29-06-2022 10:41 AM Jerusalem Timing

S. Nasrallah : Le Hezbollah ne sortira pas de la Syrie

S. Nasrallah : Le Hezbollah ne sortira pas de la Syrie

Il a assuré qu’il n’est pas question que le Hezbollah échange la cause palestinienne, et l’existence de la Syrie et du Liban contre des portefeuilles ministériels libanais minables

Pour la deuxième fois en l’espace de moins de 12 heures, le secrétaire général du Hezbollah a fait son apparition ce jeudi, au terme de la procession du dixième d’Achoura célébré dans la banlieue sud, pour commémorer le martyre du petit fils du prophète l’Imam Hussein (s).

S’exprimant devant une foule monstre toute vêtue de noire, le numéro un de la résistance a assuré qu’il n’est pas question que le Hezbollah  échange sa présence en Syrie, contre « quelques postes ministériels » au Liban et que les combattants de la résistance allaient poursuivre le combat en Syrie. Son éminence répondait aux conditions posées la veille par le chef du courant du Futur (parti libanais pro saoudien), Saad Hariri, qui a stipulé pour  sa participation au cabinet ministériel le retrait des combattants du Hezbollah de la Syrie.
«  Sachez que nous nous sommes rendus en Syrie pour défendre la cause palestinienne, pour sauver le Liban et pour défendre la Syrie qui est le berceau de la Résistance », a-t-il clamé dans une courte allocution en milieu de journée.  Avant d’ajouter : «  Nous ne négocierons jamais l’existence de la Syrie et celle du Liban contre quelques portefeuilles »

S’adressant tout autant aux forces du 14-Mars, il leur a signifié que le Hezbollah n’a pas besoin de leur couverture pour sa présence en Syrie.
«  Lorsque des dangers stratégiques menacent les peuples de la région, c’est quelque chose d’amplement plus important qu’un troc pour la formation d’un gouvernement au Liban ! »...

Le numéro un du Hezbollah a réaffirmé qu’il n’est pas question de désarmer la résistance, tant que l’ennemi israélien est toujours aussi fort et puissant et ne cesse de comploter et de nuire à la région.
«  D’aucuns se plaisent à nous parler de la résistance française comme quoi elle désarmé dès la fin de la libération. Mais sachez que cette résistance n’a désarmé qu’après avoir réduit l’ennemi nazi à néant ».
“ Tant que les causes de l’existence de la résistance persistent, celle-ci perdura », a-t-il affirmé. 

Son éminence a aussi mis l’accent sur la primordialité de la cause palestinienne « qu’aucun des peuples arabes et musulmans ne devrait abandonner, quelque soient les difficultés qu’il traverse ».

Il a aussi insisté sur le nécessité de lutter contre les groupuscules  extrémistes takfiris (qui apostasient tous ceux qui n’appartiennent pas à leur vision religieuse) , car selon lui « ces takfiris  constituent une menace pour tout le monde, pour tous les Musulmans (Chiites et sunnites) comme pour les Chrétiens aussi, et ce partout dans le monde ».

Avant de commencer son discours, sayed Nasrallah a surtout tenu à remercier le public qui a participé cette année en masse, (estimé à des centaines de milliers), à toutes les célébrations d'Achoura , et ce en dépit des menaces proférées par les groupuscules extrémistes takfiris d'y mener des attentats suicide et terroristes. Sachant que la banlieue-sud a été ces derniers mois victime de deux attentats terroristes, leu second,particulièrement meurtrier, s'étant soldé par la mort de 27 personnes.

Le discours de Sayed Nasrallah

Au nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux.
Prières et Salutations à note seigneur, le sceau des prophètes, Mohammad fils d'Abdullah, à sa sainte et pure famille , à ses fidèles compagnons et à tous les prophètes et messagers

Salutations à mon seigneur et mon maitre, Abou Abdullah, fils du messager de Dieu et à tous les esprits qui rôdent sur ton mausolée, mes salutations à vous tous à jamais, tant que je vivrai, et tant que la nuit et le jour se succèderont. 

Salutations à Hussein, à Ali fils de Hussein, à tous les enfants de Hussein, et aux compagnons de Hussein

Messieurs les Oulémas, mes frères et sœurs,
Que la paix de Dieu soit sur vous tous

Je voudrais au début, une nouvelle fois, tout comme je l’ai fait la nuit dernière, je voudrais vous adresser mes remerciement les plus humbles pour votre participation considérable et grandiose, qui est en parfaite harmonie avec votre amour, votre foi, votre fidélité et votre sincérité.

