’armée régulière » les habitants de ces quartiers ont été sommés de scander : «  l’ASL les voleurs, nous voulons l’armée islamique ».

Selon le journal syrien, ces mesures sont le prélude de l’annonce de l’émirat islamique dans cette région par le front al-Nosrat.

En effet, ce groupuscule djihadiste multiplie ses exactions qui font croire qu’il voudrait être le maitre des régions qu’il contrôle : Le vendredi 21 décembre dernier, il a ouvert le feu contre une manifestation effectuée à Boustane al-Kasr, lorsque les manifestants ont refusé de scander le slogan : «  le peuple veut un califat islamique ».

L’opposant Ghassane Yassine l’a d’ailleurs accusé d’avoir enlevé son frère parce qu’il a filmé les images des miliciens en train de passer à tabac les manifestants.

Une autre mesure prise par ce groupuscule a soulevé des doutes quant à ses réelles intentions : il a fondé une instance « pour ordonner le Bien et proscrire le mal » ce qui dénote une volonté d’islamiser la population aleppine.

Concurrence à base islamique

L'annonce du Front islamique syrienA noter que le front dont la côte de popularité est nettement la plus supérieure devra en découdre avec les autres milices syriennes qui ont décidé de s’unir autour d’un front uni, auquel elles ont aussi accordé une appellation islamique.

Le 22 décembre dernier, 11 groupuscules ont annoncé dans un communiqué, la naissance du Front islamique syrien (FIS), lequel devra représenter l’Islam en tant que religion, doctrine, méthode et comportement. Dans un communique filmé, ces groupuscules s’engagent à « renverser le régime d’el-Assad et d’instaurer une société islamique civilisée qui fait régir la loi de Dieu, et dans laquelle jouiront les Musulman que les non Musulmans de la justice de l’Islam ».

Les 11 groupuscules sont :
1-Bataillons des libres du Levant dans tous les gouvernorats (Kataeb ahrar esh-Sham)
2-la brigade du Vrai (liwa al-Haq) de Homs
3- le mouvement de l’Aube (Al-Fajr) a Alep et sa province
4- le groupe de l’avant-garde islamique dans la province d’idleb
5- les bataillons des partisans du Levant ( Ansar esh-Sham) à Lattaquié et ses environs
6- le bataillon Moussaab ibn Oumayr dans la province d’Alep
7- l’armée de l’Unicité (Tawhid) à Deir Ezzor
8- les brigades de la foi (kataeb al-Imane)
9- la brigade des aigles de l’islam (kataeb sokour al-Islam)
10- les unités des missions spéciales
11- le bataillon Hamza ben Abdel Mouttaleb à Damas et sa province.

Force est de constater que le front al-Nosrat ne fait pas partie de la liste.

20 Syriens tués      

Sur le terrain, les dernières informations rendent compte de la mort de 20 civils syriens, dont 8 enfants et 3 femmes dans un pilonnage de village dans le gouvernorat de Rakka, situé au nord de la Syrie. L’Observatoire syrien pour les droits de l’homme, instance de l’opposition armée qui diffuse des informations sur la crise syrienne depuis Londres a accusé les forces gouvernementales. Ses accusations ne peuvent être perçues comme impartiales, sachant qu’il s’emploie à accuser arbitrairement le régime de tous les massacres de civils commis.

4 miliciens turcs tués et 15 syriens enlevés libérés

Par ailleurs, selon le site libanais AlAhed, citant des sources syriennes, il est question de la mort de 4 miliciens turcs, aux côtés de leurs collègues syriens abattus par les militaires gouvernementaux dans la localité de Hayyane dans le gouvernorat d’Alep.
Toujours dans cette région, l’armée régulière a effectué une operation au cours de laquelle elle a libéré 15 syriens kidnappés et tué 3 kidnappeurs.

Et 100 miliciens tués

Sur le chemin reliant la ville d’Alep à Hama, 100 miliciens ont été abattus dans des accrochages avec les militaires gouvernementaux qui ont perquisitionné la localité Mork .

Alors qu’à Hama, les forces régulières ont abattu 17 miliciens dans leurs repaires situés dans la localité Kasr Wardane. Enfin et toujours selon al-Ahed, le repaire de la milice « Bataillon du nord » a été complètement détruit dans la région de Mourra, où 10 cadavres de miliciens ont été enterrés dans un charnier, dont celui du cameraman Abou Bachar, connu pour un certain nombre de chaines de télévisions soutenant l’insurrection en Syrie.

A noter que l’armée régulière a déclaré avoir effectué dans la province de Hama une campagne contre les milices qui ont attaqué et menacé les villages chrétiens et alaouites. Dans un communiqué signé par le commandement de l’armée, diffusé mardi, il est écrit : «  nos unités des forces courageuses affrontent les groupuscules pour les empêcher de réaliser leurs objectifs, leur infligeant de lourdes pertes ».
Le commandement général de l’armée y a rendu hommage à « la contribution des citoyens avec leur brave armée », estimant que les attaques des insurgés sont « une tentative désespérée de compenser les pertes  qu’ils ont subies ».   

Combats au camp Yarmouk

Dans le camp Yarmouk pour les réfugiés palestiniens, au sud de la capitale Damas, les accrochages ont repris dans la nuit de mardi à mercredi, entre des miliciens syriens et des Palestiniens des Comités populaires, chargés de défendre le camp.

Selon le journal al-Watan, le camp palestinien est victime de tirs sporadiques quotidiens, ce qui a poussé ses habitants à le quitter de nouveau. Plusieurs civils ont péri, indique le quotidien.
Les accrochages se poursuivent dans les quartiers al-Kadam, Ossali, et dans la localité de Darayya, où des miliciens ont été tués et leurs repaires détruits.

 

Abou Ojouwwa

 

Une milice décapitée

Lundi, les forces gouvernementales sont parvenues à décapiter le chef de la milice « Bataillon des lions de la Ghouta », Abou Bachir al-Ojouwwa , ainsi qu’un certain nombre de ses hommes, dans un assaut effectué contre leur repaire à Douma à l’est de Damas.    
Dans le gouvernorat de Homs, un enfant a été tué et un adulte blessé dans un obus lancé par les miliciens contre la localité Kfar Abad.

Un chef politicer écarté fait défection

Par ailleurs, dans une courte vidéo diffusée sur internet par des insurgés le chef de la police militaire syrienne le général Abdel Aziz Jassem al-Challal a annoncé sa défection et sa volonté de  rejoindre la révolution populaire", selon ses termes. 
   
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), le général Challal devait partir à la retraite en janvier. Il a déjà quitté la Syrie et a rejoint la Turquie.

"Cet homme avait été écarté depuis longtemps car il était soupçonné de collaborer avec les insurgés", affirme un militant sur internet.