20-06-2021 08:57 PM Jerusalem Timing

Geneve2/Mouallem:ce qui se passe en Syrie est un terrorisme venant de l’étranger

Geneve2/Mouallem:ce qui se passe en Syrie est un terrorisme venant de l’étranger

"83 nationalités ont débarqué en Syrie.. il y a des Syriens ici présents qui ont trahi le peuple syrien.."

Le Ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem a déclaré dans son discours , à l'ouverture de la conférence de paix  pour la Syrie à Montreux en Suisse, que «  jamais il ne s’est retrouvé dans une situation aussi difficile".

"Je porte sur mes épaules une douleur de trois ans, la responsabilité de la délégation syrienne, et les espoirs du  peuple syrien », a-t-il dit ajoutant « le moment de vérité a sonné mais certains cherchent à la perdre ».

Et de poursuivre :  "je regrette et le peuple syrien regrette que les représentants de certains pays dont leurs mains sont souillées du sang des Syriens soient assis avec nous. Alors que leur masque est tombé après leur échec à détruire la Syrie".

Mouallem s’est demandé : «  Comment un terroriste tchétchène ou saoudien ou britannique ou colombien  puisse  réaliser les aspirations du peuple syrien ?»


Et de poursuivre:  "quatre-vingts trois nationalités de terroristes ont débarqué en Syrie .. Personne ne s'est plaint , personne n'a dénoncé, personne n'a  changé sa position .. tous ont poursuivi le même discours qualifiant ce qui se passe en Syrie.. de Révolution syrienne glorieuse .. et quand une poignée de résistants ont assisté l'armée syrienne dans certaines zones, le monde s'est retourné sens dessus dessous et ils ont qualifié cela d' ingérence extérieure ... et il ont exigé le départ de ce qu'ils ont appelé les forces étrangères ... "


Il a souligné que « ce qui se passe en Syrie est un terrorisme venant de l'étranger sous le nom de révolution », ajoutant que « la révolution syrienne a donné naissance à des bêtes sauvages qui ont  la forme d'êtres humains, ceux-là et sous le nom de la révolution syrienne  tuent des civils, font exploser des rues, brûlent des bibliothèques  des livres et profanent les tombes. Des étrangers se sont infiltrés en Syrie, ils ont commis des massacres, ils ont enlevé et ils ont violé, puis ils ont pointé du doigt l'armée syrienne et  l'Etat syrien. Et  quand leurs mensonges n’ont convaincu personne, ils ont cessé de mentir  ".

Mouallem  a expliqué que «le gouvernement turc dirigé par Recep Tayyip Erdogan a ouvert son territoire aux terroristes et aujourd'hui il boit la coupe de  l'amertume, celui qui ne retient pas les leçons  de l'histoire risque de perdre beaucoup. Malheureusement  certains de nos  voisins ont brûlé la Syrie."

S'adressant à la coalition syrienne, Mouallem n'a pas mâché ses mots : "Est-ce que  tout ce qui se passe en Syrie est commandité de l'extérieur  ... non messieurs .. Il y a des  Syriens ici dans cette salle qui ont contribué à tout ce que j'ai signalé précédemment. Ils exécutent, ils légifèrent , ils se disputent.. et tout cela au dépens du sang du peuple syrien dont ils prétendent représenter les aspirations .. ils ont vendu leur âme  à Israël .. ils étaient ses yeux qui surveillent et sa main  qui frappe et quand ils ont choué,  Israël lui-même est intervenu pour les sauver des  frappes de l'armée arabe syrienne .. ils ont permis à Israël de réaliser ce qu'il a durant  des décennies échoué de faire en  Syrie " .

Et d'ajouter:  "notre peuple a  été massacré alors qu'eux résidaient dans des  hôtels cinq étoiles .. ils se sont opposés de l'exterieur, ils se sont réunis  à l'étranger et ils ont  trahi la Syrie à l'étranger .. ils se sont vendus  à celui qui paye plus cher et ont parlé au nom du peuple syrien .. celui qui parle au nom du peuple syrien ne devrait pas être un traître au peuple et un agent pour ses ennemis .. celui qui  parle au nom du peuple qu'il vienne en Syrie et fasse ses adieux à  ses enfants tous les jours avant d'aller à l'école, car probablement ils ne retourneront pas à la maison à cause  d'un obus tiré par les exécutants de l'étranger .. qu'il vienne en Syrie pour  supporter le froid parce que nous avons été privés d'essence .. pour supporter de longues heures d'attente pour acheter du  pain  parce que les sanctions nous ont privés de l'importation de blé après que nous étions  ses exportateurs ... celui qui veut parler  au nom du peuple syrien qu'il endure  et résiste trois années de terrorisme tout en restant ferme " 

Et de conclure : «  la Syrie fera tout ce qui est nécessaire et définira le meilleur moyen approprié pour se défendre. Comme le peuple syrien a résisté, on lui a infligé des sanctions afin de l’affamer,  on brulé ses  laboratoires et ses cliniques, même les maisons de culte n'ont pas épargnées. L’ Afghanistan est le  parfait exemple pour ceux qui veulent retenir une leçon, or ils ont tous goûté à l'amertume du terrorisme, et donc si vous vous sentez concernés par la situation humanitaire en Syrie , laissez-nous en paix."


Le discours de Walid Mouallem a aussi été l'occasion d'une vive passe d'armes entre le secrétaire général de l'ONU et le ministre syrien des affaires étrangères.
  
Il a refusé disposer de 10 minutes seulement pour son intervention, à l'instar de tous les autres intervenants arabes et étrangers.

 "Vous vivez à New York et moi je vis en Syrie, j'ai le droit de donner la version syrienne ici devant ce forum", a lancé M. Mouallem au patron des Nations unies.
  