Mes frères et sœurs, je voudrais sincèrement vous dire ce qu’on dit dans la Ziarate ( Salutations ) des partisans du Hussein qui ont succombé avec lui :
Paix sur vous, partisans du messager de Dieu, le prophète Mohammad
Paix sur vous, partisans du prince des croyants l’Imam Ali
Paix sur vous, partisans de notre dame Fatima al-Zahra, la meilleure des femmes de tous les mondes
Paix sur vous, partisans de l’Imam Hassan fils de l’Imam Ali
Paix sur vous, partisans d’Abu Abdullah Hussein
(La foule a scandé : à tes ordres Nasrallah ; à tes ordres Hussein, à tes ordres Hussein)

Paix sur vous, gens de la patience, de la bravoure, du courage, de la fidélité et du sacrifice

Vous prouvez une nouvelle fois vous êtes les véritables partisans  de Zein el-Abidine ( l’Imam Ali fils de Hussein) qui face au tyran massacreur Oubaydoullah Ibn Ziad (qui a mis à exécution l’ordre du calife omeyyade Yazid fils de Mouawiya de tuer l’imam Hussein et sa sainte famille) et qui l’avait menacé, croyant que ceci allait l’effrayer, souvenez-vous il lui avait alors dit une parole qui jusqu’à présent demeure pour nous un slogan et une feuille de route : «  Tu me menaces par la mort,---, notre assassinat ne nous est que familier et notre dignité auprès de Dieu est le martyre ».

Aujourd’hui, nous nous réunissons de nouveau, comme nous le faisons chaque année, pour renouveler notre allégeance au seigneur des martyrs, le maitre de la dignité, celui qui refusa la soumission et l’humiliation, le maitres des moudjahidines, des révolutionnaires et des résistants et pour l’écouter avec nos oreilles, nos raisons et nos cœurs, lorsqu’il s’est dressé le dixième jour pour dire : «  cet adultérin fils  d’adultérin  a proposé de choisir entre la bataille et la soumission. (Sachez que) nous ne serons jamais humiliés »
(Et la foule de clamer : «  Jamais nous ne serons humiliés »)
 

Dieu nous récuse cette situation, de même que son messager et tous les croyants, ainsi que tous les esprits libres,..., que de privilégier la subordination aux méchants  au combat des braves.

Frères et sœurs, je ne voudrais pas prendre beaucoup de votre temps. Hier j’ai dit beaucoup de choses.
J’ai seulement quelques points à préciser brièvement.

La Résistance, tant que ses causes subsistent

Premièrement, je renouvelle en ce jour d’Achoura notre ferme attachement à la résistance, à sa mobilisation, son armement, et ses capacités, comme voie primordiale pour protéger notre pays, et notre peuple et sa dignité, ainsi que sa souveraineté de notre pays, ses ressources et se richesses.

D’aucun se plaisent au Liban à nous parler de la résistance française, comme quoi elle s’est désarmée après la libération, et ils oublient que la résistance française n’a mis un terme à ses activistes qu’après avoir reduit à néant l’ennemi, le projet nazi, l’Allemagne nazie, Hitler et les généraux, qui ont été tués, soit suicidés ou ont été faits prisonniers.
Comme la menace a été annihilée, le besoin à  la résistance s’est estompée.
 

Alors qu’ici au Liban, il est vrai que la résistance a libéré la terre en mai 2000, mais l’ennemi est toujours présent, toujours aussi fort, qui guette notre sol, nos ressources hydrauliques, et nos lieux saints ; il menace, met en garde, espionne, complote et se prépare les guerres

Face à cette réalité, et au décalage qui ressort de la comparaison (avec la France) faut-il laisser le champ libre à notre ennemi ?
En ce jour d’Achoura, nous disons en toute franchise, tant que les causes de la résistance subsistent, tant que les menaces de l’ennemi et ses convoitises persistent, la résistance de cheikh Ragheb Harb, de Sayed Abbas Moussaoui et de Haj Imad Moughniyé se poursuivra.

 

La cause palestinienne surtout

 

Deuxièmement : en ce jour de Achoura, nous devons rappeler à la nation islamique sa cause centrale, la cause palestinienne, le peuple palestinien, et les sacro-saints de la nation en Palestine, et qu’il n’est pas permis, quelque soient les conditions internes difficiles  que les pays traversent de renoncer à cette cause. Tous les musulmans devaient aider le peuple palestinien, dans ses sacrifices, ses souffrances  et lui prêtent main forte pour qu’il parvienne à libérer la terre et les sacro-saints avec le soutien de cette nation.

Troisièmement : Nous assurons notre rejet de tous les projets de division et de démembrement dans les pays arabes et musulmans, et sur la nécessité de s’attacher à l’unité de chaque Etat et pays et de chaque terre, et de recourir à résoudre via le dialogue et la sagesse et les solutions politique tous les désaccords internes, partout, en Syrie, au Bahreïn, en Irak, au Yémen, en Libye, en Tunisie, en Egypte et partout ailleurs dans les autres pays arabes et islamiques.

 

Aux 14-mars: Nous n'avons pas besoin de votre couverture 

Quatrièmement : Notre présence en Syrie, la présence  de nos combattants et moudjahidines sur le sol syrien, comme nous l’avons plusieurs fois signalé, s’inscrit dans le cadre de notre défense du Liban de la Palestine et la cause palestinienne et de la Syrie qui est le berceau de la résistance, et son soutien, pour faire face à toutes les menaces qui s’illustrent à travers cet assaut international, régional et takfiri contre ce pays et cette région.

