27-06-2022 09:06 AM Jerusalem Timing

Crise CCG: Qatar derrière l’attentat à Bahreïn, et Ryad derrière celui de Doha !

Crise CCG: Qatar derrière l’attentat à Bahreïn, et Ryad derrière celui de Doha !

Les renseignements qataris dévoilent des informations dangereuses sur l’attentat ayant frappé Doha le 27 février dernier.

Une crise sans précédent a éclaté au sein du club du Conseil de coopération du Golfe (CCG), dont trois des six membres de ce rassemblement, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont décidé mercredi de rappeler leurs ambassadeurs au Qatar, reprochant à Doha son ingérence dans les affaires de ses voisins.

La décision de rappeler les ambassadeurs a été prise dans le sillage d’une violente altercation sur fond d’accusations mutuelles entre les membres de cette organisation liés aux derniers attentats ayant frappé le Qatar et le Bahreïn.

Le professeur de science politique à l’université de Qatar, Dr. Mohammad Mesfer, a dévoilé les dessous de la réunion "houleuse" qui a abouti au rappel des ambassadeurs du Qatar. 

La délégation qatarie a manifesté son embarras de l’attentat ayant frappé Doha le 27 février dernier.  Elle a fait part des derniers éléments de l’enquête révélés par les renseignements qataris, selon lesquels l’attentat qui a couté la vie à 47 personnes n’était pas dû à une bonbonne de gaz, mais à un attentat terroriste perpétré par des groupes salafistes liés au régime saoudien et en complicité avec le régime bahreïni.   

Ces informations ont suscité la rage de certains participants à cette réunion, dont le ministre bahreïni des Affaires Etrangères qui claqué la porte de la salle.

Ce dernier a accusé en criant les renseignements qataris d’être derrière l’attentat à la bombe (3 Mars) dans un village à Bahreïn (Diyah) qui a fait 3 morts dans les rangs des policiers, dont un émirati.

 C'est la première fois qu'un membre des forces de sécurité d'un autre pays du Golfe est tué à Bahreïn, où des militaires des Etats voisins se sont déployés il y a trois ans pour réprimer les protestations populaires réclamant des réformes politiques.

La presse du Qatar répond sur un ton de défi

Entre-temps, la presse du Qatar, reflétant les vues officielles, a répondu jeudi sur un ton de défi à la décision de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et de Bahreïn de retirer leurs ambassadeurs de Doha.

"Messieurs, le Qatar est un Etat souverain", titre le quotidien Al-Watan qui revient longuement sur la décision des trois pays en tentant de réfuter leurs arguments concernant un soutien de Doha à la mouvance islamiste et ses ingérences dans les affaires de ses voisins.

"Il ne s'agit que de divergences de points de vue" sur le soutien aux Frères musulmans en Egypte, souligne le quotidien sous la plume de son directeur de la rédaction, Mohammed al-Merri, selon lequel ces divergences ne peuvent en aucun cas justifier la décision des trois voisins du Qatar.

"Le Qatar n'est le vassal de personne", a répliqué le quotidien Al-Raya, en soulignant le droit de ce pays d'"avoir son mot à dire" sur les affaires du monde et d'"être un Etat influent dont la voix porte loin".

"Certains de nos frères du Golfe n'ont pas à renoncé à donner des ordres (...) en oubliant que le Qatar est un Etat indépendant qui refuse d'être soumis à quiconque", renchérit le quotidien Al-Arab.

AlManar + Agences