La remarque n'a pas plu au secrétaire général de l'ONU qui rappellera à M. Mouallem, enfin silencieux après 35 minutes de discours, que son intervention était contraire à "l'atmosphère constructive" qu'il avait appelée de ses voeux à l'ouverture de la conférence.

 


Lavrov: les extrémistes venus du monde entier sèment le chaos en Syrie..

Auparavant, un des premiers responsables diplomatiques à s'exprimer à la conférence  de Genève II, où des délégations syriennes se font face pour la première fois, est le  chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, qui a dénoncé les "extrémistes venus du monde entier, et qui sèment le chaos en Syrie, et mettent à néant les fondations culturelles et démocratiques du pays, formées durant des centaines d'années".

Il a estimé que les négociations entre le régime syrien et l'opposition en exil ne seront "ni simples ni rapides", mais qu'une
"responsabilité historique" reposait sur leurs épaules.
  
"Notre objectif commun est de réussir à mettre fin au conflit tragique en Syrie", a également déclaré Lavrov,"la conférence nous donne une véritable chance, même si elle n'est pas à 100% de conclure la paix", a-t-il encore indiqué.

 

Arabie-saoudite: gouvernement transitoire sans la présence de Bachar alAssad

Du côté des participants arabes, le chef de la diplomatie saoudienne le prince Saoud al-Fayçal, a durci le ton en réiterant la formation d'un gouvernement  transitoire sans la présence du président syrien Bachar alAssad, exhortant "la sortie des forces étrangères de la Syrie, en particulier la Garde révolutionnaire iranienne et la milice du Hezbollah"..

Le ministre des Affaires étrangères le prince Saoud al-Fayçal, a indiqué que  le "roi de l'Arabie saoudite a contacté à deux reprises directement le régime syrien pour le dissuader de recourir à la violence contre son propre peuple  au début des événements mais que  souligné que toutes les tentatives se sont écrasées devant la détermination du régime à mettre fin à la crise militairement."

Le ministre saoudien a appelé à  "la formation d'un gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs, sans la présence du président syrien Bachar al-Assad ou toute autre personne dont les  mains sont polluées par le sang "," exhortant "la sortie des forces étrangères de la Syrie, en particulier la Garde révolutionnaire iranienne et la milice du Hezbollah, aussi la  libération des villes de leur siège, la libération des détenus du régime syrien, la création de couloirs humanitaires pour apporter une aide sous la supervision internationale, et de permettre le peuple syrien de décider de son sort sans  ingérence étrangère".

Fayçal  a ajouté qu'il "faut s'en tenir aux  termes de Genève 1  et se concentrer sur les propos du président de la Coalition nationale syrienne Ahmed  Jarbe ".

Il a cloturé son discours en mettant en garde de " ne pas   détourner la conférence de ses objectifs en présentant le régime syrien comme combattant le terrorisme, alors que c'est lui qui a tué 130 000 personnes, est-ce que toutes sont des terroristes?", soulignant que "la Coalition nationale est le représentant légitime du peuple syrien."


Les puissances occidentales insistent sur une Syrie sans Assad


Les Etats-Unis ont critiqué  la "rhétorique incendiaire" du régime syrien à Montreux, en référence au discours prononcé par le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem.
  
"Au lieu de présenter une vision positive pour l'avenir d'une Syrie diverse et respectueuse des droits de tous, le régime a choisi une rhétorique incendiaire", assure un communiqué de la porte-parole du Département d'Etat Jen Psaki. M. Mouallem avait qualifié les opposants de "traîtres" et d'"agents" de l'étranger.

Se joignant à l'appel de John Kerry, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a martelé que la conférence n'avait pas pour but de parler de "terrorisme", comme le souhaite Damas, mais d'un "gouvernement de transition".
  
"Il s'agit (...) non pas de lancer des invectives ou des slogans de propagande, non pas de gagner du temps non pas de prononcer des discours en répétant le mot terrorisme", a déclaré M. Fabius. "Il s'agit de rechercher un accord politique pour la Syrie concernant cette autorité de transition dotée des pleins pouvoirs exécutifs", a-t-il ajouté.

 

Ouverture de  la conférence de paix sur la Syrie à Montreux


Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a ouvert mercredi matin la conférence de paix sur la Syrie à Montreux, en Suisse, où des représentants du régime syrien et de l'opposition en exil sont réunis pour la première fois.
  
La délégation de l'opposition syrienne, arrivée en retard, n'était pas présente quand Ban Ki-moon a ouvert la séance.
  
"Lavrov et Kerry ont travaillé dur avec moi, ainsi que plusieurs autres partenaires pour nous amener à ce jour", a déclaré M. Ban, ouvrant la séance devant une quarantaine de pays et organisations.
  
Le secrétaire général des Nations unies a rappelé "le chemin extrêmement difficile pour arriver" à cette rencontre.
  
"Vous les délégués du gouvernement syrien et de l'opposition voici une occasion énorme", a dit M. Ban à l'attention des représentants syriens.    
  
 
Le boycott de Oman

En qualifiant de "protocolaire" et de "stérile" la conférence de Genève II qui se déroule en ce moment à Montreux , Oman a fait part de son refus d'y participer.

Le ministre omanais des affaires étrangères Youssef al-Alaoui  ne participera pas à la conférence Genève II sur la Syrie,  a rapporté Farsnews.

Et ce alors que ce pays a été invité officiellement par le secrétaire général des Nations Unis, ban Ki Moon.

"Cette conférence ne relève que de simple protocole,  et on ne s'attend à aucun résultat concret", a déclaré une source digne de foi avant d'ajouter : c'est pourquoi le sultanat d'Oman préfèrent ne pas y participer et ne pas gaspiller son temps ni son énergie".