18-02-2020 01:17 PM Jerusalem Timing

Mali : deuxième attentat suicide en deux jours à Gao, la ville en état de siège

Mali : deuxième attentat suicide en deux jours à Gao, la ville en état de siège

Samedi vers 23 heures locales, une forte détonation, sourde et lointaine, a retenti à Gao.


Un nouvel attentat suicide, le deuxième en deux jours, a visé dans la nuit de samedi à dimanche un poste de contrôle de militaires maliens à Gao, la plus grande ville du nord du Mali récemment reprise aux groupes islamistes armés, en dépit d'un renforcement des mesures de sécurité.

Le Mali n'avait encore jamais été frappé par des attentats suicides jusqu'à ces derniers jours. Mais les islamistes, chassés des villes du nord qu'ils contrôlaient depuis des mois par les frappes aériennes françaises et la progression de colonnes de militaires français et maliens, ont visiblement décidé de recourir à cette tactique, ainsi qu'à la pose de mines sur les routes.

Samedi vers 23 heures locales, une forte détonation, sourde et lointaine, a retenti à Gao. "C'est un kamikaze qui s'est fait exploser", a déclaré dimanche un soldat malien sur les lieux de l'attentat, à proximité d'un poste de contrôle à l'entrée nord de Gao, déjà visé par un attentat suicide vendredi.

La tête de l'auteur de l'attentat, un homme arabe ou touareg, gisait encore sur le sol dimanche matin, a constaté un journaliste de l'AFP.

Aucun militaire malien n'a été atteint dans l'explosion, selon les soldats sur place. Mais la route menant vers le nord et les villes de Bourem et Kidal a été fermée et aucun véhicule n'était autorisé à l'emprunter. Des témoins ont aussi fait état d'échanges de tirs entre les soldats maliens et des combattants islamistes après l'explosion.

SÉCURITÉ RENFORCÉE

La sécurité du poste de contrôle avait été fortement renforcée depuis qu'un homme s'était fait exploser vendredi à proximité, blessant légèrement un militaire malien. Les effectifs ont été doublés et le poste est désormais protégé par deux murs de sacs de sable séparés de 300 mètres. Les arbres alentours ont été rasés pour améliorer la visibilité et des mitrailleuses lourdes placées en batterie. Deux jeunes portant des ceintures bourrées d'explosifs ont par ailleurs été arrêtés samedi à l'entrée de la ville.

En ville, soldats maliens et nigériens patrouillent continuellement dans leurs pick-up camouflés, traduisant l'inquiétude des militaires, qui prennent très au sérieux les menaces de nouvelles attaques.

"Dès qu'on sort de plus de quelques kilomètres de Gao, c'est dangereux, on peut se faire tirer dessus", a confié à l'AFP un officier malien. Selon des sources militaires, française et maliennes, plusieurs des villages entourant Gao sont acquis à la cause des islamistes.

L'attentat de vendredi avait été revendiqué par le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), l'un des groupes armés qui occupait depuis des mois le nord du Mali, y multipliant les exactions. "Nous nous engageons à augmenter les attaques contre la France et ses alliés. Nous demandons à la population de se tenir loin des zones militaires pour éviter les explosions", a de nouveau mis en garde samedi le porte-parole du Mujao, Abou Walid Sahraoui.