Tant que les causes persistent, notre présence là-bas restera de vigueur.
Le problème au Liban réside toujours dans le fait qu’ils transforment les conséquences en causes, et ignorent les causes.

Celui qui parle du retrait du Hezbollah de la Syrie, comme condition de sa participation au gouvernement ne fait que poser des conditions obstructives et il sait très bien qu’il l’est. Il le sait. Et tout le monde devrait savoir que nous n’échangerons jamais l’existence de la Syrie et  du Liban, la cause palestinienne,  la résistance et son axe contre quelques portefeuilles ministériels dans un gouvernement libanais sans grande utilité. 

Tout le monde sait très bien que nous ne sommes pas en position de troc. Lorsque nous sommes face à des dangers stratégiques et existentiels qui menacent les peuples, et les gouvernements de la région, c’est une condition beaucoup trop importante pour être posé pour un partenariat dans un gouvernement de libanais.
J’en appelle l’autre partie à être plus réaliste. Ils ont toujours formulé des conditions obstructives. Dans le passé, ils nous ont dit qu’il fallait que l’on renonce à l’armement de la résistance pour que l’on soit ensemble au gouvernement. Après, ils ont exigé un engagement, une garantie au prette qu’ils ne participent pas dans un gouvernement qui accorde une couverture à l’armement.

D’ailleurs, nous ne vous demandons pas de nous accorder une couverture à l’armement de la résistance, ni à la résistance.
Nous ne l’avons jamais demandé dans le passé, ne le faisons pas actuellement et ne le ferons jamais dans l’avenir.
Aujourd’hui, ils nous disent nous ne participerons pas avec vous dans un gouvernement qui puisse couvrir votre présence en Syrie.
Et moi je leur dis : Nous n’avons pas besoin de votre couverture pour notre présence en Syrie. Ceci n’a jamais été le cas dans le passé, ne l’est pas actuellement et ne le sera pas dans l’avenir.

Qu’ils soient plus réalistes et qu’ils mettent de côté les conditions obstructives et qu’ils viennent pour que l’on voit comment faut-il régler nos problèmes au Liban.

 

Les takfiris: menace pour les Sunnites, les Chiites, et les Chrétiens

 

Cinquièmement, je voudrais en ce jour d’Achoura du martyre du petit-fils du prophète  pour défendre la religion de son grand-père Mohammad (s) et pour la nation de son grand-père, la nation des Musulmans, voudrions  assurer notre attachement à la fraternité entre Musulmans, quelque soient les différentes écoles religieuses auxquelles ils appartiennent, surtout entre Chiites et Sunnites et nous disons que le problème des Takfiris est avec tous les Musulmans. la preuve en est ce qui se passe dans les pays musulmans, et ce que les Sunnites aussi subissent, en Irak, au Pakistan, en Afghanistan, en Somalie, en Tunisie, et autre. Leur danger menace tout le monde. Musulmans et Chrétiens. Et avec la collaboration de tous, on peut lui faire face. et l’encercler et l’isoler pour l’eradiquer.

Sixièmement : nous assurons en ce jour de Achoura, ce jour de l’Humanité, le jour des messages célestes, notre attachement à notre unité nationale en tant que libanais, à notre coexistence et à notre destin unique. Nous en appelons à toutes les formes de rencontres et d’ouverture, malgré les divisions et les divergences, pour réaliser à notre peuple ce à quoi il aspire, comme existence décente et digne.

Mes frères et sœurs, en ce jour d’Achoura de l’Imam Hussein (paix sur lui), vos êtes venus ici pour répondre en toute sincérité à l’appel de votre seigneur, imam, et commandant. Nous voudrions, comme chaque année, répéter cet appel qui a retenti dans l’histoire et chaque fois que nous voulions défendre le Liban.

Nous voulons le répéter aujourd’hui, alors que nous défendons les peuples de la région, l’axe de la résistance.
Nos voix ne cesseront jamais de dire haut et fort,  et nos poings ne se fatigueront jamais de se lever, pour répondre à Hussein dans sa grandeur :

Labbayka ya Hussein !! A tes ordres Hussein
 
Je vous remercie de nouveau. Que dieu vous récompense
Je renouvelle mes remerciements à l’armée libanaise, à tous les frères et sœurs qui ont déployé des efforts considérables depuis hier, et aujourd’hui et tout au long des 10 nuits pour mener à bien ces cérémonies...

Mes  salutations à mon seigneur et mon maitre, Abou Abdullah, fils du messager de Dieu et à tous les esprits qui rodent sur ton mausolée, mes salutations à vous tous à jamais, tant que je serai vivant...tant que la nuit et le jour se succèderont. 

(Avec le public)
Nos salutations à Hussein, à Ali fils de Hussein, aux enfants de Hussein, et aux compagnons de Hussein

FIN