01-02-2023 06:55 PM Jerusalem Timing

Les pro-russes contrôlent Slaviansk

Les pro-russes contrôlent Slaviansk

La Constitution de la Crimée, selon laquelle la péninsule constitue désormais une partie intégrante de la Russie, est entrée en vigueur.

 

Tôt samedi, des hommes armés et casqués se sont emparés du commissariat de district de Slaviansk, localité d'une centaine de milliers d'habitants située à une soixantaine de km de Donetsk, la capitale régionale.

Dans l'après-midi, ils ont pris le contrôle du bâtiment des services de sécurité (SBU) dans la même ville, selon la police.

Les pro-russes ont reçu le soutien d'une bonne partie de la population, qui s'est massée devant les bâtiments, scandant "Russie! Russie!".

Aucune présence policière n'était visible, alors que le ministre de l'Intérieur Arsen Avakov avait annoncé dans la matinée sur sa page Facebook l'envoi sur place de "forces spéciales" chargés de donner une "réponse ferme aux terroristes".

Selon la police et la maire de Slaviansk, Nelly Chtepa, les pro-russes sont venus de Donetsk, où les séparatistes tiennent depuis près d'une semaine le siège de l'administration régionale.

- 'Tous d'accord'

Les pro-russes, qui tiennent aussi depuis six jours le siège du SBU dans une troisième ville de l'est, Lougansk, réclament le rattachement à la Russie, ou au minimum un référendum sur plus d'autonomie régionale.

"Nous sommes tous d'accord", a ajouté la maire de Slaviansk, mettant en garde contre toute tentative d'intervention par la force. "Toute la ville fera bouclier pour défendre les gars qui ont pris le bâtiment".

Selon le ministère de l'intérieur, les assaillants se sont emparés de "20 fusils automatiques et plus de 400 pistolets Makarov" qu'ils ont entrepris de distribuer à leurs partisans.

Sur la route entre Slaviansk et Donetsk, des journalistes de l'AFP ont vu des manifestants rassemblés devant des bâtiments publics dans au moins une ville.

A Donetsk même, quelque 200 manifestants pro-russes ont envahi le siège de la police dans l'après-midi, a constaté une journaliste de l'AFP. Ils n'ont rencontré aucune résistance et des membres des forces anti-émeutes sur place ont apparemment changé de camp, arborant les rubans orange et noir des partisans de la Russie.

Suite à ces débordements, le gouvernement provisoire a annoncé le limogeage du chef des services de sécurité régionaux.

Ces nouveaux assauts interviennent au lendemain d'un déplacement dans l'est du Premier ministre Arseni Iatseniouk, qui s'est rendu à Donetsk pour essayer de trouver une issue au conflit.

Il n'a pas eu de contacts directs avec les insurgés mais avec les principaux responsables administratifs et du monde des affaires locaux, dont Rinat Akhmetov, oligarque très influent et homme le plus riche du pays. Iatseniouk et ses interlocuteurs avaient publiquement convenu que la crise devait être réglée par des moyens pacifiques.

Les sanctions US absurdes

Le vice-premier ministre de la Crimée, Roustam Temirgaliev, qualifie d'absurde le nouveau train de sanctions lancées par Washington contre des responsables de la péninsule et estime qu'il s'agit d'une simple pression psychologique.

 Le département américain du Trésor a décrété vendredi des sanctions contre un groupe de hauts fonctionnaires criméens et la société Chernomorneftegaz basée sur la péninsule.

Les autorités américaines ont gelé toutes les opérations financières de l'entreprise et des personnes visées par les sanctions et ont interdit aux citoyens américains de traiter des affaires avec les intéressés.

"Les sanctions me laissent indifférent. Je ne possède ni d'avoirs ni de biens à l'étranger. Voici pourquoi cette mesure répressive ne me pose pas de problème", a déclaré samedi Temirgaliev à RIA Novosti.

 "Il s'agit visiblement d'une tentative de pression psychologique, mais cette pression n'a aucun effet sur moi. Ces sanctions sont absurdes", a ajouté le vice-premier ministre de la Crimée.

 Selon lui, les Etats-Unis, qui cherchent à intimider tout le monde par leurs "sanctions", font preuve d'arbitraire, car personne n'a le droit de punir les gens pour leurs idées et convictions politiques. 

La Crimée, dont la population est en majorité russophone, s'est rattachée à la Russie suite à un référendum tenu le 16 mars. Plus de 96% des participants au scrutin ont voté pour l'entrée de la péninsule dans la Fédération de Russie. Les autorités de Kiev soutenues par les Etats-Unis et l'Union européenne ont qualifié ce résultat d'"annexion".

La Constitution de la Crimée entre en vigueur

La Constitution de la Crimée, selon laquelle la péninsule constitue désormais une partie intégrante de la Russie, est entrée en vigueur.

Le texte du document a été publié samedi dans Krymskie Izvestia, organe officiel du parlement de Crimée.

"Ainsi, on peut considérer le 12 avril comme la date d'entrée en vigueur de la Constitution de la République de Crimée", a annoncé à RIA Novosti Grigori Ioffe, premier vice-président du Conseil d'Etat (parlement) de la péninsule.

Vendredi dernier, le Conseil d'Etat a adopté à l'unanimité la nouvelle Constitution de la république. Aux termes de ce document, la Crimée est un "Etat démocratique de droit au sein de la Fédération de Russie". La Constitution souligne que le territoire de la péninsule est unique et indivisible et qu'il fait partie intégrante du territoire de la Fédération de Russie. Trois langues ont reçu en Crimée le statut de langues officielles: le russe, l'ukrainien et le tataro-criméen.

Selon Ioffe, le texte de la Constitution est susceptible d'être amendé à l'avenir.

"Nous sommes les artisans de notre Constitution. En cas de nécessité, nous réunirons le Conseil d'Etat et adopterons à la majorité constitutionnelle un amendement de telle ou telle disposition", a conclu le vice-président du parlement criméen.

Peuplée en majorité de russophones, la Crimée a refusé de reconnaître les nouvelles autorités de Kiev et s'est rattachée à la Russie au terme d'un référendum du 16 mars. Plus de 96% des participants au scrutin ont voté pour l'entrée de la péninsule dans la Fédération de Russie.

 

source: rianovosti