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Poutine à Bandar: Vous voulez des missiles à l’Egypte pour frapper l’Iran!

Poutine à Bandar: Vous voulez des missiles à l’Egypte pour frapper l’Iran!

Le chef des renseignements saoudiens avait informé le président russe que la priorité de son pays est d’équiper l’armée égyptienne qui fait face à de grandes échéances sécuritaires.

Russes et Saoudiens s’affrontent depuis des décennies sur plusieurs scènes régionales.  Mais la confrontation la plus violente a eu lieu en Afghanistan. Les Saoudiens ont financé la guerre d’Oussama ben Laden contre le régime communiste ... Jusqu'à ce qu'il s'est effondré. Ensuite, les opérations militaires de l’organisation d’al-Qaida se sont étendues vers d’autres pays, comme ce fut le cas dans les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
Non loin d’al-Qaida, financé par les Saoudiens et d’autres parties, des groupes similaires, opposés aux autorités officielles, ont vu le jour. Le modèle tchétchène est un exemple vivant. Selon les données de l’envoyé de l'ONU Lakhdar Brahimi, plus de 2000 groupes armés, principalement extrémistes, combattent en Syrie, dont plus de 10 groupes tchétchènes.

Réunion Bandar-Poutine : Protection contre les groupes tchétchènes

Lors de la réunion orageuse entre le président russe Vladimir Poutine et le chef des renseignements saoudiens le prince Bandar ben Sultan en Juillet 2013, ce dernier n'a pas hésité à parler de « intérêts » de son pays.

Il a essayé de convaincre les Russes de signer des contrats d’armement et d’investissement avec l’Egypte, et de conclure un partenariat stratégique  pétrolier ouvert, qui comprend le gaz, les raffineries et les industries pétrochimiques, mais à condition de parvenir à « des consensus politiques sur les dossiers iranien et syrien».

Bandar a commencé son discours en se disant prêt à donner des garanties sécuritaires pour protéger les Jeux d'hiver à Sotchi, qui commenceront le 7  Février prochain. Il a dit au président russe : «Ces groupes tchétchènes qui menacent la sécurité des Jeux, nous les contrôlons. Ceux-ci ne se sont pas mobilisés vers les territoires syriens qu’après avoir coordonné avec nous ».

Quelle était alors la réaction de Poutine ?

Il s’est contenté de tracer un sourire jaune, tout comme l’a fait dans la dernière rencontre en décembre dernier. Dans les premières minutes de cette réunion, le chef des renseignements saoudiens a répété les mêmes propos sur les groupes tchétchènes et l’engagement saoudien à protéger les jeux en Russie.

Le président Poutine a alors répliqué: « Il ne s’agit pas seulement de la protection des jeux. Certes, nous déployons des efforts sans égal pour cette fin mais il existe aussi d’autres questions sécuritaires telles que la protection de nos ambassades et de nos missions. Nous cherchons la plus grande coopération internationale face au terrorisme qui menace tout le monde sans exception. Près de 350 combattants tchétchènes opèrent en Syrie actuellement selon les estimations des renseignements militaires, et nous voulons garantir que ces combattants ne rentrent pas aux territoires de la Fédération russe ».

La priorité saoudienne est d’équiper l’armée égyptienne

Bandar secoua la tête, et dit : « Monsieur le Président, parlons des ventes d'armes ». Ensuite, il a présenté une explication détaillée sur l’accord conclu en juillet 2013. « La priorité saoudienne est d’équiper l’armée égyptienne qui fait face à de grandes échéances sécuritaires, à l’intérieur et à l’extérieur du pays... Je vous ai déjà informé que nous et les Émirats arabes unis sommes prêts à financer un contrat d'un montant de 4 milliards de dollars pour aider l'armée égyptienne, et lorsque votre ministre des Affaires étrangères, M. Sergueï Lavrov et le ministre de la Défense le général Sergueï Choïgou, se sont rendus au Caire au mois de novembre dernier, ils ont été reçus par le ministre de la Défense, le général Abdel Fattah al- Sissi. Il leur a exprimé son ouverture à toute coopération future, en réponse à la décision de Washington de réévaluer son aide militaire à l'Egypte après la destitution de Mohamed Morsi de pouvoir », a expliqué Bandar.

Poutine a interrompu son invité : « Le général Condrasco est présent à la réunion. Il avait visité le Caire en novembre dernier dans le cadre des préparatifs à la visite des deux ministres de la défense et de l’extérieur. Il s’est réuni avec le commandement égyptien et s’est informé sur les besoins nécessaires…

Et le président russe d’ajouter : « Les Egyptiens nous ont dit avoir dressé une liste de leurs achats russes. Ils ont demandé des missiles russes balistiques de moyenne portée qui peuvent atteindre l’Iran. Est-ce possible ? Pourquoi les Egyptiens veulent qu’on les équipe de missiles prohibés que nous nous sommes abstenus de vendre à plusieurs pays au Moyen-Orient et dans le monde ? Alors que nous nous sommes convenus avec les Etats-Unis de réduire la prolifération des armes balistiques ? ».

Le prince saoudien a bougé sa tête alors que le président russe lui a informé que le directeur des renseignements militaires le général Corasco allait poursuivre avec lui les discussions sur les transactions d’armes russes promises à l’Egypte.

A suivre

Traduit d'assafir